Un pour tous, et tous pour un !
Qui ne connait pas d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis?
Ah d'Artagnan... L'impétueux Gascon a été l'un de mes premiers amours de papier, quand j'étais jeune adolescente.
Mais commençons par résumer un petit peu l'intrigue, au cas où...
Nous suivons donc notre d'Artagnan, parti de sa campagne en quête d'aventures, et ambitionnant d'être mousquetaire. Son père lui a donné une lettre d'introduction pour Monsieur de Tréville capitaine des mousquetaires du roi, et il rejoint donc Paris, avec toute sa fougue et ses espoirs. Oui mais voilà, notre gascon est prompt à dégainer l'épée, et se querelle déjà en route. On lui dérobe la fameuse lettre d'introduction, et il se fait déjà un ennemi mortel.
Mais à Paris, tout continue d'aller de mal en pis, à peine arrivé qu'il a déjà un lot de duels à remplir, avec de fameux mousquetaires...
A la place de trouver la mort, c'est l'amitié qu'il obtiendra, d'hommes de légendes, les trois mousquetaires...
Et c'est le début d'aventures pour notre d'Artagnan, qui de l'Angleterre à la cour du roi, n'aura pas une minute à lui.
Même si je connaissais encore très bien l'histoire de d'Artagnan, renouer avec ses aventures fut un réel plaisir, et l'occasion d'utiliser mon kindle ! Avec des yeux d'adultes, l'intrigue m'a parut plus sombre et je me suis moins focalisée sur l'humour et l'aventure, mais plus sur les personnages, les ficelles qui font marcher le roman, les procédés. Bien sûr Milady de Winter est toujours aussi détestable, Athos toujours aussi mystérieux, d'Artagnan reste aussi fougueux que dans mon souvenir, et si le livre n'a pas perdu sa saveur, je crois que je l'ai apprécié différemment avec un regard un peu plus "vieux".
Il me reste à relire Vingt ans après, et à découvrir le vicomte de Bragelonne, que je n'ai jamais lu.
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mardi 7 février 2012
samedi 19 novembre 2011
Le Moine de Matthew G Lewis
Dès le premier chapitre, nous voilà dans le bain. Une jolie fille dont les parents ont eu un destin cruel et se sont vus privés de leur fortune, un cavalier aussitôt amoureux, une prédiction par une bohémienne, et un prêcheur au delà de tous soupçons. Nous sommes bel et bien dans le roman gothique.
Si j'avais cru au départ ne lire que l'histoire du fameux Moine, le récit est en fait divisé en plusieurs parties, avec notamment la bien triste histoire d'Agnès et de Raymond, amoureux séparés, mais aussi celle de la Nonne sanglante, ou encore de Mathilde, déguisée en moinillon par amour du fameux Ambrosio, le moine de l'histoire.
Tout du début à la fin nous montre que nous sommes dans le pur style de ces romans qui faisaient frissonner les jeunes filles et dont on parlait souvent discrètement, comme des oeuvres scandaleusement choquantes.
Il y a de quoi quand même, un moine qui veut séduire une jeune fille...
Le personnage du moine est terriblement bien dépeint, ses tortures, sa faiblesse, son désir face à la pureté de la jeune Antonia, si innocente et frêle.
J'avais peur de trouver le style un peu trop pompeux et fleuri, mais finalement j'ai vraiment bien accroché à l'histoire, même si parfois les nombreux rebondissements, que je devinais bien souvent, m'ont fait plus sourire qu'autre chose. Je n'ai jamais eu peur, nous connaissons maintenant bien trop les ficelles de ce genre de roman, mais il est intéressant de lire un tel classique du genre, qui à une certaine époque était très en vogue, et très sulfureux !
Evidement il y a de la magie là dessous, des pactes avec le diable, du surnaturel, des fantômes, des disparitions et des morts qui n'en sont pas, tous les ingrédients sont réunis !
J'ai passé donc un très bon moment, captivée par cette multitude d'événements, et j'ai trouvé la fin plutôt conforme à ce à quoi je m'attendais, même si j'ai eu une petite surprise quant au rôle de Mathilde.
J'ai hâte de savoir ce qu'en ont pensé mes co-lectrices Ellcrys et Belle de nuit, j'espère que le livre leur aura plu autant qu'à moi ^^
Si j'avais cru au départ ne lire que l'histoire du fameux Moine, le récit est en fait divisé en plusieurs parties, avec notamment la bien triste histoire d'Agnès et de Raymond, amoureux séparés, mais aussi celle de la Nonne sanglante, ou encore de Mathilde, déguisée en moinillon par amour du fameux Ambrosio, le moine de l'histoire.
Tout du début à la fin nous montre que nous sommes dans le pur style de ces romans qui faisaient frissonner les jeunes filles et dont on parlait souvent discrètement, comme des oeuvres scandaleusement choquantes.
Il y a de quoi quand même, un moine qui veut séduire une jeune fille...
Le personnage du moine est terriblement bien dépeint, ses tortures, sa faiblesse, son désir face à la pureté de la jeune Antonia, si innocente et frêle.
J'avais peur de trouver le style un peu trop pompeux et fleuri, mais finalement j'ai vraiment bien accroché à l'histoire, même si parfois les nombreux rebondissements, que je devinais bien souvent, m'ont fait plus sourire qu'autre chose. Je n'ai jamais eu peur, nous connaissons maintenant bien trop les ficelles de ce genre de roman, mais il est intéressant de lire un tel classique du genre, qui à une certaine époque était très en vogue, et très sulfureux !
Evidement il y a de la magie là dessous, des pactes avec le diable, du surnaturel, des fantômes, des disparitions et des morts qui n'en sont pas, tous les ingrédients sont réunis !
J'ai passé donc un très bon moment, captivée par cette multitude d'événements, et j'ai trouvé la fin plutôt conforme à ce à quoi je m'attendais, même si j'ai eu une petite surprise quant au rôle de Mathilde.
J'ai hâte de savoir ce qu'en ont pensé mes co-lectrices Ellcrys et Belle de nuit, j'espère que le livre leur aura plu autant qu'à moi ^^
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mercredi 16 novembre 2011
Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald.
