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samedi 12 novembre 2011

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows

Quand je suis malade, j'ai toujours besoin de lectures connues et rassurantes. En tant que lectrice acharnée, il m'arrive de lire même en ayant de la fièvre. (ce qui donne parfois lieu ensuite à de biens drôles de rêves, croyez moi !)
Comme j'avais besoin de réconfort en plus de la couette bien chaude et du chat sur les pieds, je me suis replongée dans le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Lu dans un train la première fois. Il fait partie des livres que j'ai fait lire à un peu à tout le monde, du moins aux victimes consentantes.

Ais-je besoin de vous raconter l'histoire? Peut être que oui, quand même. Roman épistolaire, il nous fait plonger à la fin de la seconde guerre mondiale, et commence grâce à un livre d'occasion ayant appartenu à l'héroïne Juliet. Dawsey, habitant de l'île de Guernesey, l'a racheté, et il écrit à Juliet pour lui demander de plus amples renseignements sur l'auteur. Commence alors une relation épistolaire, qui va mener Dawsey à évoquer le cercle littéraire auquel il a appartenu pendant la guerre. Juliet, curieuse et passionnée par les livres, et cherchant sans le savoir vraiment, un nouveau sujet pour écrire (elle est alors en pleine tournée de promo), va chercher à en savoir plus, et bientôt, tous les membres du cercle ou presque vont lui écrire. C'est une histoire d'amour et d'amitié qui commence alors, et il devient bientôt évident à Juliet d'aller là bas, à Guernesey...

Il serait difficile d'exprimer à quel point j'aime ce livre. Je voudrais avoir rencontré tous les personnages, de Kit, petite fille née pendant la guerre, et dont les deux parents sont morts ou disparus, à Isola qui prépare de drôles de mixtures, en passant par Amelia, si douce et sage. Dawsey bien sûr, silencieux, mais si doux.
Et puis Elizabeth. La mère de Kit. Qui est à la fois absente et présente du début à la fin. Elle qui fut à l'origine du cercle, et qui par sa présence solaire a donné du baume au cœur à tout le monde . Une âme forte, bonne, généreuse.
Oui ce roman respire ce qu'il y a de plus beau, et de plus mauvais, dans l'humanité, mais il fait espérer, rire, pleurer (à chaudes larmes pour ma part), sourire, il donne envie de lire aussi, et d'aller partager une tourte aux épluchures de patates avec les habitants de Guenersey, si c'est le seul moyen de les rencontrer.
(et si on me dit que ce n'est pas de la grande littérature, je répondrais, "qu'est ce que la littérature?" ou "Who cares?")

mercredi 2 novembre 2011

L'herbier des fées de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent seulement de nuit. Edgar Allan Poe.

Voilà comment commence l'herbier des fées. Par une citation de Poe, (dont Benjamin Lacombe a illustré les contes macabres.)

L'histoire que nous suivons dans ce recueil commence en mai 1914, à Brocéliande. Le héros, Aleksandr, scientifique russe, fait de mystérieuses recherches, sous un ordre de Raspoutine, et il espère bien trouver dans les légendes de Brocéliande, quelque chose de vrai, qui le conduira vers un élixir d'immortalité.

Aleksandr est botaniste, et c'est autour des plantes qu'il articule ses recherches. Bientôt, il va découvrir que les plantes sont habitées par de minuscules créatures... Et c'est là le début d'une aventure qui le modifiera profondément.


