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dimanche 3 juillet 2011

Sans nom de Wilkie Collins

Deuxième rencontre pour moi avec cet ami de Dickens, et une petite peur avant de commencer, j'avais tellement aimé la Dame en blanc, que j'ai eu bien peur de moins aimer celui-ci.

Que nenni ! Je me suis prise très rapidement à l'histoire, pleine de mystères, j'ai frissonné, espéré une fin clémente pour les héroïnes, soupiré, ait été partagée entre affection pour les personnages et envie de leur taper dessus, bref, j'étais complètement embarquée.

Quelle est l'histoire? Je ne vous parlerais que du début, et vous incite, si vous comptez le lire, à ne pas trop essayer de vous renseigner, pour que le mystère reste intact.

Nous entrons donc, au début, dans la vie familiale d'un couple, les Vanstone, de leurs deux filles Norah, l'aînée, sage, discrète et raisonnée, Magdalen la cadette (tout juste dix huit ans), fantasque, belle et enjouée et de leur gourvernante, Miss Garth (un peu l'archétype de la gouvernante, cette Miss Garth d'ailleurs.) Quand commence l'intrigue, les parents font un voyage éclair à Londres, du jour au lendemain, sans que personne ne sache pourquoi. Que se passe t-il donc? Miss Garth en apprend un peu plus, mais malgré les révélations que lui fait Mme Vanstone, elle sent que cette dernière lui cache encore quelque chose. Le fameux mystère finit par être oublié par tout le monde alors que Magdalen s'amourache de l'aîné des fils de leur voisin, au grand dam de sa sœur qui le voit comme un falot incapable (à raison !). Néanmoins, Magdalen arrive à convaincre son père de lui donner sa bénédiction, et il semble clair que la famille va vivre la joie de préparatifs maritaux...
Oui mais voilà... Un drame. Suivi d'un autre.

Je ne vous dirais rien de plus, si ce n'est que le livre est basé sur les complots d'une femme blessée, qui cherche à tout prix à se venger. Cruelle, implacable, résolue et prête à tout, on a là un portrait de femme qu'on ne peut s'empêcher d'aimer, parce qu'elle est belle dans sa folie et son désarroi, qu'elle est certes animée par la vengeance mais qu'on ne peut s'empêcher de la comprendre, et parce qu'on se demande, si nous aussi, nous n'aurions pas fait de même.

Wilkie Collins nous tient en haleine jusqu'à la toute dernière phrase, passant de récits directs à indirects par lettres interposées, de point de vue d'un personnage, puis d'un autre, et l'on est happé jusqu'à l'ultime dénouement, où l'on pousse un soupir.

Il va sans dire que Wilkie et moi, ce n'est pas fini, et que je lirais très prochainement l'un de ses autres livres, dès que je le pourrais !

samedi 19 février 2011

L'écriture ou la vie de Jorge Semprun.




J'ai longtemps repoussé le moment de lire ce livre, qui m'attirait et me repoussait à la fois. La période de la seconde guerre mondiale a le même effet sur moi. Je pense qu'il est nécessaire de se souvenir, de ne pas céder à la facilité de l'oubli, mais il est si terrible de savoir que l'homme peut être capable de tout, que ça me glace.

Mais finalement, j'ai cédé, et je ne le regrette pas.
Récit autobiographique, décousu et anarchique, mélangeant plusieurs phases de la vie de l'auteur, L'écriture ou la vie est un ouvrage qui sonne comme un cri.
Comment survivre à l'impensable? Comment lutter, alors qu'on se sent profondément vivant l'espace d'un instant, devant les regards plein de pitié d'hommes venus vous délivrer. Comment revivre alors qu'on a vécu une sorte d'expérience mortelle? Comment écrire là dessus? Comment ne pas sombrer?
On sent l'auteur profondément perdu, partagé entre le désir d'oublier, et celui de témoigner. Ne sachant pas comment mettre des mots, alors que là même est sa raison profonde d'être, sur une histoire.
Alors, on a ce récit. On passe d'anecdotes sur les derniers jours de la vie au camp Buchenwald, à des anecdotes d'avant guerre, quand l'auteur était étudiant en Philosophie, puis à l'après guerre, à la fuite en avant, et surtout, à ce qui prend une place immense dans la vie de Jorge Semprùn, la littérature. L'évocation de Goethe, quand il se rend à Weimar, (où Goethe a séjourné) avec le lieutenant Rosenfeld, allemand naturalisé américain, qui a combattu contre son propre peuple et contre le nazisme, les citations de poème, ou quand la poésie est un cri de souffrance, et l'apparition des écrivains qui ont marqué Semprùn.

