Ah la marquise de Brinvilliers ! Toute une légende !
Mais au fond, qui était-elle vraiment? Une diabolique empoisonneuse? Une amie de la Voisin avec qui elle donnait des messes noires? Le diable incarné dans des jupons affriolants?
Rien de tout celà. Elle commence mal la pauvre Marie-Madeleine.
Elle est très jeune lorsque sa mère meurt en couches, et son père, ambitieux en diable, délaisse totalement ses fils et ses filles, (elle a deux frères et deux sœurs).
Ainsi à l'abandon, sans figure maternelle, ni paternelle, elle se fait violer à l'âge de sept ans par un domestique. Ensuite, elle aura des rapports incestueux avec ces frères (sans doute forcés)
Alors à l'âge de vingt et un ans, elle est mariée à Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, noceur, fêtard, riche, et aux fréquentations bien fâcheuses.
Son mari se lasse bien vite d'elle, et pour être tranquille, la jette plus ou moins dans les bras de Sainte Croix, un de ses amis, qui devient bientôt l'amant de la marquise. C'est là qu'elle met le pied dans l'engrenage...
Elle va aimer à la folie cet homme, qui saura profiter de ses richesses, et la pousser à commettre des crimes, ou du moins, à les accepter. On ne sait pas vraiment au fond si elle est la main qui versera le poison. Toujours est-il que son père mourra empoisonné, pensez, il avait fait jeter l'amant au cachot ! [d'ailleurs c'est au cachot que Saint Croix apprend le secret de quelques poisons avec un italien, Exili. C'est un peu sa propre mort que le pauvre père de la marquise a orchestré sans le savoir] Ensuite, ce seront ces deux frères qui y passeront. Une hécatombe.
Et l'on n'aurait rien su de toute cette affaire si à la mort de Sainte Croix, on n'avait pas trouvé une drôle de cassette, renfermant poisons, lettres, et mettant en cause notre marquise...
Une histoire bien complexe, et une femme diabolisée. Certes, elle n'est pas blanche comme neige la Brinvilliers, mais on se prend de pitié pour elle en lisant son histoire, et l'on se demande si elle ne s'est pas tout simplement laissé prendre au piège d'une histoire qui la dépassait, et si elle n'a pas voulu retenir l'amour à tout prix.
Allez savoir !
C'est en tout cas un livre fort bien documenté et précis, qui ne fait pas dans la romance ou dans le tapageur, ce qui appréciable quand il s'agit d'histoire. A lire, en essayant de ne pas croire ensuite qu'on vous empoisonne !
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vendredi 9 décembre 2011
lundi 5 septembre 2011
Fouquet par Jean Christian Petitfils
Si la rumeur veut que Fouquet soit tombé en disgrâce à cause de sa fête trop somptueuse à Vaux le Vicomte, et parce que le roi soleil a été jaloux de lui, la vérité historique est tout autre.
Mais qui est Fouquet? En commençant cette biographie, j'avais, malgré l'émission fort intéressante Secret d'Histoire sur France 2, une idée très vague de la vie de Nicolas Fouquet, surintendant, surnommé l'écureuil, né en 1615.
La famille de Fouquet fait partie de la noblesse de robe, depuis peu, malgré une prétention à la noblesse sous couvert d'homonymie. Si son père fut haut magistrat, ses ancêtres étaient drapiers, tout simplement.
Eduqué par les jésuites, et ayant grandi dans une famille très religieuse et éclairée, sa mère étant versée dans les simples, et son père grand collectionneur de livres (il en laisse 15.000, quand même !), il a bénéficié des meilleures conditions lors de sa jeunesse.
D'abord destiné à la prêtrise, puis remplacé par son frère aîné, il va petit à petit gravir les échelons du pouvoir.
Il est un homme à l'ambition dévorante, comme une bonne partie de sa famille (la devise de leur blason étant tout de même "Quo non ascendet" [jusqu'où ne montera t-il pas?]), et il va s'attacher à se construire un réseau d'influences.