Rosemary est une jeune actrice qui vient de connaître un joli succès, et se repose sur la riviera. Elle fait la connaissance des Diver, Dick et Nicole, sur la plage, et dès lors, tombe amoureuse de Dick, et du couple. C'est à travers le prisme de son regard que nous découvrons l'entité au centre de ce livre, ce couple si fascinant et en apparence si uni. On a au départ l'impression de tomber sur la description de vacances pour jeunes riches, un peu excentriques, porteurs de tendances, parfaits et énervants. Mais sous l'aspect policé, se cache toujours des failles. Et ça là que commence alors réellement le récit.
L'auteur et moi étions un peu fâchés. A cause de Gatsby. Parce que comme beaucoup de livres que j'ai du lire durant mes études, je l'ai pris en grippe.
Mais voilà, dans la vague "reconquête des auteurs détestés", et parce qu'à force de lire du bien de l'auteur, (surtout chez Asphodèle) j'en suis venue à me dire que c'était dommage de m'entêter, j'ai emprunté ce livre à la médiathèque.
Dès le début j'ai été séduite. Par le personnage de Rosemary. Son insouciance, sa naïveté encore toute enfantine. La beauté de sa découverte du monde. Puis est venue la seconde partie du roman. La rencontre entre Dick, jeune médecin, et Nicole. La naissance de leur amour que l'on sent, que l'on sait voué à l'échec. Comment ne pourrait-il pas l'être? Nicole peut-elle être heureuse avec un homme qui fascine tant les autres femmes? Et lui? Saura t-il être à la fois médecin et amant?
Outre nous offrir un panel de personnages savamment ciselés, profonds et humains, l'auteur a une plume qui vous emporte. Certaines de ses phrases entrent dans votre coeur et y font écho. Vous bouleversent par leur beauté. Vous transcendent.
Une jolie échappée donc, avec cette lecture, bien plus que je ne l'aurais cru.
L'auteur et moi étions un peu fâchés. A cause de Gatsby. Parce que comme beaucoup de livres que j'ai du lire durant mes études, je l'ai pris en grippe.
Mais voilà, dans la vague "reconquête des auteurs détestés", et parce qu'à force de lire du bien de l'auteur, (surtout chez Asphodèle) j'en suis venue à me dire que c'était dommage de m'entêter, j'ai emprunté ce livre à la médiathèque.
Dès le début j'ai été séduite. Par le personnage de Rosemary. Son insouciance, sa naïveté encore toute enfantine. La beauté de sa découverte du monde. Puis est venue la seconde partie du roman. La rencontre entre Dick, jeune médecin, et Nicole. La naissance de leur amour que l'on sent, que l'on sait voué à l'échec. Comment ne pourrait-il pas l'être? Nicole peut-elle être heureuse avec un homme qui fascine tant les autres femmes? Et lui? Saura t-il être à la fois médecin et amant?
Outre nous offrir un panel de personnages savamment ciselés, profonds et humains, l'auteur a une plume qui vous emporte. Certaines de ses phrases entrent dans votre coeur et y font écho. Vous bouleversent par leur beauté. Vous transcendent.
Une jolie échappée donc, avec cette lecture, bien plus que je ne l'aurais cru.
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dimanche 3 juillet 2011
Sans nom de Wilkie Collins
Deuxième rencontre pour moi avec cet ami de Dickens, et une petite peur avant de commencer, j'avais tellement aimé la Dame en blanc, que j'ai eu bien peur de moins aimer celui-ci.
Que nenni ! Je me suis prise très rapidement à l'histoire, pleine de mystères, j'ai frissonné, espéré une fin clémente pour les héroïnes, soupiré, ait été partagée entre affection pour les personnages et envie de leur taper dessus, bref, j'étais complètement embarquée.
Quelle est l'histoire? Je ne vous parlerais que du début, et vous incite, si vous comptez le lire, à ne pas trop essayer de vous renseigner, pour que le mystère reste intact.
Nous entrons donc, au début, dans la vie familiale d'un couple, les Vanstone, de leurs deux filles Norah, l'aînée, sage, discrète et raisonnée, Magdalen la cadette (tout juste dix huit ans), fantasque, belle et enjouée et de leur gourvernante, Miss Garth (un peu l'archétype de la gouvernante, cette Miss Garth d'ailleurs.) Quand commence l'intrigue, les parents font un voyage éclair à Londres, du jour au lendemain, sans que personne ne sache pourquoi. Que se passe t-il donc? Miss Garth en apprend un peu plus, mais malgré les révélations que lui fait Mme Vanstone, elle sent que cette dernière lui cache encore quelque chose. Le fameux mystère finit par être oublié par tout le monde alors que Magdalen s'amourache de l'aîné des fils de leur voisin, au grand dam de sa sœur qui le voit comme un falot incapable (à raison !). Néanmoins, Magdalen arrive à convaincre son père de lui donner sa bénédiction, et il semble clair que la famille va vivre la joie de préparatifs maritaux...
Oui mais voilà... Un drame. Suivi d'un autre.
Je ne vous dirais rien de plus, si ce n'est que le livre est basé sur les complots d'une femme blessée, qui cherche à tout prix à se venger. Cruelle, implacable, résolue et prête à tout, on a là un portrait de femme qu'on ne peut s'empêcher d'aimer, parce qu'elle est belle dans sa folie et son désarroi, qu'elle est certes animée par la vengeance mais qu'on ne peut s'empêcher de la comprendre, et parce qu'on se demande, si nous aussi, nous n'aurions pas fait de même.
Wilkie Collins nous tient en haleine jusqu'à la toute dernière phrase, passant de récits directs à indirects par lettres interposées, de point de vue d'un personnage, puis d'un autre, et l'on est happé jusqu'à l'ultime dénouement, où l'on pousse un soupir.
Il va sans dire que Wilkie et moi, ce n'est pas fini, et que je lirais très prochainement l'un de ses autres livres, dès que je le pourrais !
Que nenni ! Je me suis prise très rapidement à l'histoire, pleine de mystères, j'ai frissonné, espéré une fin clémente pour les héroïnes, soupiré, ait été partagée entre affection pour les personnages et envie de leur taper dessus, bref, j'étais complètement embarquée.
Quelle est l'histoire? Je ne vous parlerais que du début, et vous incite, si vous comptez le lire, à ne pas trop essayer de vous renseigner, pour que le mystère reste intact.