Il ressort de tout ça un personnage blessé, fragile, mais vivant. Au final, même si il témoigne peu de sa vie à Buchenwald, on ressent le spectre de sa souffrance dans tout le livre. Même s'il n'évoque que rarement des morts, même si seules les cheminées fumantes rappellent l'extermination avec l'absence des oiseaux, ce témoignage reste poignant. C'est un récit vrai. Littéraire aussi, parce que l'on sent que l'auteur exsude l'écriture par tous les pores de sa peau. Mais un récit essentiel.

En tout cas, il restera marquant pour moi.

samedi 12 février 2011

La tragédie d'Othello, le Maure de Venise, de William Shakespeare.

Je n'avais pas encore eu l'occasion jusqu'à présent de me pencher sur ce classique. Mais comme je me suis inscrite au challenge Shakespeare, j'ai une motivation de plus pour lire le théâtre de ce fabuleux auteur.



L'histoire? L'action commence à Venise où Othello vient d'épouser la belle Desdémone, contre l'avis du père de celle-ci. Après cette révélation, ils partent séparement à Chypre, où Othello est nommé.

Une histoire qui semble commencer bien non? Un valeureux guerrier, qui s'il est "maure", a trouvé femme assez intelligente pour faire fi du racisme, (à l'époque cela me semble notable non?), et qui est reconnu par sa hiérarchie.
Oui mais voilà, il y a quelque chose de pourri dans l'histoire. Enfin, quelqu'un. Iago, qui a pris en grippe le Maure parce qu'il ne l'a pas nommé à un poste qu'il jugeait mériter.
Alors, commence l'implacable machination tissée par le retords Iago. Et personne ne pourra l'arrêter...


Encore une fois, je suis restée scotchée par le talent de caractérisation de personnages de Shakespeare. Desdémone est angélique et loyale, Othello doute profondément de lui même et est d'une naïveté sans bornes, et Iago, est d'un machiavélisme hors du commun.
 On sent dès les premières lignes que la tragédie aura lieu. Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de frémir, d'espérer une issue autre, et de plaindre les victimes de Iago. Othello est si humain qu'on pourrait avoir l'impression qu'il a vraiment existé, qu'il a vraiment souffert tous les tourments de la jalousie et de la trahison.

Je me suis fait la réflexion en fermant le livre qu'il faudrait que j'ai le courage de lire Shakespeare dans le texte, en anglais, pour apprécier pleinement ses œuvres.

Et quelques extraits, parce que ça vaut vraiment le coup :
"Pour peu qu’on se tienne sur la plage écumante, les flots irrités semblent lapider les nuages ; la lame, secouant au vent sa haute et monstrueuse crinière, semble lancer l’eau sur l’ourse flamboyante et inonder les satellites du pôle immuable."

Othello : -"Ah ! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier, quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur, je te chasserai dans un sifflement et je t’abandonnerai au vent pour chercher ta proie au hasard !… Peut-être, parce que je suis noir, et que je n’ai pas dans la conversation les formes souples des intrigants, ou bien parce que j’incline vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consolation qui me reste, c’est de la mépriser. ô malédiction du mariage, que nous puissions appeler nôtres ces délicates créatures et non pas leurs appétits ! J’aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d’un cachot que de laisser un coin dans l’être que j’aime à l’usage d’autrui ! Voilà pourtant le fléau des grands ; ils sont moins privilégiés que les petits. C’est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie…"
           
-" Le ciel aurait Voulu m’éprouver par des revers, il aurait fait pleuvoir toutes sortes de maux et d’humiliations sur ma tête nue, il m’aurait plongé dans la misère jusqu’aux lèvres, il m’aurait voué à la captivité, moi et mes espoirs suprêmes ; eh bien ! j’aurais trouvé quelque part dans mon âme une goutte de résignation. Mais, hélas ! faire de moi le chiffre fixe que l’heure du mépris désigne de son aiguille lentement mobile ! Pourtant j’aurais pu supporter cela encore, bien, très bien ! Mais le lieu choisi dont j’avais fait le grenier de mon cœur, et d’où je dois tirer la vie, sous peine de la perdre ! mais la fontaine d’où ma source doit couler pour ne pas se tarir ! en être dépossédé, ou ne pouvoir la garder que comme une citerne où des crapauds hideux s’accouplent et pullulent !… Oh ! change de couleur à cette idée, Patience, jeune chérubin aux lèvres roses, et prends un visage sinistre comme l’enfer !"

mardi 17 août 2010

Anna Karénine de Léon Tolstoï (14 sur 207)

Deuxième incursion dans la littérature russe, avec quelque chose de plus "classique" que Boulgakov, à savoir Anna Karénine, de Léon Tolstoï publié en 1877.

