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samedi 13 août 2011

Les plumes de l'été 6


Pour la sixième fois, je participe aux plumes de l'été de notre Asphodèle , toujours avec le voisin et la voisine, mais je crains qu'encore, l'action n'avance guère... J'aime à prendre mon temps...
Les mots à placer étaient les suivants :
FANTASQUE  – FARIBOLES – FARANDOLE – FEU – FAUVE – FRIMAS – FOND – FOLIE – FIRMAMENT – FOULE – FAON – FASCINATION -FRICANDELLE* – FIÈVRE – FRÉNÉSIE -FAKIR.


Avec fascination, elle le contemplait le verre à la main, dressant leurs assiettes comme s'il s'agissait là de ce métier.  Mais au fond, que savait-elle de ce fantasque voisin? Allait-elle finir découpée en petits morceaux, parce qu'elle avait été assez crédule pour lui accorder un semblant de confiance? Elle n'était pourtant pas habituée à ce genre de folie. S'il avait fallut qualifier son comportement vis à vis des autres, on aurait pu utiliser des mots tels que raisonnable, voire même par trop prudente. Était-ce dû à son enfance?


Elle était née de père inconnu, et de mère ayant le virus du voyage et de la recherche, et exerçant le métier d’ethnologue. Aussi, avait-elle fait ses premiers pas à Bali, puis parcouru les quatre coins du globe, rencontrant fakirs et farfelus de tout genre, passant de la foule des grandes villes aux petits comités des villages oubliés, affrontant frimas et chaleurs étouffantes, admirant pingouins et fauves. Elle avait au départ été prise de la même frénésie que sa mère, et puis, petit à petit la fièvre de la découverte l'avait quittée, et elle avait aspiré à un repos entier, voulant se fixer quelque part au coin du feu, pouvoir dormir dans le même lit jour après jour, et contempler le firmament du même endroit, en toute sécurité. Elle s'était sentie la fragilité d'un petit faon, et rester auprès de cette mère si propices aux fariboles lui était difficile.


Elle avait tout d'abord pensé à habiter le nord de la France, ce pays gris, aux gens si chaleureux, à la nourriture si particulière, du lapin à la bière à la fricandelle en passant par quelques bêtises de Cambrai. Mais la froideur du climat avait eut raison de son enthousiasme. Après une farandole de visites, elle avait trouvé une campagne, ni trop froide, ni trop chaude, calme, pleine d'une quiétude de cathédrale, apaisante comme une pommade, et surtout, remplie de voisins discrets mais aimables, et d'une vieillesse toute sage.


Le repas était prêt, et ils s'attablèrent en silence. Regardant les prunelles mystiques de cet homme, dont l'éclat lui rappelait un certain poème de Baudelaire, elle se sentit perdue.
Tentant de se raccrocher au fil de sa raison, elle attaqua d'un coup de fourchette rageur son entrée.


(pour les retardataires les plumes de l'été version 1,3,4 et 5, qui parlent déjà de nos deux compères... [le 2 étant une incursion dans le Titanic] )

samedi 6 août 2011

Les plumes de l'été 5




Cette semaine, nous travaillons toujours sous la houlette d'Asphodèle, avec nos mots en "e", voici la liste :  élixir – estival – évanescent(e) – émeraude – évanoui(e) – étincelle -élégie – écrevisse – éléphant – excédé(e) – éventail – étreinte – eucalyptus. J'ai eu du mal avec quelques uns d'entre eux, mais ils y sont ! Et évidemment, je reprends notre héroïne où je l'avais laissée. (les choses n'avancent guère, mais elle comme moi, aimons prendre notre temps.)