Nous entrons donc, au début, dans la vie familiale d'un couple, les Vanstone, de leurs deux filles Norah, l'aînée, sage, discrète et raisonnée, Magdalen la cadette (tout juste dix huit ans), fantasque, belle et enjouée et de leur gourvernante, Miss Garth (un peu l'archétype de la gouvernante, cette Miss Garth d'ailleurs.) Quand commence l'intrigue, les parents font un voyage éclair à Londres, du jour au lendemain, sans que personne ne sache pourquoi. Que se passe t-il donc? Miss Garth en apprend un peu plus, mais malgré les révélations que lui fait Mme Vanstone, elle sent que cette dernière lui cache encore quelque chose. Le fameux mystère finit par être oublié par tout le monde alors que Magdalen s'amourache de l'aîné des fils de leur voisin, au grand dam de sa sœur qui le voit comme un falot incapable (à raison !). Néanmoins, Magdalen arrive à convaincre son père de lui donner sa bénédiction, et il semble clair que la famille va vivre la joie de préparatifs maritaux...
Oui mais voilà... Un drame. Suivi d'un autre.
Je ne vous dirais rien de plus, si ce n'est que le livre est basé sur les complots d'une femme blessée, qui cherche à tout prix à se venger. Cruelle, implacable, résolue et prête à tout, on a là un portrait de femme qu'on ne peut s'empêcher d'aimer, parce qu'elle est belle dans sa folie et son désarroi, qu'elle est certes animée par la vengeance mais qu'on ne peut s'empêcher de la comprendre, et parce qu'on se demande, si nous aussi, nous n'aurions pas fait de même.
Wilkie Collins nous tient en haleine jusqu'à la toute dernière phrase, passant de récits directs à indirects par lettres interposées, de point de vue d'un personnage, puis d'un autre, et l'on est happé jusqu'à l'ultime dénouement, où l'on pousse un soupir.
Il va sans dire que Wilkie et moi, ce n'est pas fini, et que je lirais très prochainement l'un de ses autres livres, dès que je le pourrais !
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vendredi 29 avril 2011
La curée d'Emile Zola
Roman de l'avidité envers l'argent et du destin d'une Phèdre moderne, la Curée est le deuxième volume de la saga des Rougon-Macquart.
Le personnage principal est Aristide Rougon (déjà présent dans la Fortune des Rougon), qui s'est renommé Aristide Saccard, monté à Paris avec sa femme et sa fille pour y faire fortune. Il y retrouve son frère Eugène, qui s'il est ministre ne l'appuie que mollement, et seulement s'il est sûr de ne pas se trouver éclaboussé d'un scandale, et sa soeur, Sidonie, aux activités assez louches, mais qui ne manque pas de relations.
De son frère, il obtient un petit poste à l'hôtel de ville, et de sa soeur, une nouvelle femme, alors que sa première épouse agonise et entend la discussion des deux Rougon à propos de la future épouse, Renée.
La tante de cette dernière cherche absolument un mari pour elle, puisque la pauvre Renée, au sortir du couvent, est tombée enceinte après s'être fait violer. Il faut absolument qu'elle se marie pour éviter le déshonneur, et au vu de la somme qu'est prête à donner la tante, Aristide se dévoue, à peine sa femme enterrée et sa fille expédiée à la campagne. (Quel père modèle !)
Renée perd rapidement l'enfant de son viol, et commence alors pour les deux époux une vie parallèle, chacun dans son monde, ne se croisant qu'avec bonhomie pour se plier aux exigences mondaines. Le duo est bien vite rejoint par le fils d'Aristide, Maxime, un adolescent aux allures de jeune fille, que Renée prend sous son aile.
Et c'est alors que Maxime grandit, que se noue le drame de la vie de cette pauvre Renée, qui est victime des Rougon. Victime de son mari qui joue avec sa dot et tente de la tromper de toutes les manières possibles pour qu'elle signe divers papiers, et victime de la mollesse de Maxime, devenu son amant, qui ne l'aime pas mais ne sait pas lui résister. Elle est une Phèdre à qui l'on cède, mais qui tout de même est conduite irrémédiablement à sa perte.
La plume de Zola se fait parfois lyrique, et détaille toujours avec profusion le milieu dans lequel évolue les protagonistes. Des dorures des salons aux tenues des femmes, de la verdure du Bois de Boulogne aux lumières de la ville, on assiste à la transformation de Paris (on est en pleine époque haussmannienne!). Les Rougon sont toujours aussi détestables, mais bizarrement fascinants tant les tréfonds de l'âme humaine et de toutes ces vicissitudes sont admirablement dépeints. La lecture d'un Zola ne vous laisse jamais indemne, et l'on sort à la fois repu par la beauté de ses mots, mais aussi dégoûté et amer des vices de l'âme humaine qu'il campe sans complaisance.
Deux extraits : " Renée, dans ses satiétés, éprouva une singulière sensation de désirs inavouables, à voir ce paysage qu’elle ne reconnaissait plus, cette nature si artistement mondaine, et dont la grande nuit frissonnante faisait un bois sacré, une de ces clairières idéales au fond desquelles les anciens dieux cachaient leurs amours géantes, leurs adultères et leurs incestes divins. Et, à mesure que la calèche s’éloignait, il lui semblait que le crépuscule emportait derrière elle, dans ses voiles tremblants, la terre du rêve, l’alcôve honteuse et surhumaine où elle eût enfin assouvi son cœur malade, sa chair lassée.."