Je ne ferais pas un résumé des plus pertinents, parce que je n'aime pas trop ça, aussi me contenterais-je de livrer quelques phrases qui m'ont plus et quelques avis sur les personnages.

L'incipit d'abord,repris dans l'élégance du Hérisson, " Toutes les familles heureuses se ressemblent mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon".

Quel commencement ! De là découle tout le livre, et de là on comprend qu'on ne va pas lire une histoire heureuse. Ne pas lire de littérature russe si l'on est déjà mélancolique.

Autre complication outre le ton peu joyeux en général du roman, les noms russes. Que de complications, de surnoms, d'appelations diverses pour un même personnage. On passe de Stepane Arcadievitch Oblonski, appelé Oblonski, ou Stiva, le frère de l'héroïne à Constantin Dmitrievicth Levine, le plus souvent appelé Levine, et j'en passe...

Autre fait déroutant, il se passe un certain temps avant que l'héroïne apparaisse vraiment. Le roman commence par le désordre qui règne dans la famille d'Oblonski, le frère d'Anna, dont la femme a découvert qu'il la trompait.

Dans tout le roman, j'attendais avec impatience les apparitions de Lévine, qui de nature orageuse, mélancolique, changeante et torturée, a été le personnage pour moi le plus intéressant et peut être celui à qui je me suis le plus identifiée. Lévine n'aime que la solitude, et il oscille entre désespoir et bonheur sans borne, entre exaltation et abattement le plus total. C'est son histoire avec Kitty,toute innocente, pure et charmante comme le sont les jeunes filles qui m'a le plus plu. Une histoire heureuse, au dénouement joyeux, a contrario de l'histoire de l'héroïne, Anna, qui vit un amour clandestin puis désapprouvé avec Vronski, dont Kitty sera au début amoureuse.

Je n'ai pas aimé le personnage d'Anna. Torturée à l'extrême, se laissant guider par des élans de passion, semblant se conduire inexorablement à sa perte. Elle m'a un peu exaspéré, beaucoup fait pitié, parfois dérangé, mais jamais je n'ai pu l'aimer. Il y a pourtant un passage avec elle, de toute beauté, où pendant un voyage en train ses états d'âme se fondent avec la tempête de neige qui a lieu dehors, où son affolement est aussi vif que les conditions climatiques. Mais pourtant, je n'ai jamais su apprécier son personnage.

J'ai pourtant énormément aimé ce roman, cette particularité de la littérature russe, les descriptions des paysages qui coïncident si bien aux états d'âme, cette rigueur des âmes et en même temps cet éclat du coeur russe. Il y a quelque chose d'indéfinissable dans ce roman qui à mon sens se marie très bien à un jour de pluie où affolées les gouttes tombent fortement sur le sol. A lire donc, de préférence par mauvais temps en regardant de temps à autre la pluie tomber. (et j'ose avouer que j'ai lu parfois en diagonale certains passages un brin philosophiques, qui à mon sens n'apportaient rien, mais donnaient sans doute l'opinion de Tolstoï sur certains point et problèmes de la Russie à cette époque.)

Quelques citations :
"Avoir des opinions dans une société où une certaine activité intellectuelle devient nécessaire avec l'âge, lui était aussi indispensable que de porter des chapeaux" (à propos de Stepane)
"Il lui disait précisément les mots que désirait son âme et que redoutait sa raison" (Etat d'âme d'Anna à propos de Vronski)
"Le gouffre c'était la vie elle même..."
"Une passion tragique à la Werther"
"Mais je suis comme un homme affamé à qui on a donné à manger" (Lévine, bien sûr)
"La liberté? Pourquoi la liberté? Le bonheur pour moi consiste à aimer, à désirer, à n'avoir plus d'autres pensées ni désirs que les siens, c'est donc la négation de la liberté, et c'est ça le bonheur" (encore Lévine)
"Amour pesant et tragique" (Vronski, pensant à sa liaison avec Anna)
"C'était le cri hardi, impertinent d'un nouvel être humain qui ne prenait rien en considération et qui venait de surgir d'on ne sait où"
"Comme un instrument, je puis encore être de quelque utilité, mais en tant qu'homme je ne suis plus qu'une ruine." Vronski.