Elle s’était laissée traîner chez son voisin, et avait admiré avec forces cris de ravissement, les travaux qu’il avait effectués dans la vieille bâtisse. Elle avait connu l’ancienne propriétaire, une charmante grand-mère toujours affublée d’un long châle d’indienne et secouant d’une main chargée de bagues, un éventail dentelé et brodé de motifs affadis par le temps. Autrefois, la maison était un curieux bric à brac fait de collections diverses, des éléphants en porcelaine, aux petits objets en cristal, en passant par les œufs de Fabergé. Mais la vieille dame avait finalement eu son étreinte avec la mort, et son remplaçant n’avait pas l’air moins loufoque qu’elle.
-          Tu aimes les écrevisses ? Lui demanda-t-il alors qu’elle admirait une reproduction de « L’élégie » de William Bouguereau.
-          Ce n’est pas ce qu’on peut appeler un plat ordinaire, aussi je n’en sais strictement rien. Un peu gênée finalement de se retrouver chez un presque inconnu, elle se leva. Je pense que je ferais mieux de rentrer.
Excédé, il quitta la cuisine et la fit s’asseoir, avant de lui verser un verre d’un mystérieux élixir dont la couleur faisait pensait à un vin blanc moelleux.
-Bois ça, et tais-toi. Je ne suis pas un satyre, je ne compte pas te droguer pour abuser de toi. Mes victimes sont toujours consentantes.
Alors qu’il se penchait pour lui donner son verre, elle remarqua pour la première fois que son odeur était un savant mélange d’eucalyptus et de senteur de bois après un orage. Elle lui lança un regard presque surpris, et il fut frappé de la teinte émeraude que ses yeux prenaient.
Retournant dans sa cuisine pour échapper à une envie presque barbare qui le prenait comme par enchantement, il se demanda quelle mouche pouvait bien le piquer. D’ordinaire, les femmes qui l’attiraient étaient évanescentes, de tendres évanouies qu’on aime à sauver et qui à une certaine époque ne se seraient pas déplacées sans un flacon de sels.
Mais entre eux deux, il y avait comme une étincelle, quelque chose d’indéfinissable qui tendait l’air et le laissait presque exsangue, à se demander si ce n’était pas la chaleur estivale qui y était pour quelque chose ! Néanmoins, il aimait parfois s’abandonner à ses envies, et puisqu’elle avait l’air de vouloir le fuir, le challenge était à sa hauteur. Il aurait dû savoir que les chasseurs sont parfois ceux qui finissent pris au piège…

Le tableau cité existe bien et le voici :  



samedi 30 juillet 2011

Les plumes de l'été 4

Cette semaine, et pour la quatrième fois, je participe au jeu de notre Asphodèle. Les mots à utiliser étaient les suivants :

DALLE – DIVIN – DÉCLIN – DIAMANT – DÉSIR – DÉLIQUESCENCE - DANSE – DÉMON – DÉSAMOUR – DÉSESPOIR – DAUBE – DEVORER – DIPLOMATIQUE – DRUIDE et DIATRIBE

J'ai repris mon personnage des fois précédentes, et vous offre la suite de ses aventures avec son charmant voisin...