Pourtant, c'est également un homme raffiné, cultivé, protecteur des poètes et des artistes, tenant salon, se faisant Mécène, il est esthète. De la Fontaine à Molière, en passant par Corneille qui lui dédie l'une de ses œuvres (Oedipe).
Néanmoins, Fouquet à le don de se faire des ennemis, et c'est Colbert qui sera le plus farouche. Tous deux se disputent les faveurs de Mazarin, qui les utilise à son gré, et qui les manipule l'un comme l'autre. Plus que le procès de Fouquet, ce sera finalement celui d'une autre époque qui se fera, et si Colbert y est pour beaucoup, il y a également la volonté de Louis XIV de s'affirmer et de se détacher des carcans qui sera pour beaucoup dans sa disgrâce. Fouquet sera le bouc émissaire, l'homme à abattre.
Il échappe à la mort, tout de même, et finira ses jours emprisonné à Pignerol (là où le masque de fer fut gardé !)
La biographie que nous livre Petitfils est foisonnante de détails, fort bien écrite, passionnante par moments, et nous plongeons dans les arcanes du pouvoir, entre Fronde, complots, coups bas et politique des uns et des autres. Fouquet apparaît sous sa plume comme un homme ambivalent, à la personnalité complexe, mais comme un des grands hommes de son temps. C'est un livre à lire, en prenant son temps, pour bien le comprendre et l'apprécier, et pour éviter l'indigestion. Il n'est pas toujours facile de se remettre à ce genre d'ouvrage qui s'ils sont des plus intéressants, sont bien souvent d'une densité effrayante.
En bref, une très bonne lecture, mais un poil longue !
Vaux le Vicomte
Mais qui est Fouquet? En commençant cette biographie, j'avais, malgré l'émission fort intéressante Secret d'Histoire sur France 2, une idée très vague de la vie de Nicolas Fouquet, surintendant, surnommé l'écureuil, né en 1615.
La famille de Fouquet fait partie de la noblesse de robe, depuis peu, malgré une prétention à la noblesse sous couvert d'homonymie. Si son père fut haut magistrat, ses ancêtres étaient drapiers, tout simplement.
Eduqué par les jésuites, et ayant grandi dans une famille très religieuse et éclairée, sa mère étant versée dans les simples, et son père grand collectionneur de livres (il en laisse 15.000, quand même !), il a bénéficié des meilleures conditions lors de sa jeunesse.
D'abord destiné à la prêtrise, puis remplacé par son frère aîné, il va petit à petit gravir les échelons du pouvoir.
Il est un homme à l'ambition dévorante, comme une bonne partie de sa famille (la devise de leur blason étant tout de même "Quo non ascendet" [jusqu'où ne montera t-il pas?]), et il va s'attacher à se construire un réseau d'influences.
Pourtant, c'est également un homme raffiné, cultivé, protecteur des poètes et des artistes, tenant salon, se faisant Mécène, il est esthète. De la Fontaine à Molière, en passant par Corneille qui lui dédie l'une de ses œuvres (Oedipe).
Néanmoins, Fouquet à le don de se faire des ennemis, et c'est Colbert qui sera le plus farouche. Tous deux se disputent les faveurs de Mazarin, qui les utilise à son gré, et qui les manipule l'un comme l'autre. Plus que le procès de Fouquet, ce sera finalement celui d'une autre époque qui se fera, et si Colbert y est pour beaucoup, il y a également la volonté de Louis XIV de s'affirmer et de se détacher des carcans qui sera pour beaucoup dans sa disgrâce. Fouquet sera le bouc émissaire, l'homme à abattre.
Il échappe à la mort, tout de même, et finira ses jours emprisonné à Pignerol (là où le masque de fer fut gardé !)
La biographie que nous livre Petitfils est foisonnante de détails, fort bien écrite, passionnante par moments, et nous plongeons dans les arcanes du pouvoir, entre Fronde, complots, coups bas et politique des uns et des autres. Fouquet apparaît sous sa plume comme un homme ambivalent, à la personnalité complexe, mais comme un des grands hommes de son temps. C'est un livre à lire, en prenant son temps, pour bien le comprendre et l'apprécier, et pour éviter l'indigestion. Il n'est pas toujours facile de se remettre à ce genre d'ouvrage qui s'ils sont des plus intéressants, sont bien souvent d'une densité effrayante.