"Mais désormais toute ma vie, chacun des instants de ma vie, indépendamment de ce qui pourra m'arriver, aura un sens, un caractère dont j'aurai le pouvoir de le revêtir, celui du bien" (Levine, enfin appaisé)

jeudi 29 avril 2010

Tess d'Urberville de Thomas Hardy (13 sur 207)

Tess...
J'en attendais beaucoup de ce livre, je ne sais d'ailleurs trop pourquoi, sans doute en ais-je entendu parler dans un quelconque roman et l'image m'a suivie.
J'ai toujours retardé le moment de lire Thomas Hardy, me doutant que je n'aimerais pas.
Le destin de Tess, aînée d'une famille de paysans au père fainéant et à la mère paresseuse et rêveuse, n'est franchement pas rose.
Elle est jolie Tess, et cela semble être le soucis. Trop belle, trop charmante, trop innocente. Sa vie va être une succession de malheurs sans fin jusqu'à un final fatal.
Je ne sais pas si je n'étais pas dans l'esprit tragique, mais j'ai trouvé ça lourd et pesant. Les seuls moments agréables résidant dans les descriptions de l'héroïne quand elle est encore fraîche, dans les rares instants bucoliques et innocents.
Bref, loin d'être inoubliable pour moi.

mercredi 21 avril 2010

Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro (12 sur 207)

Les vestiges du jour... (écrit par un japonais qui depuis ses six ans vit en Angleterre et qui, si je ne m'abuse a été naturalisé anglais).
J'avais quelques attentes quand à ce livre et je m'en étais fait une idée, assez fausse.

Malgré tout, j'ai été encore une fois (décidément les livres de la liste me plaisent !), charmée. La simplicité de l'écriture qui coule comme une source fraîche et calme, le sens de l'honneur de ce majordome compassé, qui malgré tout est si profondément humain, l'histoire d'amour qui n'en est pas une entre deux personnages qui se sont tout simplement loupés, et les réflexions de cet homme sur la dignité de sa fonction et sur ce qu'est un vrai "buttler" anglais.
Bien sûr, j'aurais aimé que la fin soit autre, mais elle est profondément réaliste, et il faut bien que je m'en contente...
Quelques extraits choisis : "Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte un costume"

"C'est comme si la terre connaissait sa propre beauté, sa propre grandeur et n'éprouvait nul besoin de les clamer.Par comparaison les paysages d'autres régions du monde, par exemple l'Afrique ou l'Amérique, tout en étant assurément fort impressionnants,doivent, j'en suis certain, paraître inférieur à un observateur objectif, étant voyant au point de frôler l'indécence"
(mon moment culte du livre ^^ )

lundi 19 avril 2010

La fortune des Rougon (11 sur 207)

Emile Zola. Auteur ô combien célèbre, monument de la littérature française, que, jusque lors, je n'ai que peu lu. (Nana et Le bonheur des Dames, uniquement, bien que j'ai adoré les deux).
Hors donc, sur ma fameuse liste, voilà qu'il me faut lire, entière, la saga des Rougon-Macquart. Vaste aventure s'il en est, que j'abordais avec une certaine répugnance.
Puisqu'il fallait commencer par le début, logique, j'emprunte donc à la médiathèque de Toulouse, la fortune des Rougon. Là où tout commence, en quelque sorte le prologue à tout, l'installation, le premier acte.
Livre de 1871, La fortune des Rougon a pour titre "scientifique" comme le dit l'auteur "Les origines". On n'entre pas tout de suite dans le vif du sujet, et le premier personnage du récit n'apparaît que vers la page 24 (le récit commençant sur mon édition page 20).
On peut être au premier abord un peu déboussolé par les sauts dans le temps, assez nombreux, mais je m'y suis fait assez vite.
L'histoire est assez simple en somme, Adélaïde Foulque, une héritière d'un maraîcher va avoir trois enfants. L'aîné, issu de son mariage, se nomme Pierre et a le nom de son père, Rougon. Les deux autres sont Antoine et Ursule Macquart dont le père Eustache est un brigand qui va et vient à sa guise et entretient une liaison avec Adélaïde.
Pierre est bourré de prétentions sociales et ne cherche qu'à se hisser, ce qu'il commence à faire en se mariant avec Félicité Puech, une bourgeoise dont la famille manque cruellement d'argent. Ils auront trois fils.
On retrouvera également en héros (un brin romantique et plein d'illusions et de fougue) Silvère, l'un des fils d'Ursule. Il vivra un amour sincère avec Miette, une jeune adolescente orpheline. Leur amour est la fraîcheur du livre, amenant des passages bucoliques et frais d'amours jeunes.
En toile de fond, la lutte des partisans de la république, des bonapartistes et des royalistes qui servent et desservent les ambitions des uns et des autres. Je n'en dirais pas plus de l'intrigue pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui voudraient lire le livre :)

Ce que je retiendrais de ce roman c'est ses héros attachants avec leur simplicité et leurs défauts, jamais noirs ou blancs, toujours d’un gris qui en devient éclatant.
Les moments bucoliques succèdent aux travers des vicissitudes de certains, la poésie laisse place à la description du quotidien ou des manœuvres politiques dans un langage sans cesse renouvelé de descriptions fluides et belles.