"Un amour immense, un besoin de volupté, flottait dans cette nef close, où bouillait la sève ardente des tropiques. La jeune femme était prise dans ces noces puissantes de la terre, qui engendraient autour d’elle ces verdures noires, ces tiges colossales ; et les couches âcres de cette mer de feu, cet épanouissement de forêt, ce tas de végétations, toutes brûlantes des entrailles qui les nourrissaient, lui jetaient des effluves troublants, chargés d’ivresse. À ses pieds, le bassin, la masse d’eau chaude, épaissie par les sucs des racines flottantes, fumait, mettait à ses épaules un manteau de vapeurs lourdes, une buée qui lui chauffait la peau, comme l’attouchement d’une main moite de volupté. Sur sa tête, elle sentait le jet des Palmiers, les hauts feuillages secouant leur arôme. Et plus que l’étouffement chaud de l’air, plus que les clartés vives, plus que les fleurs larges, éclatantes, pareilles à des visages riant ou grimaçant entre les feuilles, c’étaient surtout les odeurs qui la brisaient. Un parfum indéfinissable, fort, excitant, traînait, fait de mille parfums : sueurs humaines, haleines de femmes, senteurs de chevelures ; et des souffles doux et fades jusqu’à l’évanouissement, étaient coupés par des souffles pestilentiels, rudes, chargés de poisons. Mais, dans cette musique étrange des odeurs, la phrase mélodique qui revenait toujours, dominant, étouffant les tendresses de la Vanille et les acuités des Orchidées, c’était cette odeur humaine, pénétrante, sensuelle, cette odeur d’amour qui s’échappe le matin de la chambre close de deux jeunes époux."
Encore une rencontre réussie avec Émile, et voilà qui me donne envie de lire assez rapidement le Ventre de Paris.
samedi 12 février 2011
La tragédie d'Othello, le Maure de Venise, de William Shakespeare.
Je n'avais pas encore eu l'occasion jusqu'à présent de me pencher sur ce classique. Mais comme je me suis inscrite au challenge Shakespeare, j'ai une motivation de plus pour lire le théâtre de ce fabuleux auteur.
L'histoire? L'action commence à Venise où Othello vient d'épouser la belle Desdémone, contre l'avis du père de celle-ci. Après cette révélation, ils partent séparement à Chypre, où Othello est nommé.
Une histoire qui semble commencer bien non? Un valeureux guerrier, qui s'il est "maure", a trouvé femme assez intelligente pour faire fi du racisme, (à l'époque cela me semble notable non?), et qui est reconnu par sa hiérarchie.
Oui mais voilà, il y a quelque chose de pourri dans l'histoire. Enfin, quelqu'un. Iago, qui a pris en grippe le Maure parce qu'il ne l'a pas nommé à un poste qu'il jugeait mériter.
Alors, commence l'implacable machination tissée par le retords Iago. Et personne ne pourra l'arrêter...
Encore une fois, je suis restée scotchée par le talent de caractérisation de personnages de Shakespeare. Desdémone est angélique et loyale, Othello doute profondément de lui même et est d'une naïveté sans bornes, et Iago, est d'un machiavélisme hors du commun.
On sent dès les premières lignes que la tragédie aura lieu. Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de frémir, d'espérer une issue autre, et de plaindre les victimes de Iago. Othello est si humain qu'on pourrait avoir l'impression qu'il a vraiment existé, qu'il a vraiment souffert tous les tourments de la jalousie et de la trahison.
Je me suis fait la réflexion en fermant le livre qu'il faudrait que j'ai le courage de lire Shakespeare dans le texte, en anglais, pour apprécier pleinement ses œuvres.
Et quelques extraits, parce que ça vaut vraiment le coup :
"Pour peu qu’on se tienne sur la plage écumante, les flots irrités semblent lapider les nuages ; la lame, secouant au vent sa haute et monstrueuse crinière, semble lancer l’eau sur l’ourse flamboyante et inonder les satellites du pôle immuable."
Othello : -"Ah ! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier, quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur, je te chasserai dans un sifflement et je t’abandonnerai au vent pour chercher ta proie au hasard !… Peut-être, parce que je suis noir, et que je n’ai pas dans la conversation les formes souples des intrigants, ou bien parce que j’incline vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consolation qui me reste, c’est de la mépriser. ô malédiction du mariage, que nous puissions appeler nôtres ces délicates créatures et non pas leurs appétits ! J’aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d’un cachot que de laisser un coin dans l’être que j’aime à l’usage d’autrui ! Voilà pourtant le fléau des grands ; ils sont moins privilégiés que les petits. C’est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie…"
-" Le ciel aurait Voulu m’éprouver par des revers, il aurait fait pleuvoir toutes sortes de maux et d’humiliations sur ma tête nue, il m’aurait plongé dans la misère jusqu’aux lèvres, il m’aurait voué à la captivité, moi et mes espoirs suprêmes ; eh bien ! j’aurais trouvé quelque part dans mon âme une goutte de résignation. Mais, hélas ! faire de moi le chiffre fixe que l’heure du mépris désigne de son aiguille lentement mobile ! Pourtant j’aurais pu supporter cela encore, bien, très bien ! Mais le lieu choisi dont j’avais fait le grenier de mon cœur, et d’où je dois tirer la vie, sous peine de la perdre ! mais la fontaine d’où ma source doit couler pour ne pas se tarir ! en être dépossédé, ou ne pouvoir la garder que comme une citerne où des crapauds hideux s’accouplent et pullulent !… Oh ! change de couleur à cette idée, Patience, jeune chérubin aux lèvres roses, et prends un visage sinistre comme l’enfer !"
L'histoire? L'action commence à Venise où Othello vient d'épouser la belle Desdémone, contre l'avis du père de celle-ci. Après cette révélation, ils partent séparement à Chypre, où Othello est nommé.
Une histoire qui semble commencer bien non? Un valeureux guerrier, qui s'il est "maure", a trouvé femme assez intelligente pour faire fi du racisme, (à l'époque cela me semble notable non?), et qui est reconnu par sa hiérarchie.
Oui mais voilà, il y a quelque chose de pourri dans l'histoire. Enfin, quelqu'un. Iago, qui a pris en grippe le Maure parce qu'il ne l'a pas nommé à un poste qu'il jugeait mériter.
Alors, commence l'implacable machination tissée par le retords Iago. Et personne ne pourra l'arrêter...
Encore une fois, je suis restée scotchée par le talent de caractérisation de personnages de Shakespeare. Desdémone est angélique et loyale, Othello doute profondément de lui même et est d'une naïveté sans bornes, et Iago, est d'un machiavélisme hors du commun.
On sent dès les premières lignes que la tragédie aura lieu. Pourtant, je n'ai pas pu m'empêcher de frémir, d'espérer une issue autre, et de plaindre les victimes de Iago. Othello est si humain qu'on pourrait avoir l'impression qu'il a vraiment existé, qu'il a vraiment souffert tous les tourments de la jalousie et de la trahison.