En bref, une très bonne lecture, mais un poil longue !
Vaux le Vicomte
samedi 19 février 2011
L'écriture ou la vie de Jorge Semprun.
J'ai longtemps repoussé le moment de lire ce livre, qui m'attirait et me repoussait à la fois. La période de la seconde guerre mondiale a le même effet sur moi. Je pense qu'il est nécessaire de se souvenir, de ne pas céder à la facilité de l'oubli, mais il est si terrible de savoir que l'homme peut être capable de tout, que ça me glace.
Mais finalement, j'ai cédé, et je ne le regrette pas.
Récit autobiographique, décousu et anarchique, mélangeant plusieurs phases de la vie de l'auteur, L'écriture ou la vie est un ouvrage qui sonne comme un cri.
Comment survivre à l'impensable? Comment lutter, alors qu'on se sent profondément vivant l'espace d'un instant, devant les regards plein de pitié d'hommes venus vous délivrer. Comment revivre alors qu'on a vécu une sorte d'expérience mortelle? Comment écrire là dessus? Comment ne pas sombrer?
On sent l'auteur profondément perdu, partagé entre le désir d'oublier, et celui de témoigner. Ne sachant pas comment mettre des mots, alors que là même est sa raison profonde d'être, sur une histoire.
Alors, on a ce récit. On passe d'anecdotes sur les derniers jours de la vie au camp Buchenwald, à des anecdotes d'avant guerre, quand l'auteur était étudiant en Philosophie, puis à l'après guerre, à la fuite en avant, et surtout, à ce qui prend une place immense dans la vie de Jorge Semprùn, la littérature. L'évocation de Goethe, quand il se rend à Weimar, (où Goethe a séjourné) avec le lieutenant Rosenfeld, allemand naturalisé américain, qui a combattu contre son propre peuple et contre le nazisme, les citations de poème, ou quand la poésie est un cri de souffrance, et l'apparition des écrivains qui ont marqué Semprùn.
Il ressort de tout ça un personnage blessé, fragile, mais vivant. Au final, même si il témoigne peu de sa vie à Buchenwald, on ressent le spectre de sa souffrance dans tout le livre. Même s'il n'évoque que rarement des morts, même si seules les cheminées fumantes rappellent l'extermination avec l'absence des oiseaux, ce témoignage reste poignant. C'est un récit vrai. Littéraire aussi, parce que l'on sent que l'auteur exsude l'écriture par tous les pores de sa peau. Mais un récit essentiel.
En tout cas, il restera marquant pour moi.
jeudi 10 février 2011
Un portrait de Jane Austen de David Cecil.
A force d'aimer les livres d'un auteur, on en vient à vouloir en savoir plus sur sa vie. Alors, évidemment, celle de Jane Austen m'intéresse. Parce qu'elle fait partie de ses auteurs que je ne me lasse jamais de relire, et à l'instar de l'héroïne de Lost In Austen (mini série anglaise que je vous conseille), il m'arrive souvent lors d'un moment de chagrin, de me plonger dans Orgueils et Préjugés, Raisons et Sentiments, Persuasion, et les autres.
D'emblée, David Cecil annonce qu'on ne sait que très peu de choses sur la vie de Jane Austen. La plupart de sa correspondance avec Cassandra, sa soeur aînée, a été détruite par cette dernière, dans un soucis de préserver sa soeur.
Alors qu'apprend t-on vraiment sur cette écrivain ?
Qu'elle est une enfant du 18ème siècle surtout. Une fille de la gentry, issue du mariage entre un homme intelligent et cultivé, et la fille d'un révérend, aux ancêtres un peu plus aristocratiques que son mari. Ce qui caractérise la famille Austen, d'après l'auteur, qui en brosse un portrait peu être un brin trop enthousiaste, c'est une vive intelligence, un amour des traits d'esprits et d'une légère ironie, une famille unie, bien ancrée dans son temps.