Deux petites citations :" l'hérédité a ses lois comme la pesanteur"

et (à propos de Silvère) "un de ces esprits tendres et exquis logés en pleine chair, et qui souffrent de ne pas pouvoir sortir rayonnants de leur épaisse enveloppe"


A LIRE ABSOLUMENT !

dimanche 18 avril 2010

Le bizarre incident du chien pendant la nuit (10 sur 207)

Je reprends ma liste de livres à lire, après une pause où je n'avais pas forcément la tête à lire de la littérature "classique" et où j'étais plus préoccupée par l'imaginaire et la fuite vers ailleurs.

Reprise donc avec Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon publié en 2003. Le livre a remporté quelques prix (prix Whitbread 2004 et prix Booker 2003).
On suit l'histoire de Christopher, jeune autiste souffrant du syndrome d'Asperger, vivant avec son père dans une ville anglaise, Swindon. Il a décidé de relater dans un livre son enquête sur la mort du chien d'une voisine. Tout commence alors, et on le voit confronté à une suite d'événements qui bouleversent son monde parfaitement réglé. Il est très logique et intelligent, et voit le monde à travers un prisme si différent du nôtre que s'en est passionnant. Comptant les voitures rouges ou jaunes pour décider de comment sera sa journée, ne mangeant les aliments que s'ils ne se touchent pas, ne supportant pas le contact et détestant les métaphores qu'il ne comprend pas. (à la rigueur il aime les comparaisons si elles sont correctes). Il ambitionne d'être astronome et se passionne pour les mathématiques et la physique.
C'est un livre qu'on lit rapidement tant l'écriture est d'une fluidité incroyable et l'on s'attache vraiment à Christopher et à ses proches.
Une très bonne découverte donc :)

mercredi 6 janvier 2010

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon (9 sur 207)



Il y a bien longtemps que je n'avais pas été touchée de cette manière par un livre. En fait la dernière lecture qui m'a prise comme ça au dépourvu fut le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Ils ont tout les deux été achetés dans une librairie de gare, avant de prendre un train. Les relais des gares ont cette magie de n'avoir que quelques titres en rayon et de me faire choisir des livres que j'aurais dédaigné à la fnac ou à virgin, et je ne parle même pas d'ombre blanches, librairie monstrueuse et labyrinthique de Toulouse.
L'ombre du vent est comme le cercle littéraire, un roman pour les gens qui aiment lire. Un roman qui parle de lecteurs, de librairie, et de passion littéraire. Pour une personne qui comme moi, se sert toujours des livres comme un anti dépresseur et un échappatoire à ce monde désabusé, ça commence très bien.

Le roman débute par la visite, une nuit, par un jeune garçon et son père (libraire, off course), d'un cimetière très particulier. Un cimetière de livre oubliés, perdus, à l'abri des vicissitudes de ce siècle, qui en Espagne (c'est à Barcelone que l'histoire se passe) déchirent un peuple. Il va mettre la main sur l'ombre du vent, livre d'un inconnu qui va bientôt passionner le jeune Daniel et mettre dans sa vie un bordel monstre. C'est avec Daniel, qui grandit au fil du roman, que nous vivons les errements de son enquête sur l'auteur, et que peu à peu nous apprenons la vérité sur l'auteur qui semble être maudit, comme tout ce qu'il touche.
L'ombre du vent n'est pas un grand roman littéraire aux figures ciselées, c'est un roman que l'on pourrait qualifier de populaire en celà qu'il est accessible, ne se prend pas la tête et n'a pas de but transcendantal. Justement, ce genre de roman fait parfois un bien fou. On ne ressort de toute manière pas indemne de la lecture de ce livre qui vous scotche dès les premières lignes.

Et n'est ce pas ce que l'on demande avant tout à un roman? Un soupçon d'aventure, d'épique, et de romanesque !

mardi 13 octobre 2009

Le maitre et Marguerite de Mikhail Boulgakov (8 sur 207)

Commencé en 1928, ce roman de Mikhail Boulgakov, son oeuvre la plus connue, ne paraîtra qu'après la mort de son auteur. Il brulera une fois son roman, (le parallèle avec le Maitre est amusant, est-il significatif?) avant de reprendre son écriture quelques années plus tard. C'est l'épouse de l'auteur qui l'achèvera et le fera publier.