Comment réussir à vous faire toucher du doigt, par le biais de ce post, la magie de ce livre et sa poésie? Quand on l'ouvre, il y a d'abord l'odeur du papier. Puis à droite, une page aux nuances de vert, découpée comme la dentelle d'une feuille qui nous cache un visage aux teintes délicates. Et le voyage commence. Sous forme de dessins représentant des photos, d'extraits du journal d'Aleksandr, de planches botaniques, et de jeux de découpages, de transparence, de la richesse de la composition des pages. Des lettres, des coupures de journaux, d'esquisses à dessins fouillés. L'oeuvre est dense, et à savourer encore et encore.
Je ne m'attendais pas à être à ce point charmée. L'ingéniosité des auteurs repose dans le fait de ne pas nous offrir un herbier simple, ou une classification des fées, mais une vraie histoire, touchante, émouvante, magique, et qui sonne si vrai ! Parfois, j'étais là bas, à Brocéliande, à découvrir ces êtres fascinants, mi-plantes mi humains, si innocents, si fragiles...
Ce livre est un tout indissociable, des dessins aux textes, qui vous offre un beau moment d'évasion, de couleur et de beauté, une pause dans la grisaille. Gros coup de cœur donc. Je l'ai reposé avec difficulté, et je le feuillette régulièrement depuis. (vous pouvez consulter le site, pour en savoir un peu plus...)


(et merci à mon chéri de me l'avoir offert.)

jeudi 13 octobre 2011

Blanche ou la triple contrainte de l'enfer


1870, Paris. Nous sommes en pleine guerre franco-prusse, et Blanche, jeune fille volontaire de dix sept ans, se retrouve prise au piège à Paris, ayant raté à cause de la foule, le dernier train pour la province, pris par ses parents et ses sœurs. Heureusement, son oncle, le commissaire Gaston Loiseau, est là pour veiller sur elle, entre deux enquêtes. Oui mais voilà, c'est sans compter sans la curiosité de Blanche, sur son goût pour les mystères, et son envie d'être enquêtrice. Le commissaire et sa nièce vont se retrouvés mêlés, l'une se cachant de l'autre, dans une histoire qui fleure bon la magie, les mythes, et l'étrange.

Je me demande encore pourquoi je n'ai pas lu ce roman avant? Peut être la classification jeunesse? Heureusement, suite à la lecture commune de la Trilogie Morgenstern, Syl, Aymeline et moi avons décidé de lire l'autre trilogie d' Hervé Jubert (enfin, c'est Syl qui l'a proposé, je crois), et heureusement !
L'auteur n'a pas son pareil pour nous plonger dans une époque chaotique, dans une ville assiégée, où les préoccupations changent du jour au lendemain. Une ville où d'ordinaire, une jeune fille aurait du se tenir à carreau, mais où elle peut, dans le capharnaüm ambiant, devenir infirmière auprès des blessés, et enquêter en parallèle. Blanche est le type même de l'héroïne que j'aime. Discrète, tenace, intelligente et dégourdie, son apparente innocence embobine tout le monde et surtout son oncle, qui se laisse mener, à son insu, par le bout du nez. Si l'histoire à des relents fantastiques, présence de ballons montgolfières qui servent à apporter les messages, magie, voyance, on reste dans un monde très fouillé et crédible et la subtilité des choses fait qu'on pourrait complètement se croire être en train de lire un policier historique. La plume d'Hervé Jubert est fine, délicieuse par ses tournures, et il nous campe une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres.
De Klosowski à Nadar, en passant par Léo, et surtout, surtout, avec Salmacis, qui après Blanche est mon personnage préféré (je ne sais trop comment y penser d'ailleurs. En le plaignant? En le trouvant horrible? Quelle ambivalence !).
Que dire de plus si ce n'est qu'encore une fois, un roman jeunesse prouve bien que la littérature pour enfants vaut parfois bien celle des adultes et qu'il serait dommage de s'y arrêter... Il est évident qu'il me tarde de lire la suite !