Pelotonnée sur le canapé, elle regardait la pluie tomber tout en écoutant d’une oreille distraite un reportage sur les druides et les légendes qui en découlaient. Elle vivait bien le déclin de l’été qui après avoir enchanté les premiers jours du mois de juillet était visiblement parti pour quelque temps en vadrouille. Mais elle aimait le mauvais temps, qui lui permettait de s’adonner à des activités que le soleil rendait coupable. Elle se mitonnait de divins petits plats bien chauds, s’adonnant avec plaisir au démon de la gourmandise, passant des heures derrière son fourneau à préparer daubes, gratins, gâteaux, des armées de plats qui auraient nourri le désespoir lui-même, et qu’elle offrait à des victimes consentantes, de ses parents en passant par ses amies, et son voisin.
Éteignant la télé, elle décida de s’offrir une marche sous la pluie, de savourer l’orage qui grondait telle une diatribe d’une mère nature survoltée, et elle revêtit une lourde et éclatante pèlerine cirée qui sous l’éclat de la lampe allumée brillait comme un diamant taillé.
Après avoir fait rentrer ses chats, qui peu fous, savaient eux le danger d’avoir le poil mouillé, elle se permit une petite danse impromptue dans la pelouse, gouttant la fraîcheur des gouttes qui l’atteignaient en une salve ininterrompue.
S’arrêtant pour ne pas risquer d’avoir le tournis et de finir les fesses dans l’herbe, elle risqua un coup d’œil vers la maison voisine. Dieu merci, son voisin, aux yeux qui avaient l’air de vous dévorer toute entière, n’était pas là. En voilà un qui l’avait fait rompre, dans la minute où elle l’avait vu, avec son désamour des hommes.  Néanmoins, malgré leurs échanges intéressants, et sans fausses attitudes diplomatiques de personnes amenées à se côtoyer régulièrement, elle était un peu échaudée. Était-ce une bonne chose de ressentir du désir intellectuel et physique pour cet homme ? Devait-elle vraiment s’abandonner à la déliquescence qui prenait ses sens tout entier quand elle se trouvait en sa présence ?
Elle réfléchissait à cette idée en remontant la petite rue qui menait à la forêt quand elle se heurta à quelqu’un.
  " Justement, je venais te voir." Fit l’objet de tes pensées. Il lui prit le bras, et la tira fermement en direction de chez lui.
        "  J’ai la dalle, reprit-il. Et je compte bien te faire à manger. Ça t’évitera d’aller chercher la foudre dans les sous bois. Je n’ai pas envie qu’un grognon ou une mégère remplace ma charmante voisine qui aura trouvé la mort par excès d’insouciance. Je tiens à ma vue."
      Se laissant entraîner, et appréciant la douleur qui habitait son bras et qui était synonyme d’une gentillesse déguisée et peut être de plus, elle eut un petit sourire.
Les journées de pluie offraient toujours quelque chose.


samedi 23 juillet 2011

Les plumes de l'été 3


Comme tous les samedis, je participe à l'atelier de l'été organisé par notre chère Asphodèle. Cette semaine, il faut placer ces mots en c : 

 
carotte – cercle -Chili ou chili* – castor -cage – camomille – caravane – casserole -chronique – carnaval -charivari – caravelle – chavirer – chocolat.


Elle découpait les carottes avec rage, en écoutant à la radio les chroniques littéraires d’un homme à la voix si suave qu’elle retenait rarement les titres des livres évoqués. Sa façon de prononcer avec détachement certains mots lui faisait chavirer le cœur. Elle mit à mijoter les tomates concassées, avec un peu d’épices mexicaines et de viande hachée. Elle se demanda un instant si l’ajout de carottes allait être concluant, mais les mit tout de même dans la casserole. Elle suivait depuis des années la même recette de chili, et avait un peu peur que cette fantaisie risque de compromettre son dîner. Etait-ce vraiment une bonne idée d’avoir invité le nouveau voisin ? Sans doute que non. Mais elle l’avait trouvé tellement déprimé quand elle l’avait croisé au supermarché la dernière fois, qu’elle avait flanché. Le toit de sa maison avait été dévasté par un violent orage et il vivait depuis dans une caravane. Il avait comparé sa vie du moment à l’existence d’un castor capturé qui était passé d’une forêt à une cage trop étroite.  Se servant une tasse de tisane à la camomille, elle fut dérangé par le charivari de ses deux chats qui se battaient. Pas moyen d’être tranquille. Elle soupira et essuya ses mains sur son tablier en liberty, s’arma du balais et à l’aide de coups légers mais concluants mis fin à la bataille infernale. Sa pâte sablée devait être prête. Elle la découpa en cercles qu’elle garnit de bananes et de chocolat.
Le temps passait vite, et il était l’heure de se préparer. Tentant de se maquiller sans avoir l’air de se préparer pour un carnaval, elle eut envie de s’enfuir en courant. Elle se faisait l’effet de Christophe Colomb devant monter sur une caravelle, et n’en ayant plus vraiment envie.
On sonna à la porte. Quand elle ouvrit, elle sentit sa peur s’évanouir en fumée en voyant le sourire de son voisin, aussi large que possible, derrière son bouquet de fleurs. Après tout, découvrir l’Amérique, ce n’était pas très compliqué !

samedi 16 juillet 2011

Les plumes de l'été 2

Cette semaine, chez Asphodèle, ça ne rigole pas ! Les mots en B qu'elle nous a récoltés n'étaient pas évidents à placer, et avec la tête ailleurs, j'ai eu un peu de mal à me plier à l'exercice !
Voila la petite liste :
bouquin – bien – bout – beauté – bastingage – bambochade – bravache – barbare – banc – bambou – balivernes – byzantin – borderline – bébé – blanc(s) ou blanches (s) – bain.