Je me suis fait la réflexion en fermant le livre qu'il faudrait que j'ai le courage de lire Shakespeare dans le texte, en anglais, pour apprécier pleinement ses œuvres.
Et quelques extraits, parce que ça vaut vraiment le coup :
"Pour peu qu’on se tienne sur la plage écumante, les flots irrités semblent lapider les nuages ; la lame, secouant au vent sa haute et monstrueuse crinière, semble lancer l’eau sur l’ourse flamboyante et inonder les satellites du pôle immuable."
Othello : -"Ah ! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier, quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur, je te chasserai dans un sifflement et je t’abandonnerai au vent pour chercher ta proie au hasard !… Peut-être, parce que je suis noir, et que je n’ai pas dans la conversation les formes souples des intrigants, ou bien parce que j’incline vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consolation qui me reste, c’est de la mépriser. ô malédiction du mariage, que nous puissions appeler nôtres ces délicates créatures et non pas leurs appétits ! J’aimerais mieux être un crapaud et vivre des vapeurs d’un cachot que de laisser un coin dans l’être que j’aime à l’usage d’autrui ! Voilà pourtant le fléau des grands ; ils sont moins privilégiés que les petits. C’est là une destinée inévitable comme la mort : le fléau cornu nous est réservé fatalement dès que nous prenons vie…"
-" Le ciel aurait Voulu m’éprouver par des revers, il aurait fait pleuvoir toutes sortes de maux et d’humiliations sur ma tête nue, il m’aurait plongé dans la misère jusqu’aux lèvres, il m’aurait voué à la captivité, moi et mes espoirs suprêmes ; eh bien ! j’aurais trouvé quelque part dans mon âme une goutte de résignation. Mais, hélas ! faire de moi le chiffre fixe que l’heure du mépris désigne de son aiguille lentement mobile ! Pourtant j’aurais pu supporter cela encore, bien, très bien ! Mais le lieu choisi dont j’avais fait le grenier de mon cœur, et d’où je dois tirer la vie, sous peine de la perdre ! mais la fontaine d’où ma source doit couler pour ne pas se tarir ! en être dépossédé, ou ne pouvoir la garder que comme une citerne où des crapauds hideux s’accouplent et pullulent !… Oh ! change de couleur à cette idée, Patience, jeune chérubin aux lèvres roses, et prends un visage sinistre comme l’enfer !"
mardi 9 novembre 2010
Jane Eyre de Charlotte Brontë.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...
Proverbe juste s'il en est, que j'ai encore illustré aujourd'hui.
J'ai lu Jane Eyre pour la première fois quand j'étais adolescente, et le roman m'avait prodigieusement gonflé. J'en avais le souvenir de quelqu'un chose de long, de lourd, et de pesant. De profondément "victorien" en réalité.
Oui mais voilà, l'un de mes livres favoris, est L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. Je me suis fait la réflexion qu'il était impossible de lire correctement ce roman si on avait pas connaissance de l'histoire de Jane Eyre, si l'on ne connaissait pas un temps soi peu le roman originel.
Bref, me voilà à farfouiller dans wikisource, parfois j'ai des envies subites, et hors de question d'acheter un livre que je suis persuadée de ne pas aimer.
Je commence la lecture. Et je relève la tête au mot fin.
Cette fois, Jane Eyre m'a vraiment embarquée, je suis vraiment rentrée dans le roman.
L'histoire se passe en Angleterre, et Jane, l'héroïne, est une petite orpheline, laissée aux soins de sa tante par alliance, une femme qui la considère comme une mauvaise enfant. Jane n'a pas sa place dans cette maison où seuls les enfants de Mrs Reed (la tante) sont bien vus. Elle tente de se faire toute petite, d'échapper aux remontrances des uns, à la tyrannie de son cousin, et finit par tomber malade, après avoir été enfermée dans une chambre qui a la réputation d'être hantée. Suite à cela, elle finit par être envoyée dans une pension pour orpheline où elle va trouver un certain réconfort. Pourtant, au début, les temps sont durs pour les pensionnaires. Peu de nourriture, un froid de canard, des maladies... Mais Jane s'y sent pourtant mieux et se fait même une amie Helen.
Je ne dévoilerais pas les détails de cette partie du récit, il me semble qu'il vaut mieux laisser quelques surprises au possible lecteur.
Quoiqu'il en soit, quand elle a dix huit ans, Jane est engagée pour être préceptrice chez Monsieur Rochester, dont la maison est tenue par Mme Fairfax. Elle doit s'occuper de la pupille de son employeur, une jeune gamine vive et théâtrale, dont la mère est française.
Jane va finir par tomber amoureuse de Monsieur Rochester malgré le caractère sombre de ce dernier et son physique particulier. Oui mais voilà, tout n'est pas si simple. Le sort et la société et ses règles semblent s'être liés pour empêcher leur amour. Je n'en dis pas plus :)
Pour en venir à mon avis, j'ai adoré le personnage de Monsieur Rochester, sombre, âme tumultueuse et agitée, intelligent et sarcastique, désabusé mais tendre.
Jane quant à elle est franche, spontanée, a tendance à dire ce qu'elle pense sans ambages, mais a un profond sens du devoir et de ce que l'on doit faire. Elle ne se rebelle que quand elle estime que quelque chose n'est pas juste. Certains la trouvent un peu pudibonde, trop soucieuse de la bienséance, mais il ne faut pas oublier que le roman date de la fin du 19ème siècle et qu'alors la société était dirigée par des règles très strictes. A mon sens, Jane n'aurait pas pu avoir un autre comportement. En cas contraire le roman aurait été entaché d'une aura de scandale et n'aurait peut être pas eu le même succès. Pour moi, elle est parfaite comme elle est, avec ses défauts et ses qualités.
Un autre bon point du roman, les descriptions. Ah que la campagne anglaise me semble bucolique et tourmentée ! Que l'on a envie en lisant ce livre de mettre le nez dehors et d'aller sur les chemins tortueux de quelque campagne déserte. La poésie de ces esquisses de nature et de paysages m'a vraiment touchée.
Au final, cette histoire d'amour est l'une des plus belles de la littérature, à mon sens bien sûr.
Quelques petits extraits, comme d'habitude.
