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mardi 5 avril 2011
Roméo et Juliette de William Shakespeare.
Je ne sais pas trop vraiment par où commencer pour vous parler de Roméo et Juliette. Tout le monde connaît leur histoire. Une histoire d'amour mythique.
Oui mais voilà, malgré la beauté des mots de Shakespeare, l'envolée lyrique des sentiments, l'humour tout de même présent, il y a quand même des choses qui m'ont dérangé.
- L'inconstance de Roméo. Il passe en une seconde d'un amour éperdu pour Rosaline à un amour pour Juliette. Non mais franchement?! Après on viendra dire que les femmes sont inconstantes, mais là quand même... Je trouve que ça n'ajoute rien à l'histoire et ça enlève un peu de romantisme quand même ! Il passe de tirades pour vanter la beauté de l'une à des tirades pour l'autre...
- La rapidité des choses. Ah on peut dire qu'ils ne chôment pas à Vérone. Emballé c'est pesé, hop, coup de foudre mariage et zou.
-Le manque de caractère des personnages principaux. J'ai eu envie de leur mettre deux claques et de les secouer. Qu'ils se rebellent que diable ! Juliette n'avait qu'à s'enfuir à Mantoue avec Roméo et on n'en parle plus ! (bon ça n'aurait pas été aussi tragique d'accord...)
Oui MAIS !
Parce qu'il y a un mais. J'ai quand même aimé. Parce que Shakespeare est un magicien. Que certaines de ses répliques m'ont fait monter les larmes aux yeux, et que je n'ai pas arrêté ma lecture avant le mot fin, malgré mon agacement. Juste pour la beauté de la forme. Ce qui n'est pas si mal...
(et puis les envolées de Mercutio, c'est quelque chose !)
Quelques extraits :
"MERCUTIO. - Oh ! je vois bien, la reine Mab vous a fait visite. Elle est la fée accoucheuse et elle arrive, pas plus grande qu'une agate à l'index d'un alderman, traînée par un attelage de petits atomes à travers les nez des hommes qui gisent endormis. Les rayons des roues de son char sont faits de longues pattes de faucheux ; la capote, d'ailes de sauterelles; les rênes, de la plus fine toile d'araignée ; les harnais, d'humides rayons de lune. Son fouet, fait d'un os de griffon, a pour corde un fil de la Vierge. Son cocher est un petit cousin en livrée grise, moins gros de moitié qu'une petite bête ronde tirée avec une épingle du doigt paresseux d'une servante. Son chariot est une noisette, vide, taillée par le menuisier écureuil ou par le vieux ciron, carrossier immémorial des fées. C'est dans cet apparat qu'elle galope de nuit en nuit à travers les cerveaux des amants qui alors rêvent d'amour sur les genoux des courtisans qui rêvent aussitôt de courtoisies, sur les doigts des gens de loi qui aussitôt rêvent d'honoraires, sur les lèvres des dames qui rêvent de baisers aussitôt ! Ces lèvres, Mab les crible souvent d'ampoules, irritée de ce que leur haleine est gâtée par quelque pommade. Tantôt elle galope sur le nez d'un solliciteur, et vite il rêve qu'il flaire une place ; tantôt elle vient avec la queue d'un cochon de la dîme chatouiller la narine d'un curé endormi, et vite il rêve d'un autre bénéfice ; tantôt elle passe sur le cou d'un soldat, et alors il rêve de gorges ennemies coupées, de brèches, d'embuscades, de lames espagnoles, de rasades profondes de cinq brasses, et puis de tambours battant à son oreille ; sur quoi il tressaille, s'éveille, et, ainsi alarmé, jure une prière ou deux, et se rendort. C'est cette même Mab qui, la nuit, tresse la crinière des chevaux et dans les poils emmêlés durcit ces nœuds magiques qu'on ne peut débrouiller sans encourir malheur. C'est la stryge qui, quand les filles sont couchées sur le dos, les étreint et les habitue à porter leur charge pour en faire des femmes à solide carrure. C'est elle ..."