Sur le bout du ponton, les cheveux agités par un vent marin, chargé d’embruns, elle était appuyée nonchalamment sur le bastingage,  tenant à la main un bouquin défraichi à force d’avoir été trop lu. Elle était indifférente à l’agitation qui avait lieu sur le bateau, matelots courant de droite à gauche, passagers effrayés, le tout frisant la banbochade, tout ça parce qu’un iceberg avait été signalé. Le comportement borderline des gens la laissait perplexe la plupart du temps. Ils s’agitaient pour des balivernes, se rongeaient les sangs pour des choses qui au final se passaient bien la plupart du temps.
Petite, elle avait déjà été un bébé tout à fait calme, sous des dehors un peu bravaches, et elle était bien loin des autres barbares qui sévissaient déjà dans les parcs. Elle n’aimait rien d’autre que de rester tranquille sur un banc, à prendre un bain de soleil en s’imaginant des histoires fantasques.  A l’ombre des bambous dans le jardin de ses parents, sous la tonnelle de roses de ses grands-parents, toujours dans des endroits ombragés, calme et fleurs. Elle aimait tout particulièrement s’allonger auprès de grand lys blancs, dont l’odeur la mettait en transe.  Alors, elle partait très loin, dans un eden byzantin, là où tout lui semblait possible. Loin de son quotidien , de ses tracas, des soucis du quotidien. L’évasion comme moyen de survivre.
Alors, quand l’iceberg heurta finalement le bateau, elle s’imagina exploratrice au pôle nord. Malgré son fantasme, elle ne passa guère à la postérité, et périt avec des centaines d’autres. On ne retint d’elle que sa beauté, éphémère et triste, comme les lys qu’elle aimait.

samedi 9 juillet 2011

Des mots pour l'été 1

Sur une idée d'Asphodèle, un atelier d'écriture a vu le jour pour l'été.

Pour cette première version, nous devions caser ces mots dans un texte : allergie – astre – affriolant – arbre – anagramme – accident – artifice – abricot – abandon.

  J'en ai tiré ce petit texte sans prétention, qui ma foi, m'a bien amusée ! Ca ferait une très chouette introduction à un roman de gare je trouve :D 

"Allongée sous un arbre ployant sous le poids de gros abricots , elle lisait en cueillant de temps en temps un fruit bien mûr, qu’elle mordait à pleines dents, inconsciente du fait qu’elle tachait sa robe affriolante, achetée quelques jours plus tôt. De toute façon, elle n’avait personne à charmer.  Pourtant, elle se pliait toujours aux artifices de la féminité, façonnait son image pour pouvoir se regarder dans le miroir. Elle rêvait d’être une héroïne de roman, de céder avec abandon aux affres de la passion dans les bras d’un bellâtre qu’elle aurait sans doute rencontré par accident, en lui rentrant dedans en voiture par exemple. Il la considérerait comme une déesse, l’appellerait son astre, vénérerait le sol qu’elle foulait, et l’emmènerait dans les plus beaux endroits du monde.
Elle eut un sourire amer en reposant son livre. Il fallait qu’elle arrête de rêver un peu, et surtout de lire trop de romans d’amour. La réalité était, là, son dernier flirt en date était un mordu d’anagrammes, souffrait d’une dizaine d’allergies, et était tout sauf séduisant. Sans compter qu’il vivait encore chez ses parents.
« Excusez-moi, fit une voix virile de l’autre côté du grillage, vous n’échangeriez pas quelques abricots contre une invitation à l’apéritif ? »
Elle se redressa légèrement  et jaugea, derrière ses lunettes de soleil, l’homme qui venait de lui parler. Son nouveau voisin était prometteur. Elle rajusta un peu sa robe, et se prépara à lui répondre d’une voix qu’elle espérait enchanteresse."