« mon esprit flamboyait comme un tas de bruyères embrasées ; mais de même que celles-ci, après avoir été enflammées, ne laissent plus que cendres, mon âme se trouva anéantie… »
« J’avais goûté la vengeance pour la première fois ; comme les vins épicés, elle me sembla agréable, chaude et vivifiante ; mais l’arrière-goût métallique et brûlant me laissa la sensation d’un empoisonnement. »
« Ce travail achevé, je ne rentrai pas encore ; la rosée donnait un doux parfum aux fleurs, la soirée était sereine et chaude ; l’orient empourpré promettait un beau lendemain ; à l’occident la lune se levait majestueuse ; je remarquais toutes ces choses, et j’en jouissais comme un enfant peut en jouir. »
« À l’horizon, un beau ciel d’azur marbré de taches blanches comme des perles. »
« J’étais à un mille de Thornfield, dans un sentier connu pour ses roses sauvages en été, ses noisettes et ses mûres en automne, et qui même alors possédait encore quelques-uns des fruits rouges de l’aubépine ; mais en hiver son véritable attrait consistait dans sa complète solitude et dans son calme dépouillé. Si une brise venait à s’élever, on ne l’entendait pas ; car il n’y avait pas un houx, pas un seul de ces arbres dont le feuillage se conserve toujours vert et fait siffler le vent ; l’aubépine flétrie et les buissons de noisetiers étaient aussi muets que les pierres blanches placées au milieu du sentier pour servir de chaussée. »
« un jour vous arriverez aux écueils, un jour votre vie se brisera dans un tourbillon tumultueux en une bruyante écume ; alors vous volerez sur les pics des rochers comme une poussière liquide, ou bien, soulevée par une vague puissante, vous serez jetée dans un courant plus calme. » (M Rochester)
« Sa présence dans une chambre était plus réjouissante pour moi que le feu le plus brillant."
« Jane Eyre, si ardente dans son espoir ; Jane Eyre, qui avait été presque femme, n’était plus qu’une jeune fille triste et seule : sa vie était décolorée et ses rêves détruits ! »
L'image est tirée de l'adaptation de Jane Eyre par la BBC en 2006 (il faut que je déniche ça, je meurs d'envie de la voir !)
mardi 17 août 2010
Anna Karénine de Léon Tolstoï (14 sur 207)
Deuxième incursion dans la littérature russe, avec quelque chose de plus "classique" que Boulgakov, à savoir Anna Karénine, de Léon Tolstoï publié en 1877.
Je ne ferais pas un résumé des plus pertinents, parce que je n'aime pas trop ça, aussi me contenterais-je de livrer quelques phrases qui m'ont plus et quelques avis sur les personnages.
L'incipit d'abord,repris dans l'élégance du Hérisson, " Toutes les familles heureuses se ressemblent mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon".
Quel commencement ! De là découle tout le livre, et de là on comprend qu'on ne va pas lire une histoire heureuse. Ne pas lire de littérature russe si l'on est déjà mélancolique.
Autre complication outre le ton peu joyeux en général du roman, les noms russes. Que de complications, de surnoms, d'appelations diverses pour un même personnage. On passe de Stepane Arcadievitch Oblonski, appelé Oblonski, ou Stiva, le frère de l'héroïne à Constantin Dmitrievicth Levine, le plus souvent appelé Levine, et j'en passe...
Autre fait déroutant, il se passe un certain temps avant que l'héroïne apparaisse vraiment. Le roman commence par le désordre qui règne dans la famille d'Oblonski, le frère d'Anna, dont la femme a découvert qu'il la trompait.
Dans tout le roman, j'attendais avec impatience les apparitions de Lévine, qui de nature orageuse, mélancolique, changeante et torturée, a été le personnage pour moi le plus intéressant et peut être celui à qui je me suis le plus identifiée. Lévine n'aime que la solitude, et il oscille entre désespoir et bonheur sans borne, entre exaltation et abattement le plus total. C'est son histoire avec Kitty,toute innocente, pure et charmante comme le sont les jeunes filles qui m'a le plus plu. Une histoire heureuse, au dénouement joyeux, a contrario de l'histoire de l'héroïne, Anna, qui vit un amour clandestin puis désapprouvé avec Vronski, dont Kitty sera au début amoureuse.
Je n'ai pas aimé le personnage d'Anna. Torturée à l'extrême, se laissant guider par des élans de passion, semblant se conduire inexorablement à sa perte. Elle m'a un peu exaspéré, beaucoup fait pitié, parfois dérangé, mais jamais je n'ai pu l'aimer. Il y a pourtant un passage avec elle, de toute beauté, où pendant un voyage en train ses états d'âme se fondent avec la tempête de neige qui a lieu dehors, où son affolement est aussi vif que les conditions climatiques. Mais pourtant, je n'ai jamais su apprécier son personnage.
J'ai pourtant énormément aimé ce roman, cette particularité de la littérature russe, les descriptions des paysages qui coïncident si bien aux états d'âme, cette rigueur des âmes et en même temps cet éclat du coeur russe. Il y a quelque chose d'indéfinissable dans ce roman qui à mon sens se marie très bien à un jour de pluie où affolées les gouttes tombent fortement sur le sol. A lire donc, de préférence par mauvais temps en regardant de temps à autre la pluie tomber. (et j'ose avouer que j'ai lu parfois en diagonale certains passages un brin philosophiques, qui à mon sens n'apportaient rien, mais donnaient sans doute l'opinion de Tolstoï sur certains point et problèmes de la Russie à cette époque.)
Quelques citations :
"Avoir des opinions dans une société où une certaine activité intellectuelle devient nécessaire avec l'âge, lui était aussi indispensable que de porter des chapeaux" (à propos de Stepane)
"Il lui disait précisément les mots que désirait son âme et que redoutait sa raison" (Etat d'âme d'Anna à propos de Vronski)
"Le gouffre c'était la vie elle même..."
"Une passion tragique à la Werther"
"Mais je suis comme un homme affamé à qui on a donné à manger" (Lévine, bien sûr)
"La liberté? Pourquoi la liberté? Le bonheur pour moi consiste à aimer, à désirer, à n'avoir plus d'autres pensées ni désirs que les siens, c'est donc la négation de la liberté, et c'est ça le bonheur" (encore Lévine)
"Amour pesant et tragique" (Vronski, pensant à sa liaison avec Anna)
"C'était le cri hardi, impertinent d'un nouvel être humain qui ne prenait rien en considération et qui venait de surgir d'on ne sait où"
"Comme un instrument, je puis encore être de quelque utilité, mais en tant qu'homme je ne suis plus qu'une ruine." Vronski.