Après quelques essais de mini pensionnats où elle suit sa soeur Cassandra, Jane passera le reste de son enfance chez elle. Les tentatives éducatives n'ayant pas semblé correspondre aux deux soeurs, leurs parents préfèrent les garder avec eux. Ainsi, elles sont éduquées un peu selon leur bon vouloir (l'auteur fait le rapprochement avec les soeurs Bennet, mais très légèrement).
Jane Austen semble avoir été une grande lectrice, (comme tout bon écrivain?), aussi bien de livres sérieux que d'ouvrages plus légers. "Mais comme tous les lecteurs avides de roman, elle appréciait aussi ceux qu'elle n'avait pas besoin de lire sérieusement." Elle semble avoir particulièrement aimé Samuel Johnson (que je ne connais absolument pas, il semble être l'auteur de cette phrase célèbre " L'enfer est pavé de bonne intentions.")
Les soeurs Austen resteront célibataires, l'une parce que son fiancé mourra aux Indes (Cassandra), et l'autre parce qu'elle ne trouvera jamais de prétendants qu'elle veuille épouser, ou qu'elle puisse épouser. (Il semble probable qu'elle ait eu un ou deux chagrins d'amour, et elle refusera une proposition de mariage, ou du moins elle l'acceptera, et reviendra très vite sur son engagement pour y mettre fin.)
A la mort de leur père, Jane, sa mère et sa soeur voient leur train de vie diminuer, (Comme les soeurs Dashwood et leur mère dans Raison et Sentiment !) et se voient contraintes de mener une vie plus austère. Jane ne semble pas en avoir été trop attristée et son temps se partage majoritairement entre visites à la famille et déménagements de lieux à d'autres. On sent dans les extraits de lettres de Jane à Cassandra, un profond attachement à la famille en général, et elle semble avoir beaucoup aimé ses neveux et nièces.
L'un des frères de Jane, Edward, finit par installer sa mère et ses soeurs, dans ce qui sera la dernière demeure de Jane, à Chawton.
Même si elle a toujours écrit, Jane ne semble avoir pris le temps d'écrire sérieusement que vers ses 34 ans. (ça me laisse de l'espoir !), elle réécrira certaines de ses anciennes oeuvres puis en écrira de nouvelles (Mansfield Park, Emma, et Persuasion)
Elle semble avoir préféré se cantonner à la sphère du monde clos où elle vivait pour source d'inspiration, dans un souci de vraisemblance. Ainsi, ces romans sont en partie inspiré par ce qu'elle a vécu, des anecdotes qu'on lui a raconté, ce qu'elle a pu observer (elle semble avoir été très fine et très perspicace), et sur son ressenti.
Voilà ce que j'ai pu retenir de ce livre, qui s'il est quand même intéressant, m'a parut assez lourd à lire et parfois pontifiant. Je n'ai pas su le terminer entièrement.
Il me semble que comme on connaît que très peu de choses de la vie de la romancière, il est difficile d'en faire un livre à moins de romancer. Seulement voilà, David Cecil ne veut pas vraiment le faire. On sent l'amour qu'il porte à Jane Austen transparaître dans ce qu'il écrit, mais il n'arrive jamais vraiment à captiver. Au départ moyennement intéressée, j'ai fini par m'ennuyer profondément, par lire en diagonale, jusqu'à me dire que c'était stupide de m'acharner.
Après tout, le meilleur moyen de connaître Jane Austen restera toujours le fait de lire l'une de ses oeuvres. Je préfère me replonger bientôt dans un de ses fabuleux romans plutôt que de m'entêter en vain.
Une rencontre manquée donc, avec ce livre.
Une petite citation tout de même :
"Personne, s'écrie t-elle, ne correspond jamais à nos attentes, ni dans ses sentiments, ni dans ses actes, ni dans ses joies, ni dans ses souffrances."
D'emblée, David Cecil annonce qu'on ne sait que très peu de choses sur la vie de Jane Austen. La plupart de sa correspondance avec Cassandra, sa soeur aînée, a été détruite par cette dernière, dans un soucis de préserver sa soeur.