Que dire de cet ovni littéraire? Roman jubilatoire et étrange, dont il ressort un sentiment de grande farce mais aussi de grande réflexion philosophique sur le divin, le bien et le mal.

Tout commence à Moscou, dans les années 30, quand deux lettrés (Berlioz et Bezdommy) rencontrent un drôle d'étranger. (si bizarre que la description fini sur "bref, un étranger"). Il intervient dans leur discution à propos de la non existence de Dieu, et du diable. Ces propos sont fort emprunts de mystère, et les deux amis le prennent pour un fou.
Jusque là, pas grand chose d'étrange, si ce n'est qu'on a bien l'impression que l'étranger est le diable. Mais à partir de là tout va s'accélérer et se mêler dans une joyeuse sarabande. Internement, morts, disparitions, femmes se baladant nues, magie, apparitions, diableries...
(et le récit d'une partie de la vie de Ponce Pilate, en filigrane)

Je ne dévoilerais pas plus de l'intrigue, parce que je pense qu'il faut lire le livre avant tout !
Ce que je retiens en tout cas, c'est l'apparition fort tardive des deux personnages évoqués dans le titre. Je trouve ça intéressant et assez peu commun. Les disparitions en pagaille me semblent être le reflet de la russie soviétique où beaucoup de gens disparaissait ainsi. Il y a quelques reprises des clichés véhiculés sur le diable, un chat noir, les seules personnes traitant avec lui devenant des sorcières .
Finalement, le personnage du diable semble le plus fidèle à lui même dans cette russie où les personnages ont des comportements assez étranges et ridicules.

Première incursion dans la littérature russe réussie donc.
La suite au prochain numéro.

lundi 12 octobre 2009

Hamlet, de William Shakespeare

Publié en 1603, et écrit par l'un des plus grands auteurs anglais, William Shakespeare. Même s'il y a parfois quelques doutes quand à Shakespeare, d'aucuns disant qu'on doit ses oeuvres à Francis Bacon, il reste un auteur marquant dans le monde entier. Qui ne connait pas la célèbre phrase "to be or not to be, that is the question?".
Sans parler des nombreux tableaux inspirés de ses oeuvres.

En voici deux, l'un de Thomas Lawrence, représentant une personne jouant Hamlet, et l'autre de John Everett Millais, représentant Ophélie.

































Pour ce qui est de la pièce en elle même, Hamlet prince de Danemark, est l'une de ces oeuvres qu'on ne referme pas une fois qu'on en a entamé la lecture. C'est surtout quand Hamlet parle que j'ai ressenti cette chose imperceptible qu'on ressent quand on lit quelque chose de supérieur. La fluidité des mots, la richesse du vocabulaire et des phrases, la poésie qui s'en dégage, et l'entêtement de ce fils, qui comme pris d'une folie vengeresse perd tout pour aller au bout de sa vengeance.
Le personnage que je préfère est Ophélie, elle a quelque chose d'infiniment romantique et poétique. Elle est discrète, apparaît très peu, et elle paraît être la seule à être sensée dans ce royaume de Danemark. Les autres personnages paraîssent engoncés dans leurs rôles et dans leur vie. Le roi assassin est pris au piège, la reine paraît plus subir que vivre les événements, et la cour est suspendue au bon vouloir du roi.
Que dire du final, où tout le monde meurt ! Comme si dans la vengeance il n'y avait d'autre possibilité que la fin de tous !

Je termine en vous recommandant, évidemment, chaudement la lecture de cette oeuvre, si ce n'est pas déjà fait :)

lundi 5 octobre 2009

Vipère au poing, d'Hervé Bazin ( 7 sur 207)

Publié en 1947. Roman largement autobiographique.

Que dire de ce livre amer, plein d'une haine et d'une fascination envers cette mère amère qu'est Falcoche? Le narrateur la hait, l'admire, l'observe, et même lorsqu'il est, rarement, loin d'elle, il ne peut s'empêcher de calquer ses attitudes par rapport à elle. Elle est omniprésente, silhouette étouffante du livre. On ne sait ce qu'elle pense, qui elle est vraiment. Insaisissable comme une vipère donc.
C'est un classique de la littérature du 20ème siècle et il faut l'avoir lu. Je n'en garderais pas un souvenir radieux, et ce ne sera pas un de mes livres de chevet. Il est bien trop sombre, trop glauque pour cela. Mais ça reste bien écrit, et la chose est assez agréable pour être notée.

