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mercredi 16 novembre 2011

Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald.

Rosemary est une jeune actrice qui vient de connaître un joli succès, et se repose sur la riviera. Elle fait la connaissance des Diver, Dick et Nicole, sur la plage, et dès lors, tombe amoureuse de Dick, et du couple. C'est à travers le prisme de son regard que nous découvrons l'entité au centre de ce livre, ce couple si fascinant et en apparence si uni. On a au départ l'impression de tomber sur la description de vacances pour jeunes riches, un peu excentriques, porteurs de tendances, parfaits et énervants. Mais sous l'aspect policé, se cache toujours des failles. Et ça là que commence alors réellement le récit.

L'auteur et moi étions un peu fâchés. A cause de Gatsby. Parce que comme beaucoup de livres que j'ai du lire durant mes études, je l'ai pris en grippe.
Mais voilà, dans la vague "reconquête des auteurs détestés", et parce qu'à force de lire du bien de l'auteur, (surtout chez Asphodèle) j'en suis venue à me dire que c'était dommage de m'entêter, j'ai emprunté ce livre à la médiathèque.
Dès le début j'ai été séduite. Par le personnage de Rosemary. Son insouciance, sa naïveté encore toute enfantine. La beauté de sa découverte du monde. Puis est venue la seconde partie du roman. La rencontre entre Dick, jeune médecin, et Nicole. La naissance de leur amour que l'on sent, que l'on sait voué à l'échec. Comment ne pourrait-il pas l'être? Nicole peut-elle être heureuse avec un homme qui fascine tant les autres femmes? Et lui? Saura t-il être à la fois médecin et amant?
Outre nous offrir un panel de personnages savamment ciselés, profonds et humains, l'auteur a une plume qui vous emporte. Certaines de ses phrases entrent dans votre coeur et y font écho. Vous bouleversent par leur beauté. Vous transcendent.
Une jolie échappée donc, avec cette lecture, bien plus que je ne l'aurais cru.

mardi 12 juillet 2011

Venge moi de Patrick Cauvin.

Beaucoup d'entre vous connaissent sans doute feu Patrick Cauvin, l'auteur de E=MC² mon amour, ou encore de Pythagore je t'adore.
Je l'ai pour ma part découvert il y a des années de cela, avec un roman qui si je n'en garde qu'un souvenir confus quant à la trame scénaristique, m'avait passionné à l'époque : Haute-Pierre.

Mais parlons quand même, du livre que je viens d'achever à l'heure où je tape cet article : Venge-moi ! Avec un titre pareil, vous vous doutez bien que je ne vais pas vous parler d'une histoire toute rose !
Le narrateur est un homme que l'on imagine à la fin de sa vie, qui avant de quitter un appartement qu'il a vendu, tient à coucher son histoire sur le papier. L'histoire de sa mère surtout.
Enfant pendant la seconde guerre mondiale, il avait été envoyé à la campagne chez sa grand mère. A son retour, il ne retrouve que sa mère, changée, marquée à jamais par sa déportation, et par la disparition de son mari. Ses parents, juifs, ont été déportés. Il grandit alors dans un musée sinistre, rappel constant des camps, des déportés et de l'horreur de la guerre. Devenu un adulte renfermé, incapable d'éprouver un quelconque sentiment, il promet à sa mère mourante de la venger. Une voisine les aurait dénoncé, son mari et elle, à l'époque...

Commence alors une quête de justice, de recherche de la vérité, qui nous emmène dans des sentiers bien sombres.

Ce roman est prenant, dérangeant, vous tient en haleine jusqu'à la fin, surtout parce qu'il est écrit de manière fluide, et se lit très vite. On croit savoir, on fait des suppositions, on se trompe, on est dupés de bout en bout. Et avec le narrateur, l'horreur de la vérité nous percute. La fin est tragiquement ironique et triste à la fois. On a du mal à s'attacher au héros de l'histoire, tant il semble étrangement peu humain. Mais pourtant, tout marche très bien, et si ce n'est pas une histoire inoubliable, c'est une lecture distrayante.

jeudi 24 février 2011

Un amour vintage d'Isabel Wolff et réflexions sur la chick litt'