Vous pouvez déjà aller lire les avis d' Aymeline et de Syl.
(d'autres à rajouter plus tard)

mercredi 28 septembre 2011

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

A force de le voir à droite, à gauche ce livre, et d'en lire beaucoup de bien, j'ai craqué. (notamment le billet de ClaudiaLucia (très mitigée, mais ce genre d'avis me donne envie de m'intéresser aux livres en question généralement,  et celui de George)
et peut être d'autres dont je ne me souviens honteusement plus... )

Et je ne le regrette pas une seule seconde.
Dès le début du roman, avec la voix d'Aibileen, servante noire , qui s'occupe en plus du ménage d'élever une petite fille qu'elle considère comme la sienne, on est happé. Par la simplicité de ce récit, et par ce qu'il a de dur, de dérangeant, d'effrayant. Nous sommes dans les années 1960, au Mississipi, et la ségrégation raciale bat toujours son plein. Et pourtant, dans cette ville de Jackson, une femme, une blanche, va petit à petit prendre conscience de l'anormalité des choses. Miss Skeeter. Elle est à part. Fragile et forte à la fois, consciente de ne pas être dans la norme, mais bien décidée à aller jusqu'au bout. Elle recueillera les témoignages de bonnes noires, et elle en fera un livre. Et c'est par le biais d'Aibileen, puis de la volcanique Minny, que cette blanche va entrer dans un monde qui la dépasse.

Roman à trois voix, qui permet une variété de points de vue cruciale, qui fait en grande partie la force du récit, cette histoire est de celle qui ne vous laisse pas indemne. Encore maintenant, j'ai la gorge nouée. On les aime ces femmes durant le récit. On se passionne, on s'indigne, on frémit, on bout, on a envie d'aller les rejoindre, de lutter avec elle. C'est un vibrant hommage, un juste témoignage d'une réalité qui n'est pas si lointaine. (Et dire que le racisme existe toujours...) Outre les héroïnes principales, de Minny qui ne sait pas se taire, à Miss Skeeter, éternelle célibataire, il y a dans ce livre une riche galerie de personnages bien construits, dont certains donnent des envies de meurtre. Ceux qui ont lu le livre seront que je parle bien sûr de Miss Hilly, qui est haïssable au possible. Mais il y a des figures pleines de douceurs, de failles, de secrets. De courage aussi. Certaines parties exsudent l'amour, surtout quand Aibileen s'exprime.
Un livre qui marque, profondément, et qui restera longtemps dans un coin de ma tête. Gros coup de cœur donc.

vendredi 22 juillet 2011

Rosa Candida d'Audur Ava Olafsdottir

Il y a très longtemps que je voulais lire ce livre après avoir lu un peu partout des avis enthousiaste et aussi, et surtout, parce que  le titre me plaisait... C'est peut être terriblement stupide à dire, mais j'étais persuadée que ce livre était fait pour moi.

Le héros, un jeune homme de 22 ans, quitte son pays de champs de lave, laisse derrière lui son père vieillissant, son frère jumeau autiste, et le spectre de sa mère morte. Il s'éloigne également de sa fille encore bébé, qu'il a eut d'une aventure très brève (à peine un quart de nuit dit-il je crois) avec Anna, une amie d'un ami. Dans ses bagages, trois boutures de roses.
Il part à l'étranger, dans un monastère pour rénover un jardin qui fut autrefois la plus belle des roseraies.

On s'attache très vite à ce rouquin qui aime les fleurs, à son côté candide, ingénu, à ses questionnements sur la mort, le corps, sur comment se faire aimer d'une femme. Chaque personnage qu'il rencontre semble le mener un peu plus vers la découverte de lui même, et tout particulièrement le frère qui le prend sous son aile, grand amateur de cinéma, qui à chaque question que le jeune homme pose, lui répond en lui montrant des films.
Sa relation toute de tendresse et d'énervement vis à vis de son père, à qui il téléphone plus ou moins souvent, ne peut que faire écho en nous,et que nous faire sourire devant la maladresse de ce vieil homme qui multiplie les attentions maladroites et les tentatives de faire renaître sa femme en cuisinant les plats qu'elle mitonnait jadis.
Et puis il y a la petite Flora Sol, à qui il apprend le latin. Avec qui il vit ses premiers pas. Pour qui il cuisine, qu'il apprivoise tout naturellement.