" ROMÉO. - L'amour, qui le premier m'a suggéré d'y venir : il m'a prêté son esprit et je lui ai prêté mes yeux. Je ne suis pas un pilote ; mais, quand tu serais à la même distance que la vaste plage baignée par la mer la plus lointaine, je risquerais la traversée pour une denrée pareille."
"JULIETTE. - Oh ! renonce, mon cœur ; pauvre failli, fais banqueroute à cette vie ! En prison, mes yeux ! Fermez-vous à la libre lumière ! Terre vile, retourne à la terre, cesse de te mouvoir, et, Roméo et toi, affaissez-vous dans le même tombeau."
Edit : Ce billet participe au challenge Shakespeare et au challenge amoureux ( pour l'histoire d'amour mythique) (les liens sont à droite dans la catégorie j'y participe)
Libellés :
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Challenge Shakespeare,
Théâtre
samedi 12 février 2011
La tragédie d'Othello, le Maure de Venise, de William Shakespeare.
Je n'avais pas encore eu l'occasion jusqu'à présent de me pencher sur ce classique. Mais comme je me suis inscrite au challenge Shakespeare, j'ai une motivation de plus pour lire le théâtre de ce fabuleux auteur.
L'histoire? L'action commence à Venise où Othello vient d'épouser la belle Desdémone, contre l'avis du père de celle-ci. Après cette révélation, ils partent séparement à Chypre, où Othello est nommé.
Une histoire qui semble commencer bien non? Un valeureux guerrier, qui s'il est "maure", a trouvé femme assez intelligente pour faire fi du racisme, (à l'époque cela me semble notable non?), et qui est reconnu par sa hiérarchie.
Oui mais voilà, il y a quelque chose de pourri dans l'histoire. Enfin, quelqu'un. Iago, qui a pris en grippe le Maure parce qu'il ne l'a pas nommé à un poste qu'il jugeait mériter.
Alors, commence l'implacable machination tissée par le retords Iago. Et personne ne pourra l'arrêter...
Encore une fois, je suis restée scotchée par le talent de caractérisation de personnages de Shakespeare. Desdémone est angélique et loyale, Othello doute profondément de lui même et est d'une naïveté sans bornes, et Iago, est d'un machiavélisme hors du commun.
On sent dès les premières lignes que la tragédie aura lieu. Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de frémir, d'espérer une issue autre, et de plaindre les victimes de Iago. Othello est si humain qu'on pourrait avoir l'impression qu'il a vraiment existé, qu'il a vraiment souffert tous les tourments de la jalousie et de la trahison.
Je me suis fait la réflexion en fermant le livre qu'il faudrait que j'ai le courage de lire Shakespeare dans le texte, en anglais, pour apprécier pleinement ses œuvres.
Et quelques extraits, parce que ça vaut vraiment le coup :
"Pour peu qu’on se tienne sur la plage écumante, les flots irrités semblent lapider les nuages ; la lame, secouant au vent sa haute et monstrueuse crinière, semble lancer l’eau sur l’ourse flamboyante et inonder les satellites du pôle immuable."
Othello : -"Ah ! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier, quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur, je te chasserai dans un sifflement et je t’abandonnerai au vent pour chercher ta proie au hasard !… Peut-être, parce que je suis noir, et que je n’ai pas dans la conversation les formes souples des intrigants, ou bien parce que j’incline vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consolation qui me reste, c’est de la mépriser. ô malédiction du mariage, que nous puissions appeler nôtres ces délicates créatures et non pas leurs appétits ! J’aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d’un cachot que de laisser un coin dans l’être que j’aime à l’usage d’autrui ! Voilà pourtant le fléau des grands ; ils sont moins privilégiés que les petits. C’est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie…"
-" Le ciel aurait Voulu m’éprouver par des revers, il aurait fait pleuvoir toutes sortes de maux et d’humiliations sur ma tête nue, il m’aurait plongé dans la misère jusqu’aux lèvres, il m’aurait voué à la captivité, moi et mes espoirs suprêmes ; eh bien ! j’aurais trouvé quelque part dans mon âme une goutte de résignation. Mais, hélas ! faire de moi le chiffre fixe que l’heure du mépris désigne de son aiguille lentement mobile ! Pourtant j’aurais pu supporter cela encore, bien, très bien ! Mais le lieu choisi dont j’avais fait le grenier de mon cœur, et d’où je dois tirer la vie, sous peine de la perdre ! mais la fontaine d’où ma source doit couler pour ne pas se tarir ! en être dépossédé, ou ne pouvoir la garder que comme une citerne où des crapauds hideux s’accouplent et pullulent !… Oh ! change de couleur à cette idée, Patience, jeune chérubin aux lèvres roses, et prends un visage sinistre comme l’enfer !"