J'ai à une période de ma vie pas si éloignée, lu beaucoup de ce qu'on appelle de manière assez vilaine je trouve, la "chick litt' ". Outre le fait que ça participe à ce truc de vouloir classer à tout prix dans des cases étroites et étriquées tout et n'importe quoi, des livres aux mangas en passant par les bandes dessinées, je trouve le terme assez vilain.
Parce que dans la chick litt', il y a comme dans tout autre genre, des choses à prendre et à jeter. Isabel Wolff par exemple, a beau écrire des histoires avec des intrigues généralement assez convenues (attention ce livre est une exception, je l'expliquerais après), elle n'en reste pas néanmoins un auteur assez agréable à suivre. Ses livres sont souvent drôles, tendres, et bien ficelés. Tout comme j'ai aimé Le journal de Bridget Jones et l'âge de raison, il y a certains livres de "chick litt " qui méritent qu'on s'y attarde. Et je trouve dommage qu'à cause d'une étiquette qui fait penser à certaines personnes que cette littérature est un condensé de cliché allant d'une héroïne savourant un cosmopolitain avec ses copines en parlant chiffons, à la recherche de l'homme idéal/riche/beau/intelligent/qui prête sa carte bleue en passant par séances de shopping à tire l'arigot... Alors oui, il y a des livres comme ça. (que je ne critique pas, j'en ai lu) Mais il y a aussi d'autres livres avec un peu plus.
Et c'est ceux que j'aime et que je continue à lire. Quand l'histoire est plus fouillée, qu'il y a un je ne sais quoi qui va chercher plus loin que l'histoire d'amour, (même si j'aime les histoire d'amouuuur), qu'il y a une réflexion et non pas une envie de surfer sur la vague du succès de ce genre d'opus.

Bref, après ce pavé introductif, voici mon avis sur Un amour vintage.
S'il s'agit bien comme d'habitude avec Isabel Wolff d'une héroïne qui se remet d'un chagrin d'amour, (assez mystérieux au départ), c'est surtout l'histoire d'un autre amour. Et pas un qui inclue un bellâtre. Non, l'amour du vintage (comme le titre si vous avez tout suivi :p) L'héroïne, Phoebe, ouvre une boutique pour vendre du vintage, et surtout partager son amour vis à vis de vêtements déjà "aimés". Et lorsqu'une vieille dame l'appelle pour lui proposer quelques pièces à acheter, elle ne se doute pas que c'est une rencontre amicale qui va se produire. Les années ont beau séparer les deux femmes, elles ont le même genre de meurtrissures. Celle de Phoebe peut se résumer à un chapeau, pas à vendre, qui trône dans sa boutique. Un chapeau d'une créatrice disparue. Celle de Thérèse elle, se concentre dans un manteau bleu d'enfant. Un manteau que lui avait fait sa mère, et un collier rose.

Évidemment, à tout ça vient se greffer d'autres personnages, et une histoire d'amour, une vraie, et pas avec la personne que l'on croit au départ. Il y a une jolie galeries de personnages secondaires. Et bien sûr... Les robes, et les vêtements. Les prom dress cupcakes, aux couleurs vives, qui chacune vont trouver "l'élue", celles qui étaient faites pour les porter. Les histoires de femmes et de jeunes filles qui viennent admirer, acheter, ou renoncer à des robes, pour mieux revenir.

C'est en cela que ce roman est charmant, il rappelle que derrière certains vêtements, il y a une histoire. Qu'à une époque, les vêtements n'étaient pas ces prêt à jeter qu'on a aujourd'hui. Alors comme on rêve devant une robe de mariée ayant appartenu à une aïeule, j'ai rêvé en lisant ce livre.

vendredi 14 janvier 2011

Prodigieuses créatures de Tracy Chevalier


Un roman qui a pour thème principal les fossiles, voilà qui au début a de quoi étonner. Chez moi, ce thème évoque quelques moments d'écolière, à chercher des ammonites sur les plages du nord.

Les deux héroïnes du roman, Elisabeth Philpot, célibataire désargentée de la gentry qui déménage avec ses soeurs à la mort de ses parents à Lyme Regis dans le Dorset, parce qu'elles sont indésirables chez leur frère et son épouse, et Mary Anning, une petite fille sauvageonne, d'une classe sociale plus basse et bien plus désargentée, qui cherche des fossiles qu'elle nomme "curios" avec son père pour assurer un faible revenu de plus à leur famille, n'ont visiblement rien pour les rapprocher.

Rien? Finalement si. Leur passion commune pour ces "prodigieuses créatures" que sont les fossiles.

Au fil du roman, leurs points de vue s'entrecroisent et laissent entrevoir deux esprits qui, s'ils sont différents, sont animés par cette même passion. Et même si parfois tout vient à les séparer, c'est une belle amitié, sincère et franche qui naît entre ces deux âmes sœurs.

Vous l'aurez peut être compris à la façon dont j'en parle, mais j'ai beaucoup aimé ce roman. Il se mêle à des descriptions du bord de mer, des interrogations intéressantes d'une époque où la science était moins avancée que maintenant, de petites scènes de vie, des personnages intéressants aux caractères opposés.
J'ai préféré je crois les parties où Elisabeth s'exprime, parce que les questions qui y sont soulevées y sont intéressantes, et parce que son caractère est peut être un peu plus semblable au mien.

En conclusion, c'est une lecture que je recommande, à la fois parce qu'elle est plaisante, mais aussi parce qu'elle permet de se rappeler que la science a fait des progrès considérables, et ce grâce à certains personnages un peu curieux mais tellement indispensables.
Les deux héroïnes du roman ont bien existé, et même si le tout est romancé, la trame de l'histoire est donc réelle. (ce qui ajoute un certain charme je trouve.)

mercredi 12 janvier 2011

Le voleur d'ombres de Marc Levy


Je n'attendais pas grand chose de Marc Levy, et j'avais à priori raison.