C'est un livre magnifique ! Un gros gros coup de coeur que j'ai été triste de finir.

(Et juste, pour ceux et celles qui l'ont lu, que pensez vous de l'attitude d'Anna?)

mercredi 20 juillet 2011

Dôme tome 1 et 2 de Stephen King.

J'ai tendance à fortement me méfier des succès commerciaux. A part de rares exceptions, je suis souvent déçue du tapage que l'on fait auteur de tel ou tel livre. La preuve avec les Marc Levy ou consort. (J'aime pas. Mais après je me dis que si ça fait lire des gens qui ne liraient pas autrement, c'est quand même une bonne chose !) Bref. Quand j'ai commencé à voir un peu partout fleurir des articles sur Dôme, ou voir que sur la page Facebook de Vendredi Lecture (d'ailleurs participez, elle est , et c'est une chouette initiative !) beaucoup de gens lisaient Dôme, je me suis quand même dit, bon, là ma cocotte, faudrait peut être revoir un peu ton avis, et marcher sur ton élitisme. (Je monologue souvent, oui !)

Donc, revenons à nos moutons, et à ces deux tomes.
Tout commence dans une petite ville d'Amérique, avec Barbie, un cuisinier, qui justement, est sur le point de s'en aller vers d'autres horizons. On devine plus ou moins que ce pauvre Barbie (non mais quel surnom !), n'a pas eu des moments très roses. Une demoiselle blonde refuse de le prendre en stop, et puis là, boum, la catastrophe a lieu. Le dôme est tombé. Il a coupé des animaux en deux, provoqué des morts, et j'en passe... Et voilà que la ville se retrouve prise au piège dans une forteresse invisible.
Mais à qui est-ce du? Pourquoi?
Commence alors un huit clos palpitant dans lequel deux camps se font face. Le "pouvoir" en place, sous l'égide du second conseiller de la ville, un cinglé du nom de Big Jim Rennie, et la résistance, avec Barbie, Julia une journaliste, et bien d'autres.

J'ai lu cette histoire comme une affamée. Je ne pouvais plus m'arrêter, j'étais prise au piège, et je voulais sans cesse savoir ce qu'il allait arriver aux uns et aux autres. Jusqu'où l'horreur et la folie de Big Jim et ces hommes allait aller, à quel point allaient souffrir certains personnes, et allaient-ils finalement s'en sortir tous autant qu'ils étaient? Si le premier tome est surtout une exposition des faits, et prépare à la suite de l'histoire, le deuxième, qui voit tous les fils tissés ensemble, révéler une trame complète, est complètement scotchant. Ce qu'il y a de bien, c'est que malgré le côté "fantastique" du Dôme, on n'est plutôt dans un récit humain, dans une peinture du bien et du mal, du comportement des gens, de ce que les temps durs font sur des âmes qui d'ordinaire sont inoffensives et paisibles. Au final, on oublie un peu le dôme, malgré son évocation constante et on se concentre sur les personnages. Même l'explication finale est légère, et un peu vague, mais finalement ce n'est pas ça qui est important, c'est tout le reste. La ville et ses habitants.

Un gros coup de coeur donc, pour ces deux romans, qui sont une très bonne surprise !

(Alice a aimé aussi, vous pourrez lire son avis ici.)

mardi 14 juin 2011

Leviathan de Scott Westerfeld

Je n'avais aucune attente en prenant ce livre à la médiathèque, je l'avais juste noté parce qu'il était sur la liste fournie pour le challenge steampunk.

Je suis par ailleurs en train de lire le livre de l'intranquillité de Pessoa, et j'avais besoin de quelque chose à lire en même temps, donc je me suis dit, allons y!

Quelle découverte !