L'histoire? L'action commence à Venise où Othello vient d'épouser la belle Desdémone, contre l'avis du père de celle-ci. Après cette révélation, ils partent séparement à Chypre, où Othello est nommé.
Une histoire qui semble commencer bien non? Un valeureux guerrier, qui s'il est "maure", a trouvé femme assez intelligente pour faire fi du racisme, (à l'époque cela me semble notable non?), et qui est reconnu par sa hiérarchie.
Oui mais voilà, il y a quelque chose de pourri dans l'histoire. Enfin, quelqu'un. Iago, qui a pris en grippe le Maure parce qu'il ne l'a pas nommé à un poste qu'il jugeait mériter.
Alors, commence l'implacable machination tissée par le retords Iago. Et personne ne pourra l'arrêter...
Encore une fois, je suis restée scotchée par le talent de caractérisation de personnages de Shakespeare. Desdémone est angélique et loyale, Othello doute profondément de lui même et est d'une naïveté sans bornes, et Iago, est d'un machiavélisme hors du commun.
On sent dès les premières lignes que la tragédie aura lieu. Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de frémir, d'espérer une issue autre, et de plaindre les victimes de Iago. Othello est si humain qu'on pourrait avoir l'impression qu'il a vraiment existé, qu'il a vraiment souffert tous les tourments de la jalousie et de la trahison.
Je me suis fait la réflexion en fermant le livre qu'il faudrait que j'ai le courage de lire Shakespeare dans le texte, en anglais, pour apprécier pleinement ses œuvres.
Et quelques extraits, parce que ça vaut vraiment le coup :
"Pour peu qu’on se tienne sur la plage écumante, les flots irrités semblent lapider les nuages ; la lame, secouant au vent sa haute et monstrueuse crinière, semble lancer l’eau sur l’ourse flamboyante et inonder les satellites du pôle immuable."
Othello : -"Ah ! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier, quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur, je te chasserai dans un sifflement et je t’abandonnerai au vent pour chercher ta proie au hasard !… Peut-être, parce que je suis noir, et que je n’ai pas dans la conversation les formes souples des intrigants, ou bien parce que j’incline vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consolation qui me reste, c’est de la mépriser. ô malédiction du mariage, que nous puissions appeler nôtres ces délicates créatures et non pas leurs appétits ! J’aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d’un cachot que de laisser un coin dans l’être que j’aime à l’usage d’autrui ! Voilà pourtant le fléau des grands ; ils sont moins privilégiés que les petits. C’est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie…"
-" Le ciel aurait Voulu m’éprouver par des revers, il aurait fait pleuvoir toutes sortes de maux et d’humiliations sur ma tête nue, il m’aurait plongé dans la misère jusqu’aux lèvres, il m’aurait voué à la captivité, moi et mes espoirs suprêmes ; eh bien ! j’aurais trouvé quelque part dans mon âme une goutte de résignation. Mais, hélas ! faire de moi le chiffre fixe que l’heure du mépris désigne de son aiguille lentement mobile ! Pourtant j’aurais pu supporter cela encore, bien, très bien ! Mais le lieu choisi dont j’avais fait le grenier de mon cœur, et d’où je dois tirer la vie, sous peine de la perdre ! mais la fontaine d’où ma source doit couler pour ne pas se tarir ! en être dépossédé, ou ne pouvoir la garder que comme une citerne où des crapauds hideux s’accouplent et pullulent !… Oh ! change de couleur à cette idée, Patience, jeune chérubin aux lèvres roses, et prends un visage sinistre comme l’enfer !"
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