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lundi 19 décembre 2011

Guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke

Sam Pulsifer, sort de prison après avoir purgé sa peine pour avoir brûlé la maison d'Emily Dickinson, (et accessoirement, les deux guides qui y dormaient...). De cet "accident", il n'est ni fier, ni honteux, et tente de revenir à une vie normale en revenant chez sa mère, professeur de lettres, et son père, qui travaille chez un éditeur. Des lettrés donc. Sont-ce les histoires horribles que lui contaient sa mère qui l'ont poussé à ce crime? Toujours est-il que notre Sam, arrive à reprendre une vie normale, se marie, a des enfants, et une carrière correcte. Jusqu'au jour où l'enfant du couple qu'il a tué par accident, vient sonner à sa porte.
C'est le début des ennuis.

Il est difficile de vous parler de ce roman absurde, drôle et tendre, farfelu jusqu'à l'extrême, qui va de digressions en digressions, sans que nous soyons perdus pour autant. La richesse de ce roman, outre son héros étrange au possible, détaché et peut être un peu simplet, voire naïf, ou inapte au monde, c'est sa galerie de personnages, et ses évocations littéraires. Parce que le père de Sam a gardé les lettres que son fils a reçu quand il était en prison, des lettres de demandes. Parce qu'on lui a écrit à cet incendiaire, pour qu'il vienne débarrasser d'autres personnes de maisons d'écrivains. Et quand quelqu'un se met à incendier ses mêmes maisons, Sam part à la rencontre des gens qui lui ont écrit. Je ne vous parlerais pas de tous, pour vous laisser des surprises, mais il y a notamment une professeur ordurière au possible, plus qu'haute en couleurs !
Sam découvre également des vérités sur ses parents, sur leur vie, sur lui même. Sans se trouver. Parce qu'il est perdu, dépassé.
C'est donc un roman à la fois triste et drôle, absurde et intelligent, très riche, et qui s'il ne donne pas envie d'aller incendier des maisons d'écrivains, donne envie de continuer à lire, encore et encore, ne serait-ce que pour découvrir ou redécouvrir les écrivains cités.

mercredi 16 novembre 2011

Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald.

Rosemary est une jeune actrice qui vient de connaître un joli succès, et se repose sur la riviera. Elle fait la connaissance des Diver, Dick et Nicole, sur la plage, et dès lors, tombe amoureuse de Dick, et du couple. C'est à travers le prisme de son regard que nous découvrons l'entité au centre de ce livre, ce couple si fascinant et en apparence si uni. On a au départ l'impression de tomber sur la description de vacances pour jeunes riches, un peu excentriques, porteurs de tendances, parfaits et énervants. Mais sous l'aspect policé, se cache toujours des failles. Et ça là que commence alors réellement le récit.

L'auteur et moi étions un peu fâchés. A cause de Gatsby. Parce que comme beaucoup de livres que j'ai du lire durant mes études, je l'ai pris en grippe.
Mais voilà, dans la vague "reconquête des auteurs détestés", et parce qu'à force de lire du bien de l'auteur, (surtout chez Asphodèle) j'en suis venue à me dire que c'était dommage de m'entêter, j'ai emprunté ce livre à la médiathèque.
Dès le début j'ai été séduite. Par le personnage de Rosemary. Son insouciance, sa naïveté encore toute enfantine. La beauté de sa découverte du monde. Puis est venue la seconde partie du roman. La rencontre entre Dick, jeune médecin, et Nicole. La naissance de leur amour que l'on sent, que l'on sait voué à l'échec. Comment ne pourrait-il pas l'être? Nicole peut-elle être heureuse avec un homme qui fascine tant les autres femmes? Et lui? Saura t-il être à la fois médecin et amant?
Outre nous offrir un panel de personnages savamment ciselés, profonds et humains, l'auteur a une plume qui vous emporte. Certaines de ses phrases entrent dans votre coeur et y font écho. Vous bouleversent par leur beauté. Vous transcendent.
Une jolie échappée donc, avec cette lecture, bien plus que je ne l'aurais cru.

samedi 7 novembre 2009

Orgueil et préjugés et zombies


Voilà bien longtemps que je n'avais fait d'article, (ayant pris la décision de n'en faire que quand j'ai vraiment quelque chose de significatif à dire sur le livre, pour ne pas faire du blablabla).
Hors donc, ayant appris il y a peu l'existence de "Orgueil et préjugés et zombies" et la curiosité ayant cédé le pas à l'indignation première, je me le suis fait offrir et l'ai lu en une après midi. Quoi de mieux que de lire, un chocolat chaud sur les genoux, un bon bouquin par une après midi pluvieuse...


Donc, ce livre est la reprise par Seth Grahame Smith (écrivain et scénariste américain) du chef d'œuvre de littérature anglaise qu'est Orgueil et préjugés de Jane Austen.
J'adore Jane Austen, et je ne pouvais qu'être mitigée en apprenant qu'on voulait mêler à l'histoire d'amour et l'étude des sentiments humains qu'est le roman du bon vieux zomblard à la cervelle dégoulinante.
Mais la curiosité prend toujours le pas sur le reste et me voilà m'attaquant à la lecture de cette oeuvre irrévérencieuse.
Première phrase : "C'est une vérité universellement reconnue qu'un zombie ayant dévoré un certain nombre de cerveaux est nécessairement à la recherche d'autres cerveaux."