J'ai tout de suite été happée par ce livre. L'action se déroule à l'aube de la première guerre mondiale, mais dans un ailleurs qui n'est pas tout à fait ce que fut notre monde à cet époque là. On est dans le registre de l'uchronie.
On suit deux héros. Tout d'abord, Alek, autrichien, le fils de l'archiduc François Joseph et de Sophie, qui ne peut avoir aucune prétention future en tant qu'héritier puisque son père a fait un mariage qui n'est pas reconnu par ses pairs. Une mésalliance.
Alek se retrouve par une belle nuit arraché de son lit, et commence alors une fuite jusqu'en Suisse, tout en apprenant que ses parents sont morts.
Et l'on suit une jeune anglaise, Deryn, qui se fait passer pour un garçon pour pouvoir courir après son rêve : être dans l'aéronautique.

Plus qu'une opposition entre deux héros, qui a priori n'ont rien à avoir l'un avec l'autre, Leviathan raconte l'opposition entre des pays tournés vers les méchas (Autriche, Allemagne), et d'autres (le Royaume Uni), qui suivent l'enseignement de Darwin, qui a découvert comment "mêler le fil de vie" des espèces, et comment créer des animaux hybrides, servant de vaisseaux, d'armes, de trains... Ainsi, Deryn se retrouve à bord du fameux Leviathan, qui n'est autre qu'une sorte de baleine servant d'aéronef, qui est pourvue d'oxygène par les multiples créatures hybrides qui la constituent et la peuplent.

Comme ça, ça peut paraitre un peu compliqué, mais Scott Westerfeld explique très simplement les choses et nous embarque complètement dans son aventure. J'ai été happée de bout en bout. Je me suis beaucoup attachée à Deryn, qui fait tout pour passer pour un garçon, fait sembler de se raser, jure et parle mal, et à Alek, un peu perdu, qui se voit obligé de sortir brutalement du cocon dans lequel il a grandi, et qui passe d'adolescent très privilégié à fugitif hautement recherché.

Par contre, quand je suis arrivée à la fin, et que j'ai découvert (mais bon là c'est de ma faute hein!) que c'était le premier tome d'une saga, j'étais dégoûtée !!!!! Je vais devoir attendre jusque septembre pour savoir la suite de leurs aventures, ça va être dur dur !

Ah et en plus cherry on the cake, le livre est pourvu de très jolies illustrations. Ce qui ne gâche rien n'est ce pas? :)






Et ce livre participe au défi steampunk:

vendredi 10 juin 2011

Elinor Jones tome 2 le bal

Ô Joie ! Le tome 2 d'Elinor Jones est sorti, et surtout, mon "homme" me l'a offert !

Elinor Jones c'est avant tout le travail commun d'Algésiras , qui en plus d'être une très bonne scénariste est aussi dessinatrice (d'ailleurs elle fait des fan art du trône de fer <3 ), et d'Aurore dont je suis le travail depuis sa bd Pixie.

Elinor Jones, c'est tout ce que j'aime. Alors certes, c'est une bande dessinée qu'on pourrait dire axée "filles", enfin, du moins c'est ce que vous dirons certaines personnes. Néanmoins, on est loin des clichés du genre, dieu merci, et il y a dans ce huis clos qui se passe à l'intérieur d'une maison de couture, une subtilité et une délicatesse incroyable.

Mais qui est Elinor d'ailleurs? Une jeune couturière, qui dans le tome 1, arrive dans la célèbre maison de couture Tiffany. Elinor est discrète, a l'air assez fragile, et surtout semble cacher quelques secrets.
D'ailleurs, il semble au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire que tous les membres de cette fameuse maison cachent quelque chose. Que l'on passe de Bianca Tiffany, qui a l'air d'être un prodige de créativité malgré son jeune âge, à monsieur Chao qui paraît bien énigmatique sans parler de tous les autres...

Les dessins sont superbes, des décors aux personnages, aux costumes (forcément dans une maison de couture, il y a de quoi ravir les yeux !), et je ne me lasse pas de les admirer. Le style d'Aurore est vraiment de ceux que j'aime, toute en finesse, légèreté et détails.