Alors qu'apprend t-on vraiment sur cette écrivain ?
Qu'elle est une enfant du 18ème siècle surtout. Une fille de la gentry, issue du mariage entre un homme intelligent et cultivé, et la fille d'un révérend, aux ancêtres un peu plus aristocratiques que son mari. Ce qui caractérise la famille Austen, d'après l'auteur, qui en brosse un portrait peu être un brin trop enthousiaste, c'est une vive intelligence, un amour des traits d'esprits et d'une légère ironie, une famille unie, bien ancrée dans son temps.
Après quelques essais de mini pensionnats où elle suit sa soeur Cassandra, Jane passera le reste de son enfance chez elle. Les tentatives éducatives n'ayant pas semblé correspondre aux deux soeurs, leurs parents préfèrent les garder avec eux. Ainsi, elles sont éduquées un peu selon leur bon vouloir (l'auteur fait le rapprochement avec les soeurs Bennet, mais très légèrement).
Jane Austen semble avoir été une grande lectrice, (comme tout bon écrivain?), aussi bien de livres sérieux que d'ouvrages plus légers. "Mais comme tous les lecteurs avides de roman, elle appréciait aussi ceux qu'elle n'avait pas besoin de lire sérieusement." Elle semble avoir particulièrement aimé Samuel Johnson (que je ne connais absolument pas, il semble être l'auteur de cette phrase célèbre " L'enfer est pavé de bonne intentions.")
Les soeurs Austen resteront célibataires, l'une parce que son fiancé mourra aux Indes (Cassandra), et l'autre parce qu'elle ne trouvera jamais de prétendants qu'elle veuille épouser, ou qu'elle puisse épouser. (Il semble probable qu'elle ait eu un ou deux chagrins d'amour, et elle refusera une proposition de mariage, ou du moins elle l'acceptera, et reviendra très vite sur son engagement pour y mettre fin.)
A la mort de leur père, Jane, sa mère et sa soeur voient leur train de vie diminuer, (Comme les soeurs Dashwood et leur mère dans Raison et Sentiment !) et se voient contraintes de mener une vie plus austère. Jane ne semble pas en avoir été trop attristée et son temps se partage majoritairement entre visites à la famille et déménagements de lieux à d'autres. On sent dans les extraits de lettres de Jane à Cassandra, un profond attachement à la famille en général, et elle semble avoir beaucoup aimé ses neveux et nièces.
L'un des frères de Jane, Edward, finit par installer sa mère et ses soeurs, dans ce qui sera la dernière demeure de Jane, à Chawton.
Même si elle a toujours écrit, Jane ne semble avoir pris le temps d'écrire sérieusement que vers ses 34 ans. (ça me laisse de l'espoir !), elle réécrira certaines de ses anciennes oeuvres puis en écrira de nouvelles (Mansfield Park, Emma, et Persuasion)
Elle semble avoir préféré se cantonner à la sphère du monde clos où elle vivait pour source d'inspiration, dans un souci de vraisemblance. Ainsi, ces romans sont en partie inspiré par ce qu'elle a vécu, des anecdotes qu'on lui a raconté, ce qu'elle a pu observer (elle semble avoir été très fine et très perspicace), et sur son ressenti.
Voilà ce que j'ai pu retenir de ce livre, qui s'il est quand même intéressant, m'a parut assez lourd à lire et parfois pontifiant. Je n'ai pas su le terminer entièrement.
Il me semble que comme on connaît que très peu de choses de la vie de la romancière, il est difficile d'en faire un livre à moins de romancer. Seulement voilà, David Cecil ne veut pas vraiment le faire. On sent l'amour qu'il porte à Jane Austen transparaître dans ce qu'il écrit, mais il n'arrive jamais vraiment à captiver. Au départ moyennement intéressée, j'ai fini par m'ennuyer profondément, par lire en diagonale, jusqu'à me dire que c'était stupide de m'acharner.
Après tout, le meilleur moyen de connaître Jane Austen restera toujours le fait de lire l'une de ses oeuvres. Je préfère me replonger bientôt dans un de ses fabuleux romans plutôt que de m'entêter en vain.