Le voleur d'ombres avait à la base tout pour me plaire. Imaginez, un gamin qui a le pouvoir de dérober les ombres des autres, ou tout du moins, de dialoguer avec elles. Une base de départ très sympathique. Et au début, cela commence plutôt bien. (surtout quand on lit la quatrième de couverture : "" Maintenant, assieds-toi, il faut que l'on parle, a dit l'ombre". Je me suis assis en tailleur sur le sol.
"Tu as un pouvoir très rare, il faut que tu acceptes de t'en servir, même s'il te fait peur.
"Pour quoi faire?
"Trouve pour ceux dont tu dérobes l'ombre cette petite lumière qui éclairera leur vie, un morceau de leur mémoire cachée, c'est tout ce que nous te demandons.
"Nous ?
"Nous, les ombres, souffla celle à qui je m'adressais".
J'ai souri, je comprenais très bien de quoi elle parlait ".")

 Le héros est plutôt attachant, et quand il se découvre ce fameux pouvoir, il a des réactions plutôt réalistes, peur, intérêt, expérimentations... Mêler un récit d'enfance à un brin de surréel est plutôt une chouette idée donc.

Ce que je trouve regrettable, c'est que le côté fantastique du roman n'occupe quasiment que la première partie. Ensuite, pouf, il n'est plus question de ce fameux pouvoir. Il n'y a plus que la vie du personnage principal, ses études de médecine, ses problèmes de romance, (avec une fin un poil bâclée quand même en passant), et sa relation avec sa mère. Quel est l'utilité alors de l'introduire?
J'aurais pu passer sur la faiblesse de l'écriture de Marc Levy, qui s'il n'écrit pas forcément mal, n'a pas un style des plus recherchés. C'est certes fluide, mais quand même, un peu plus de recherche dans les tournures de phrase ne ferait pas de mal. Mais voilà, sur un tas de bonnes idées, il ne ressort au final que pas grand chose.

Un roman qui se lit vite, mais que j'oublierais très vite également.

Dommage, vu l'idée de départ.

mardi 22 juin 2010

La scribe de Antonio Garrido

Soyons honnêtes, c'est bien gentil de faire des lectures sérieuses, mais des fois on a besoin d'une pause un peu plus fun, et rafraichissante !
J'ai récemment pris le train et quand je le prends j'aime m'arrêter au relai presse et me dénicher un ou deux bouquins. (j'y ai fait des découvertes, notamment le cercle littéraire des amateurs d'épluchure de patates, ma révélation coup de coeur de l'été dernier) Cette fois ci j'ai choisi La scribe.
Pour le titre déjà. Scribe ça évoque énormément de choses, et une femme scribe, ça ne peut que me séduire. Pour la quatrième de couverture ensuite :

"Et si une jeune scribe tenait entre ses mains le destin de l'Occident ?
Franconie, an 799, à la veille du sacre de Charlemagne. Fille d'un célèbre scribe byzantin, Theresa est apprentie parcheminière. Contrairement aux jeunes femmes de son âge dont le rêve est de fonder une famille, elle n'aspire qu'à une chose : vivre parmi les livres. Mais un drame l'oblige à quitter sa ville et à se réfugier dans la cité abbatiale de Fulda. Là, elle devient la scribe du moine Alcuin d'York, véritable Sherlock Holmes en robe de bure. Alors que Theresa l'assiste dans ses enquêtes, elle découvre qu'à son insu elle a emporté dans sa fuite un précieux parchemin qui pourrait bien sceller l'avenir de la chrétienté... "

Et pour l'époque. Le moyen âge, époque qui m'a toujours fascinée et dont on ne parle pas assez à mon sens. (d'ailleurs, il y a des livres formidables qui s'y passent, je pense aux policiers de C.L Grace, ou encore Le nom de la rose)

Le livre mêle plusieurs intrigues, on suit surtout Thérésa, bien que le début commence par la plume de son père (et m'a totalement bluffée parce je me suis trompée du tout au tout en faisant des hypothèses qui se sont révélées fausses). C'est une jeune femme passionnée de lecture, très entière et ambitieuse. Elle se retrouve obligée de fuir son village par de malheureux événements, et rencontre un jeune homme auquel elle va finir par s'attacher. Elle le perdra de vue plusieurs fois au cours du récit, mais je n'en dis pas plus. Après quelques rencontres fortuites, elle finit par entrer au service d'un drôle de moine Alcuin (j'adore ce prénom), qui a un sens de l'observation très pointu et dont les déductions sont passionnantes.

Ajoutez à cela des aventures, des morts suspectes, une histoire de manuscrit mystérieux, un peu d'amour, et beaucoup de surprises (avec des personnages qui se révèlent ne pas être ce qu'ils sont vraiment) et vous avez un bon roman qui se lit très bien. Une bonne lecture distrayante en somme!