"Mais désormais toute ma vie, chacun des instants de ma vie, indépendamment de ce qui pourra m'arriver, aura un sens, un caractère dont j'aurai le pouvoir de le revêtir, celui du bien" (Levine, enfin appaisé)
Je ne ferais pas un résumé des plus pertinents, parce que je n'aime pas trop ça, aussi me contenterais-je de livrer quelques phrases qui m'ont plus et quelques avis sur les personnages.
L'incipit d'abord,repris dans l'élégance du Hérisson, " Toutes les familles heureuses se ressemblent mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon".
Quel commencement ! De là découle tout le livre, et de là on comprend qu'on ne va pas lire une histoire heureuse. Ne pas lire de littérature russe si l'on est déjà mélancolique.
Autre complication outre le ton peu joyeux en général du roman, les noms russes. Que de complications, de surnoms, d'appelations diverses pour un même personnage. On passe de Stepane Arcadievitch Oblonski, appelé Oblonski, ou Stiva, le frère de l'héroïne à Constantin Dmitrievicth Levine, le plus souvent appelé Levine, et j'en passe...
Autre fait déroutant, il se passe un certain temps avant que l'héroïne apparaisse vraiment. Le roman commence par le désordre qui règne dans la famille d'Oblonski, le frère d'Anna, dont la femme a découvert qu'il la trompait.
Dans tout le roman, j'attendais avec impatience les apparitions de Lévine, qui de nature orageuse, mélancolique, changeante et torturée, a été le personnage pour moi le plus intéressant et peut être celui à qui je me suis le plus identifiée. Lévine n'aime que la solitude, et il oscille entre désespoir et bonheur sans borne, entre exaltation et abattement le plus total. C'est son histoire avec Kitty,toute innocente, pure et charmante comme le sont les jeunes filles qui m'a le plus plu. Une histoire heureuse, au dénouement joyeux, a contrario de l'histoire de l'héroïne, Anna, qui vit un amour clandestin puis désapprouvé avec Vronski, dont Kitty sera au début amoureuse.
Je n'ai pas aimé le personnage d'Anna. Torturée à l'extrême, se laissant guider par des élans de passion, semblant se conduire inexorablement à sa perte. Elle m'a un peu exaspéré, beaucoup fait pitié, parfois dérangé, mais jamais je n'ai pu l'aimer. Il y a pourtant un passage avec elle, de toute beauté, où pendant un voyage en train ses états d'âme se fondent avec la tempête de neige qui a lieu dehors, où son affolement est aussi vif que les conditions climatiques. Mais pourtant, je n'ai jamais su apprécier son personnage.
J'ai pourtant énormément aimé ce roman, cette particularité de la littérature russe, les descriptions des paysages qui coïncident si bien aux états d'âme, cette rigueur des âmes et en même temps cet éclat du coeur russe. Il y a quelque chose d'indéfinissable dans ce roman qui à mon sens se marie très bien à un jour de pluie où affolées les gouttes tombent fortement sur le sol. A lire donc, de préférence par mauvais temps en regardant de temps à autre la pluie tomber. (et j'ose avouer que j'ai lu parfois en diagonale certains passages un brin philosophiques, qui à mon sens n'apportaient rien, mais donnaient sans doute l'opinion de Tolstoï sur certains point et problèmes de la Russie à cette époque.)
Quelques citations :
"Avoir des opinions dans une société où une certaine activité intellectuelle devient nécessaire avec l'âge, lui était aussi indispensable que de porter des chapeaux" (à propos de Stepane)
"Il lui disait précisément les mots que désirait son âme et que redoutait sa raison" (Etat d'âme d'Anna à propos de Vronski)
"Le gouffre c'était la vie elle même..."
"Une passion tragique à la Werther"
"Mais je suis comme un homme affamé à qui on a donné à manger" (Lévine, bien sûr)
"La liberté? Pourquoi la liberté? Le bonheur pour moi consiste à aimer, à désirer, à n'avoir plus d'autres pensées ni désirs que les siens, c'est donc la négation de la liberté, et c'est ça le bonheur" (encore Lévine)
"Amour pesant et tragique" (Vronski, pensant à sa liaison avec Anna)
"C'était le cri hardi, impertinent d'un nouvel être humain qui ne prenait rien en considération et qui venait de surgir d'on ne sait où"
"Comme un instrument, je puis encore être de quelque utilité, mais en tant qu'homme je ne suis plus qu'une ruine." Vronski.
"Mais désormais toute ma vie, chacun des instants de ma vie, indépendamment de ce qui pourra m'arriver, aura un sens, un caractère dont j'aurai le pouvoir de le revêtir, celui du bien" (Levine, enfin appaisé)
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jeudi 29 avril 2010
Tess d'Urberville de Thomas Hardy (13 sur 207)
Tess...
J'en attendais beaucoup de ce livre, je ne sais d'ailleurs trop pourquoi, sans doute en ais-je entendu parler dans un quelconque roman et l'image m'a suivie.
J'ai toujours retardé le moment de lire Thomas Hardy, me doutant que je n'aimerais pas.
Le destin de Tess, aînée d'une famille de paysans au père fainéant et à la mère paresseuse et rêveuse, n'est franchement pas rose.
Elle est jolie Tess, et cela semble être le soucis. Trop belle, trop charmante, trop innocente. Sa vie va être une succession de malheurs sans fin jusqu'à un final fatal.
Je ne sais pas si je n'étais pas dans l'esprit tragique, mais j'ai trouvé ça lourd et pesant. Les seuls moments agréables résidant dans les descriptions de l'héroïne quand elle est encore fraîche, dans les rares instants bucoliques et innocents.
Bref, loin d'être inoubliable pour moi.
J'en attendais beaucoup de ce livre, je ne sais d'ailleurs trop pourquoi, sans doute en ais-je entendu parler dans un quelconque roman et l'image m'a suivie.
J'ai toujours retardé le moment de lire Thomas Hardy, me doutant que je n'aimerais pas.