D'ailleurs, je vous engage à aller voir le blog d'Aurore où elle montre un aperçu des planches régulièrement. (et pour les fan art d'Algésiras sur le trône de fer c'est ici.)

vendredi 3 juin 2011

Game of Thrones la série, et intégrale tome 4 du livre.

Jeunes padawans, aujourd'hui, je vais vous parler de deux choses ! Parce que je ne peux pas dissocier la série du livre, je vais donc d'abord vous parler très brièvement de mon avis (ben oui sans faire de spoilers, c'est pas évident... ) sur le tome quatre intégral, puis de ma déception quant à la série. 

 Ce tome quatre est un peu bizarre. Enfin, disons, que l'on comprend tout quand on arrive à la fin, et qu'on lit le petit mot de l'auteur, qui nous explique que ce tome 4 devait être bien bien plus épais, mais que du coup, il serait quand même sorti en deux tomes, ce qui l'a obligé à le couper, et à réserver certains points de vue pour le tome 5. On est donc privés de certains personnages, et comme de par hasard, y'a forcément mes p'tits chouchoux dans l'histoire. Flûte.
Enfin, je vous rassure, ça reste ouah ! Déjà, parce que l'auteur nous entraîne où on ne pensait pas aller. Encore une fois, il a déjoué mes attentes, m'a roulé dans la farine vis à vis de certains personnages qui ne sont pas ce qu'ils paraissent être, et m'a encore laissée sur le séant, pour parler poliment. Les personnages que l'on suit depuis le début deviennent de plus en plus complexes, s'étoffent, leur passé se révèle, les rend plus attachants pour certains, plus détestables pour d'autres...
A chaque fois, je suis subjuguée.


Du coup, là je suis un peu en deuil, parce que le tome 5 n'est même pas encore sorti aux States, puisque l'auteur vient juste de le finir (d'ailleurs il donne des petits surnoms à ces ouvrages, je trouve ça absolument adorable. Le tome cinq s'appelait donc Kong, et "Kong is Dead" veut dire qu'il a fini de l'écrire... J'adore ce genre de petites anecdotes.) Alors certes, me direz vous, je pourrais le lire en anglais. Hé ben non, parce que je n'ai clairement pas le niveau là ! Il faudrait que je m'améliore énormément avant de pouvoir lire ce genre d'ouvrages et vu l'épaisseur, la tache est titanesque. De plus, il faudra attendre que l'intégrale tome 5 paraisse puisque les intégrales paraissent après les poches... Hé ben j'ai envie de dire, on est pas dans la merde mes amis ! (non parce que pour le maniaque des livres qui partage ma vie, une saga s'achète intégralement dans la même édition ! Sinon c'est pas joli dans la bibliothèque... Hé oui !)

Passons donc à la série.

Et là je vais commencer en disant : ô rage, ô désespoir...

Je suis très très embêtée avec cette série. Je vais commencer par les bonnes choses pour finir par les mauvaises.

Daenerys. J'aime vraiment ce qu'ils ont fait d'elle. Casting parfait, elle fait jeune, frêle, mais en même temps elle évolue comme elle doit le faire. Impeccable.


 Jaime Lanister, le régicide. Bon moi, j'aime de plus en plus ce personnage, et là également le casting est très bon. L'acteur est charismatique, un brin provocateur, tout ce qu'il faut quoi ! (par contre faut qu'on m'explique où est son armure d'or? Mince quoi !)


Le face à face entre les deux frères, le Limier et la Montagne, est très bien fait. La haine est palpable, et les deux personnages très bien interprétés.

Certains lieux, et surtout le Mur, sont très bien imaginés et retranscrits. J'aime beaucoup le lieu de culte que l'on aperçoit dans l'épisode 7. Très mystérieux, poétique et impressionnant à la fois. Toute la scène qui s'y déroule m'a beaucoup plu.