Oscar et la dame rose d'Eric Emmanuel Schmitt (6 sur 207)

Publié en 2002.

Roman très court, très simple, très enfantin à l'image de son héros Oscar. Oscar est un petit garçon malade hospitalisé. Le roman se présente sous forme de lettres d'Oscar à Dieu. C'est mamie Rose, une visiteuse d'hôpital qui lui a conseillé de le faire, et le petit bonhomme s'exécute avec tout le sérieux de son jeune âge.
C'est triste, touchant, et en même temps grave d'une sagesse qu'on ne peut prêter qu'aux enfants.
Oscar est mourant, mais lui, sait le prix de la vie et sa beauté.
C'est ce que je retiendrais du livre. De petits instants de bonheur qu'on doit savourer en sachant qu'un jour la fin sera là. A nous de l'accepter, en toute simplicité.

Vent d'Est, Vent d'Ouest et La mère de Pearl Buck (4 et 5 sur 207)

Pearl Sydenstricher Buck femme de lettres américaine née en 1892. Elle passe son enfance en Chine ou elle apprend le mandarin avec sa nounou avant d'apprendre l'anglais. Après des études en Virginie elle reviendra en Chine, ira au Japon, puis finira sa vie aux Etats-Unis.

Vent d'Est, Vent d'Ouest paraît en 1930 et c'est son tout premier roman publié.
L'écriture est très fluide, très poétique, d'une simplicité très belle. L'héroïne chinoise, d'une bonne famille, s'adresse à une personne qu'elle appelle "sa soeur" qu'on comprend occidentale, et lui raconte les circonstances de son mariage et l'éducation qu'elle a reçue qui la fait être si loin des attentes de son mari. (Le mariage est arrangé). On perçoit le changement des jeunes chinois qui partent en occident pour faire leurs études. Le combat entre les traditions et la modernité apparaît en filigrane dans tout le roman. Mais c'est aussi l'histoire d'une femme qui cherche à comprendre, qui se bat pour être aimée.

Très bonne lecture, pas transcendante, mais des plus agréables !

La mère, paru en 1933. Ici le sujet est beaucoup plus sérieux, l'écriture toujours fluide, mais collant au sujet du roman, donc un brin amère. Le personnage central est une mère paysanne, qui outre les travaux des champs s'occupe (elle est enceinte au début) de ses deux enfants, de la mère de son mari et évidemment de son mari. Elle est heureuse, quoique colérique, jusqu'au jour où son mari part et ne revient plus. C'est alors une sorte de descente aux enfers, et la rédemption ne viendra qu'à la toute fin du livre que je ne dévoilerais pas.
C'est beaucoup plus rude, mais très intéressant. La description de la société chinoise, des travaux des champs et de la vie quotidienne est passionnante.


Pearl Buck donc, très bon auteur!

A découvrir.

vendredi 2 octobre 2009

Possession d'A.S Byatt (roman 3 sur 207)

Possession est un roman publié en 1990 par Antonia Susan Byatt, auteur anglais. Ce roman a reçu Le booker Prize en 1990 et a été adapté au cinéma en 2002 par Neil Labute.

J'attendais beaucoup de ce livre qui m'apparaissait être pleins de trésors. Mais, parce qu'il y a un mais, c'est à mon sens indigeste. Attention, ceci est un avis personnel qui ne fait qu'engager ma modeste personne.
Le problème de possession est déjà les multiples voix qui prennent part au récit. Trop de point de vue pour que ce soit clair et agréable. On saute souvent d'un personnage à un autre. Deuxièmement il y a beaucoup d'extraits de poésie assez ... Riche et foisonnante dirais-je pour être apprécié quand il y en a trop.
Dommage pourtant le résumé m'avait interpellée et me plaisait beaucoup.
La découverte de lettres mystérieuses d'un poète (inventé) Randolph Henry Ash à une mystérieuse inconnue, et la recherche de la vérité par des passionnés.
Mais trop d'opulents détails, trop de poésie donc, trop de lettres de ci et de là, et quelque chose qui me fait avoir une nausée littéraire d'adjectifs et de descriptions.
Non, vraiment, ce roman n'a pas su éveiller en moi un quelconque intérêt.

Dommage.

mardi 29 septembre 2009

La dame en blanc (2 ème livre sur 207)




Roman écrit par Wilkie Collins et publié en 1860. L'auteur est un contemporain de Charles Dickens qui paraît-il jalousait ses talents d'écrivain.
Ses romans étaient généralement des romans dits à sensation, précurseurs en quelque sorte de notre bon vieux thriller d'aujourd'hui.