Roman originel, première phrase: "C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvue d'une belle fortune doit avoir envie de se mareir, et , si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins... "

Le détournement de cette phrase est plaisant, et ammène bien le zombie dès l'entrée en lecture. Quels sont les différences qui adviennent ensuite? L'auteur n'a pas pris énormément de liberté avec la matière première, et si ce n'est une éducation en Chine "Vous oubliez que j'ai étudié avec Pei Liu de Shaolin, maman" dira Elisabeth a un moment du roman, les jeunes filles Bennett sont bien semblables ici en tout point avec leur modèle premier. (au passage le coup de Shaolin m'a fait mourir de rire, vraiment)
Malgré l'ardeur d'Elisabeth et de ses soeurs, véritables guerrières maitrisant des techniques orientales, et même une figure étoilée pour combattre ensemble, j'ai finalement trouvé que l'auteur n'allait pas assez loin ! Il aurait du faire un peu plus de sanglant, ajouter un peu plus de choses, oser aller jusqu'au bout de son irrévérence. Las, finalement il n'y a que quelques petites scènes sympathiques, d'autres allant tourner jusqu'au grotesque (le combat de Lady Catherine avec Elisabeth, inutile et navrant à mon sens). Bref, ce qui aurait pu être particulièrement drôle est bien fade, et je regrette d'être passée à côté de quelque chose de plus divertissant.

L'hommage est mignon, et résulte d'une envie de faire connaître l'oeuvre et d'une admiration pour son écrivain, mais il ne reste qu'une petite farce pas assez aboutie.

A lire tout de même, pour le fun. Et puis c'est quand même Elisabeth et Darcy, mon couple préféré de la littérature.

lundi 5 octobre 2009

Vent d'Est, Vent d'Ouest et La mère de Pearl Buck (4 et 5 sur 207)

Pearl Sydenstricher Buck femme de lettres américaine née en 1892. Elle passe son enfance en Chine ou elle apprend le mandarin avec sa nounou avant d'apprendre l'anglais. Après des études en Virginie elle reviendra en Chine, ira au Japon, puis finira sa vie aux Etats-Unis.

Vent d'Est, Vent d'Ouest paraît en 1930 et c'est son tout premier roman publié.
L'écriture est très fluide, très poétique, d'une simplicité très belle. L'héroïne chinoise, d'une bonne famille, s'adresse à une personne qu'elle appelle "sa soeur" qu'on comprend occidentale, et lui raconte les circonstances de son mariage et l'éducation qu'elle a reçue qui la fait être si loin des attentes de son mari. (Le mariage est arrangé). On perçoit le changement des jeunes chinois qui partent en occident pour faire leurs études. Le combat entre les traditions et la modernité apparaît en filigrane dans tout le roman. Mais c'est aussi l'histoire d'une femme qui cherche à comprendre, qui se bat pour être aimée.

Très bonne lecture, pas transcendante, mais des plus agréables !

La mère, paru en 1933. Ici le sujet est beaucoup plus sérieux, l'écriture toujours fluide, mais collant au sujet du roman, donc un brin amère. Le personnage central est une mère paysanne, qui outre les travaux des champs s'occupe (elle est enceinte au début) de ses deux enfants, de la mère de son mari et évidemment de son mari. Elle est heureuse, quoique colérique, jusqu'au jour où son mari part et ne revient plus. C'est alors une sorte de descente aux enfers, et la rédemption ne viendra qu'à la toute fin du livre que je ne dévoilerais pas.
C'est beaucoup plus rude, mais très intéressant. La description de la société chinoise, des travaux des champs et de la vie quotidienne est passionnante.


Pearl Buck donc, très bon auteur!

A découvrir.

mardi 22 septembre 2009

Le club Jane Austen


Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler.
C'est avant tout une succession de petites histoires sur les personnages, entrecroisés avec leurs ressentis des livres de Jane Austen. Il y a Jocelyn qui s'occupe tellement des histoires d'amour des autres qu'elle s'oublie, Sylvia qui va divorcer, sa fille Allegra qui est une tempête à elle toute seule, Prudie, une prof de française qui cache derrière son côté snob une faille infinie, Bernardette qui derrière des aspects de vieille folle cache une histoire pleine de rebondissements, et Grigg, seul homme parmi toutes. Etrange, décalé, dont on se demande parfois ce qu'il fait là.
Le problème de ce livre, c'est que tout finit bien. Trop bien presque finalement.

Mais. Mais il donne envie de relire Jane Austen. Il nous donne l'opinion d'autres sur cette oeuvre qui est à découvrir, redécouvrir encore et encore. De temps en temps des phrases de Jane Austen fleurissent au hasard des pages et que c'est bon de redécouvrir ces petites merveilles. Comme il est agréable qu'on parle de Darcy ou d'Emma comme s'ils étaient vrais.
Comment finalement ne pas aimer un livre qui vous donne envie de lire?