Une rencontre manquée donc, avec ce livre.
Une petite citation tout de même :
"Personne, s'écrie t-elle, ne correspond jamais à nos attentes, ni dans ses sentiments, ni dans ses actes, ni dans ses joies, ni dans ses souffrances."
jeudi 3 février 2011
Une autobiographie d'Agatha Christie.
Vous l'aurez peut être déjà compris, je suis une grande fan d'Agatha Christie. Femme fascinante s'il en est, autant de par son oeuvre, vaste et variée, que de par sa vie.
J'avais déjà lu une biographie sur elle, mais je suis tombée sur son autobiographie à la médiathèque l'autre jour alors forcément...
Autobiographie donc, et du coup, partiale. Et si d'autres auteurs prennent le parti pris, souvent sans l'honorer, de dire tout sur leur vie, Agatha Christie annonce dès le début la couleur. Elle ne parlera que des choses qu'elle se plaira à se remémorer.
C'est donc un voyage organisé à travers sa mémoire que le lecteur s'apprête à commencer.
Les parents d'Agatha ont fait un mariage d'amour, fait il me semble plutôt heureux pour l'époque. Sa mère était amoureuse de son père depuis sa plus tendre enfance. La différence d'âge existant entre eux n'a jamais semblé être un problème.
Du coup l'enfance d'Agatha Christie est charmante. Elle semble avoir vécu dans son petit monde de fille fantasque, créant et animant ses personnages, parlant seule pendant de longues heures. On sent poindre les prémices d'une futur romancière tant son imagination est déjà débridée en étant toute enfant.
Malgré les problèmes d'argent de ses parents, réglés en partant quelques fois à l'étranger, notamment en France, où la vie est moins chère, elle semble garder de son enfance un souvenir tendre et doux.
Sa mère, personnage assez important de la vie de la petite fille, semble être une créature étrange, animée par des coups de tête, des élans d'imagination, des idées saugrenues.
A la mort de son père, la vie change pour la jeune fille. Elle va parfaire son éducation dans diverses écoles, faire son entrée dans le monde en Egypte, et tomber amoureuse plusieurs fois avant de rencontrer Archibald Christie et de se fiancer avec lui.
La guerre arrive et pendant que son fiancé entre dans l'armée de l'air, elle travaille auprès d'infirmières. Elle finira par se retrouver à la préparation de médicaments, et du coup, de se forger un solide bagage sur les poisons et autres joyeusetés de ce genre, ce qui lui sera fort utile par la suite.
Arrive bientôt l'écriture de son premier roman, puis un certain succès, et après un désastre familial, et la mort de sa mère, l'échec de son mariage avec Archibald Christie. (que j'ai détesté d'ailleurs, pourtant Agatha Christie semble dire que c'est de sa faute à elle si son mariage a échoué, mais personnellement j'ai trouvé le portrait de son mari assez rebutant. Inconstant et plutôt égoïste.)
Comme délivrée après un mariage qui ne lui laissera qu'une fille, Agatha s'en va à Bagdad, rien que ça ! Quel courage pour une femme de cette époque de partir à l'aventure ainsi seule... C'est durant ce voyage qu'elle fera la connaissance de son futur mari Max (qui me plait beaucoup plus que le premier !)
Le reste du livre , même s'il est très intéressant, me semble un peu difficile à évoquer. Elle y parle de sa vie avec Max, d'archéologie, de la seconde guerre mondiale.
Ce que je retiens de cette autobiographie, c'est un portrait d'une femme en avance sur son temps, très intelligente et à l'imagination féconde, au courage hors du commun. Une femme qui aura connu les premiers vols en avion, l'arrivée de la voiture (il y a des passages s'y rapportant, que j'ai beaucoup aimé), une lectrice acharnée, (Dickens, Shakespeare, et tant d'autres.), et surtout, une personne que j'aurais adoré connaître ! C'est ce qui ressort le plus pour moi, c'est qu'en refermant le livre je me suis dit, quel dommage de ne pas avoir eu le bonheur de discuter avec elle. (et du coup, hop, j'ai eu envie de retrouver Tuppence, Poirot, ou cette chère Jane Marple !)