La Dame en blanc est donc un roman à sensation. Ce qui frappe au premier abord est la structure même du roman. Il n'y a pas un narrateur, mais plusieurs ! En effet, le livre se présente comme un témoignage qui se veut le plus fidèle d'événements extraordinaires qui se sont produits, et donc dans ce soucis de coller à la réalité, ce sont les acteurs les plus proches des événements qui les racontent.
Au début de l'histoire le  héros est le jeune Walter Hartright, professeur de dessin, qui se voit proposer une place à la campagne par le biais d'un ami fantasque à lui, un italien (aux traits très exagérés et presques clichés, mais peut être est-ce l'époque qui veut ça). La veille de son départ, après avoir fait ses adieux à sa mère et à sa soeur, il s'apprête à passer une dernière nuit à son domicile londonien quand il fait une étrange rencontre. Une dame vêtue tout de blanc, surgie de nulle part lui demande le chemin pour Londres. C'est là donc le début d'un mystère. (j'aime le côté dame blanche de cette apparition, même si je ne sais si les anglais ont cette légende commune avec nous?) Après l'avoir secourue, il fait le voyage jusqu'à son nouveau lieu de travail, chez Monsieur Fairlie, et à pour tâche de s'occuper d'enseigner le dessin à deux demoiselles, Mlle Laura Fairlie, la pupille de Monsieur Fairlie, et sa demi-soeur Marian Halcombe. Laura est étrangement le sosie de la dame en blanc, si ce n'est un air un peu différent.
Après avoir conté son aventure de la nuit précédent à Marian, au tempérament vif et hors du commun, le jeune professeur s'installe peu à peu dans une routine agréable, et finit par s'éprendre de la jolie Laura. Mais Laura est fiancée (évidemment), et ayant promis à son père (sur son lit de mort, bien sûr, nous sommes au 19ème siècle) d'épouser Sir Percival Gyde, notre héros doit la mort dans l'âme tenter de lutter contre son amour.
Laura reçoit une lettre d'une inconnue la suppliant de ne pas se marier avec Sir Gyde, car elle court un grand malheur.

Je ne raconterais toujours pas la suite du roman, ni les grands détails, et vous laisse vous faire une opinion.
Mais je recommande chaudement la lecture de ce livre. On croit vraiment assister à un procès avec les témoins qui racontent tout à tour leur version de l'histoire. Les méchants sont diaboliques et retords, les gentils admirables mais parfois faibles, à part Marian (qui a un physique ingrat, mais un tempérament de feu), et on lit d'une traite le gros pavé qu'est ce bouquin.

lundi 28 septembre 2009

Persuasion de Jane Austen (lecture 1 des 207)

J'ai dévoré ce livre (j'ai lu en cuisinant, en mangeant, bref je n'ai pas quitté le livre une fois commencé).
J'aime chez Jane Austen cette capacité à créer une atmosphère et à nous faire nous identifier à ses héroïnes. Anne est une femme en tout point admirable, un peu orgueilleuse parfois, mais juste ce qu'il faut, chaleureuse, aimante, peu regardante sur les défauts d'un entourage peuplé de gens plus égoïstes les uns que les autres. Son père est un archétype du noble imbu de sa personne, satisfait des restes d'une beauté qu'il croit intemporelle et qui ne vit que pour son titre et son rang. Sa soeur aînée Elisabeth est en tout point égale à son père qui n'a d'yeux que pour elle. Quand à Mary, sa cadette, la seule à être mariée, elle est hypocondriaque et centrée sur sa personne.
La seule personne favorable à Anne est Lady Russel, une veuve qui était autrefois l'amie proche de la mère défunte des trois sœurs. Elle même est régie par les convenances de la société et a parfois des jugements dictés seulement par les apparences.
Ajoutez à ce tableau premier des dettes importantes pour la famille qui les contraignent à louer leur château.
Et comme chez Jane Austen, l'amour est toujours dans les parages, l'amiral Croft, locataire du château a pour femme la soeur du Capitaine Wenworth, ancien fiancé d'Anne qui a du abandonner ses projets de mariage avec lui à cause du refus de son père et de ses proches.

Je n'en dirais pas plus sur l'intrigue, j'aimerais mieux que mon article donne envie de la découvrir.

On a encore une fois dans ce livre une galerie de personnages très bien dépeints, aux caractères bien souvent exécrables, chez Austen il y a toujours quelques uns de ces personnages qu'on aimerait avoir un destin tragique tant ils sont horribles.


Un très bon moment donc, comme à chaque fois avec cet auteur.