Alors oui, dans l'ensemble la série est plutôt fidèle aux livres, et il y a un réel travail de casting, de décor, d'effets spéciaux,  derrière tout ça. Parfois, on est vraiment au summum de ce que doit être une adaptation. Mais parfois seulement parce qu'il y a quand même des petites choses qui ne vont pas du tout !

 Passons donc à ce qui ne va pas !

  Les scènes inventées sont parfois d'un ridicule incroyable ! Entre la scène au bordel avec Littlefinger, qui est vulgaire et inepte, les liens entre Cersei et Robert sont parfois décrits à l'inverse de ce qu'ils sont dans le livre et ça ça me dérange profondément, sans parler de certains spoilers de faits qui apparaissent très très tardivement dans les livres (je parle notament des relations Renly- Le chevalier aux fleurs, qui sont très très finement suggérées dans le livre, et jamais mise en avant de la sorte, et aussi tôt... ) 
D'autre scènes inventées ne servent à rien, celle avec Theon Greyjoy et de la sauvageonne par exemple.
J'ai eu parfois envie d'éteindre la télé, (magie du wifi, je regarde mes épisodes sur le grand écran :p), et de retourner à mon livre, tranquillement.
En bref, j'ai un sentiment de demi teinte et d'un peu d'amertume vis à vis de tout ça. On aurait pu faire une série grandiose des livres et on y est presque. Mais presque seulement. Dommage, avec un casting parfait à quelques exceptions près, (Joffrey,  Ned [J'en arrive à trouver Sean Bean un peu mou du bulbe là !], Lysa la soeur de Catelyn)
Voilà, je pense que si vous n'avez pas lu les livres, c'est une série à voir à tout prix, mais par contre si vous êtes comme moi un peu difficile quant aux adaptations, il faut la voir avec énormément de recul. Et ce n'est pas évident !

dimanche 29 mai 2011

The Chaser

 
Je n'ai pas trop l'habitude de vous parler de films ici, plutôt de séries, ou dans le cadre de challenges, mais j'ai été terriblement bluffée et remuée par celui ci.
Je ne sais pas si vous êtes adepte du cinéma sud coréen, mais moi oui. Pour deux raisons. Déjà parce que mon cher et tendre m'a fait découvrir des choses du genre la trilogie de la vengeance de Park Chan Wook, et que l'une de mes amies (oui vous savez celles qui se comptent sur le doigt d'une main, les vraies, les seules !) m'a imposé sous la torture (on y croit hein?) quelques dramas sud coréens et quelques films, aussi. Bref, moi la Corée du Sud, j'adhère et j'ai bien envie d'aller visiter ce pays, un jour.

Bref. Trève de blabla , passons au film qui nous intéresse. The Chaser (qui est d'ailleurs remaké avec Leonardo Di Caprio en rôle principal...) du réalisateur Na Hong-jin, est un film qui ne vous laisse pas indifférent.

L'histoire est à priori plutôt simple. Le héros, un ancien flic, qui est devenu proxénète, est au début du film, assez agacé par la disparition de plusieurs de ses "filles", qu'il soupçonne d'être parties avec de l'argent qui lui appartient. Alors qu'il envoie une autre de ses "filles" auprès d'un client assez difficile, il se rend compte que le numéro du client apparaît régulièrement dans ses comptes et qu'avant leur disparition, chacune des filles en question a été envoyée auprès de ce client. Il appelle donc la prostituée qu'il a envoyée là bas, et lui demande de l'informer par message de l'adresse du fameux client, qu'il soupçonne de "revendre ses filles".

Voilà pour le pitch de départ.

Néanmoins, les choses ne sont pas si simples. Et ce qui fait de ce film un film brillant c'est que le réalisateur déjoue toutes nos attentes. Qu'on ne peut s'empêcher de faire des théories qui sont toutes réduites, une  à une à néant. On finit par s'identifier à cet ancien flic désabusé qui se lance dans une quête quasiment perdue d'avance. Qui s'humanise petit à petit, qui donne tout ce qu'il a, toutes ses tripes pour aller jusqu'au bout.