Vous trouverez un avis plus pointu et intéressant que le mien (décidément, je trouve que je suis un peu brouillonne parfois, va falloir que je travaille ça !) chez Maggie
J'avais déjà lu une biographie sur elle, mais je suis tombée sur son autobiographie à la médiathèque l'autre jour alors forcément...
Autobiographie donc, et du coup, partiale. Et si d'autres auteurs prennent le parti pris, souvent sans l'honorer, de dire tout sur leur vie, Agatha Christie annonce dès le début la couleur. Elle ne parlera que des choses qu'elle se plaira à se remémorer.
C'est donc un voyage organisé à travers sa mémoire que le lecteur s'apprête à commencer.
Les parents d'Agatha ont fait un mariage d'amour, fait il me semble plutôt heureux pour l'époque. Sa mère était amoureuse de son père depuis sa plus tendre enfance. La différence d'âge existant entre eux n'a jamais semblé être un problème.
Du coup l'enfance d'Agatha Christie est charmante. Elle semble avoir vécu dans son petit monde de fille fantasque, créant et animant ses personnages, parlant seule pendant de longues heures. On sent poindre les prémices d'une futur romancière tant son imagination est déjà débridée en étant toute enfant.
Malgré les problèmes d'argent de ses parents, réglés en partant quelques fois à l'étranger, notamment en France, où la vie est moins chère, elle semble garder de son enfance un souvenir tendre et doux.
Sa mère, personnage assez important de la vie de la petite fille, semble être une créature étrange, animée par des coups de tête, des élans d'imagination, des idées saugrenues.
A la mort de son père, la vie change pour la jeune fille. Elle va parfaire son éducation dans diverses écoles, faire son entrée dans le monde en Egypte, et tomber amoureuse plusieurs fois avant de rencontrer Archibald Christie et de se fiancer avec lui.
La guerre arrive et pendant que son fiancé entre dans l'armée de l'air, elle travaille auprès d'infirmières. Elle finira par se retrouver à la préparation de médicaments, et du coup, de se forger un solide bagage sur les poisons et autres joyeusetés de ce genre, ce qui lui sera fort utile par la suite.
Arrive bientôt l'écriture de son premier roman, puis un certain succès, et après un désastre familial, et la mort de sa mère, l'échec de son mariage avec Archibald Christie. (que j'ai détesté d'ailleurs, pourtant Agatha Christie semble dire que c'est de sa faute à elle si son mariage a échoué, mais personnellement j'ai trouvé le portrait de son mari assez rebutant. Inconstant et plutôt égoïste.)
Comme délivrée après un mariage qui ne lui laissera qu'une fille, Agatha s'en va à Bagdad, rien que ça ! Quel courage pour une femme de cette époque de partir à l'aventure ainsi seule... C'est durant ce voyage qu'elle fera la connaissance de son futur mari Max (qui me plait beaucoup plus que le premier !)
Le reste du livre , même s'il est très intéressant, me semble un peu difficile à évoquer. Elle y parle de sa vie avec Max, d'archéologie, de la seconde guerre mondiale.
Ce que je retiens de cette autobiographie, c'est un portrait d'une femme en avance sur son temps, très intelligente et à l'imagination féconde, au courage hors du commun. Une femme qui aura connu les premiers vols en avion, l'arrivée de la voiture (il y a des passages s'y rapportant, que j'ai beaucoup aimé), une lectrice acharnée, (Dickens, Shakespeare, et tant d'autres.), et surtout, une personne que j'aurais adoré connaître ! C'est ce qui ressort le plus pour moi, c'est qu'en refermant le livre je me suis dit, quel dommage de ne pas avoir eu le bonheur de discuter avec elle. (et du coup, hop, j'ai eu envie de retrouver Tuppence, Poirot, ou cette chère Jane Marple !)
Vous trouverez un avis plus pointu et intéressant que le mien (décidément, je trouve que je suis un peu brouillonne parfois, va falloir que je travaille ça !) chez Maggie
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