Certaines scènes sont quasiment insoutenables, non pas qu'elles soient particulièrement gores, mais par la tension qui transpire dans chaque plan. On retient son souffle, on sanglote presque, et on reste sans voix.
Les interprètes sont magistraux, de l'ancien flic en passant par le fameux client, ou par la gamine de la prostituée, qui a une bouille d'ange et qui est bluffante.

C'est un film profondément noir, un policier sombre sans happy end, bien loin des clichés des thrillers policiers américains. C'est là que le cinéma coréen montre souvent son originalité. Par sa capacité à étonner le spectateur, à l'amener dans des sentiers qu'il ne croyait pas emprunter, à le surprendre, à lui faire peur, à le captiver. Pas de fausse retenue, pas de violence gratuite et inutile. C'est un film violent parce que les faits qu'il évoque sont horribles (apparemment inspirés d'une histoire vraie), mais on est jamais dans le sanguinolent gratuit.

C'est aussi un film sur l'humanité. Sur l'incompréhension, la perte de repère, le désespoir, et sur ce qui nous pousse tout de même, parfois, à aller jusqu'au bout.

Une très très belle découverte, et encore un film que je n'aurais pas vu sans mon cher et tendre, que je remercie, une fois de plus.

(et après ça je vais me faire un petit disney je crois, parce là j'ai besoin d'un peu d'innocence et de féérie !)

Ah et le trailer. J'en profite pour vous signifier quand même que le film a été ovationné pendant une dizaine de minutes à Cannes où il a été présenté en 2008. (bon certes ce genre de détail ne m'influence jamais, mais c'est une petite anecdote sympatique.)

mercredi 6 janvier 2010

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (9 sur 207)



Il y a bien longtemps que je n'avais pas été touchée de cette manière par un livre. En fait la dernière lecture qui m'a prise comme ça au dépourvu fut le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Ils ont tout les deux été achetés dans une librairie de gare, avant de prendre un train. Les relais des gares ont cette magie de n'avoir que quelques titres en rayon et de me faire choisir des livres que j'aurais dédaigné à la fnac ou à virgin, et je ne parle même pas d'ombre blanches, librairie monstrueuse et labyrinthique de Toulouse.
L'ombre du vent est comme le cercle littéraire, un roman pour les gens qui aiment lire. Un roman qui parle de lecteurs, de librairie, et de passion littéraire. Pour une personne qui comme moi, se sert toujours des livres comme un anti dépresseur et un échappatoire à ce monde désabusé, ça commence très bien.

Le roman débute par la visite, une nuit, par un jeune garçon et son père (libraire, off course), d'un cimetière très particulier. Un cimetière de livre oubliés, perdus, à l'abri des vicissitudes de ce siècle, qui en Espagne (c'est à Barcelone que l'histoire se passe) déchirent un peuple. Il va mettre la main sur l'ombre du vent, livre d'un inconnu qui va bientôt passionner le jeune Daniel et mettre dans sa vie un bordel monstre. C'est avec Daniel, qui grandit au fil du roman, que nous vivons les errements de son enquête sur l'auteur, et que peu à peu nous apprenons la vérité sur l'auteur qui semble être maudit, comme tout ce qu'il touche.
L'ombre du vent n'est pas un grand roman littéraire aux figures ciselées, c'est un roman que l'on pourrait qualifier de populaire en celà qu'il est accessible, ne se prend pas la tête et n'a pas de but transcendantal. Justement, ce genre de roman fait parfois un bien fou. On ne ressort de toute manière pas indemne de la lecture de ce livre qui vous scotche dès les premières lignes.

Et n'est ce pas ce que l'on demande avant tout à un roman? Un soupçon d'aventure, d'épique, et de romanesque !