Le destin de Tess, aînée d'une famille de paysans au père fainéant et à la mère paresseuse et rêveuse, n'est franchement pas rose.
Elle est jolie Tess, et cela semble être le soucis. Trop belle, trop charmante, trop innocente. Sa vie va être une succession de malheurs sans fin jusqu'à un final fatal.
Je ne sais pas si je n'étais pas dans l'esprit tragique, mais j'ai trouvé ça lourd et pesant. Les seuls moments agréables résidant dans les descriptions de l'héroïne quand elle est encore fraîche, dans les rares instants bucoliques et innocents.
Bref, loin d'être inoubliable pour moi.
lundi 19 avril 2010
La fortune des Rougon (11 sur 207)
Emile Zola. Auteur ô combien célèbre, monument de la littérature française, que, jusque lors, je n'ai que peu lu. (Nana et Le bonheur des Dames, uniquement, bien que j'ai adoré les deux).
Hors donc, sur ma fameuse liste, voilà qu'il me faut lire, entière, la saga des Rougon-Macquart. Vaste aventure s'il en est, que j'abordais avec une certaine répugnance.
Puisqu'il fallait commencer par le début, logique, j'emprunte donc à la médiathèque de Toulouse, la fortune des Rougon. Là où tout commence, en quelque sorte le prologue à tout, l'installation, le premier acte.
Livre de 1871, La fortune des Rougon a pour titre "scientifique" comme le dit l'auteur "Les origines". On n'entre pas tout de suite dans le vif du sujet, et le premier personnage du récit n'apparaît que vers la page 24 (le récit commençant sur mon édition page 20).
On peut être au premier abord un peu déboussolé par les sauts dans le temps, assez nombreux, mais je m'y suis fait assez vite.
L'histoire est assez simple en somme, Adélaïde Foulque, une héritière d'un maraîcher va avoir trois enfants. L'aîné, issu de son mariage, se nomme Pierre et a le nom de son père, Rougon. Les deux autres sont Antoine et Ursule Macquart dont le père Eustache est un brigand qui va et vient à sa guise et entretient une liaison avec Adélaïde.
Pierre est bourré de prétentions sociales et ne cherche qu'à se hisser, ce qu'il commence à faire en se mariant avec Félicité Puech, une bourgeoise dont la famille manque cruellement d'argent. Ils auront trois fils.
On retrouvera également en héros (un brin romantique et plein d'illusions et de fougue) Silvère, l'un des fils d'Ursule. Il vivra un amour sincère avec Miette, une jeune adolescente orpheline. Leur amour est la fraîcheur du livre, amenant des passages bucoliques et frais d'amours jeunes.
En toile de fond, la lutte des partisans de la république, des bonapartistes et des royalistes qui servent et desservent les ambitions des uns et des autres. Je n'en dirais pas plus de l'intrigue pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui voudraient lire le livre :)
Ce que je retiendrais de ce roman c'est ses héros attachants avec leur simplicité et leurs défauts, jamais noirs ou blancs, toujours d’un gris qui en devient éclatant.
Les moments bucoliques succèdent aux travers des vicissitudes de certains, la poésie laisse place à la description du quotidien ou des manœuvres politiques dans un langage sans cesse renouvelé de descriptions fluides et belles.
Deux petites citations :" l'hérédité a ses lois comme la pesanteur"
et (à propos de Silvère) "un de ces esprits tendres et exquis logés en pleine chair, et qui souffrent de ne pas pouvoir sortir rayonnants de leur épaisse enveloppe"
A LIRE ABSOLUMENT !
mardi 13 octobre 2009
Le maitre et Marguerite de Mikhail Boulgakov (8 sur 207)
Commencé en 1928, ce roman de Mikhail Boulgakov, son oeuvre la plus connue, ne paraîtra qu'après la mort de son auteur. Il brulera une fois son roman, (le parallèle avec le Maitre est amusant, est-il significatif?) avant de reprendre son écriture quelques années plus tard. C'est l'épouse de l'auteur qui l'achèvera et le fera publier.
Que dire de cet ovni littéraire? Roman jubilatoire et étrange, dont il ressort un sentiment de grande farce mais aussi de grande réflexion philosophique sur le divin, le bien et le mal.
Tout commence à Moscou, dans les années 30, quand deux lettrés (Berlioz et Bezdommy) rencontrent un drôle d'étranger. (si bizarre que la description fini sur "bref, un étranger"). Il intervient dans leur discution à propos de la non existence de Dieu, et du diable. Ces propos sont fort emprunts de mystère, et les deux amis le prennent pour un fou.
Jusque là, pas grand chose d'étrange, si ce n'est qu'on a bien l'impression que l'étranger est le diable. Mais à partir de là tout va s'accélérer et se mêler dans une joyeuse sarabande. Internement, morts, disparitions, femmes se baladant nues, magie, apparitions, diableries...
(et le récit d'une partie de la vie de Ponce Pilate, en filigrane)
Je ne dévoilerais pas plus de l'intrigue, parce que je pense qu'il faut lire le livre avant tout !
Ce que je retiens en tout cas, c'est l'apparition fort tardive des deux personnages évoqués dans le titre. Je trouve ça intéressant et assez peu commun. Les disparitions en pagaille me semblent être le reflet de la russie soviétique où beaucoup de gens disparaissait ainsi. Il y a quelques reprises des clichés véhiculés sur le diable, un chat noir, les seules personnes traitant avec lui devenant des sorcières .
Finalement, le personnage du diable semble le plus fidèle à lui même dans cette russie où les personnages ont des comportements assez étranges et ridicules.
Première incursion dans la littérature russe réussie donc.
La suite au prochain numéro.
Que dire de cet ovni littéraire? Roman jubilatoire et étrange, dont il ressort un sentiment de grande farce mais aussi de grande réflexion philosophique sur le divin, le bien et le mal.
Tout commence à Moscou, dans les années 30, quand deux lettrés (Berlioz et Bezdommy) rencontrent un drôle d'étranger. (si bizarre que la description fini sur "bref, un étranger"). Il intervient dans leur discution à propos de la non existence de Dieu, et du diable. Ces propos sont fort emprunts de mystère, et les deux amis le prennent pour un fou.
Jusque là, pas grand chose d'étrange, si ce n'est qu'on a bien l'impression que l'étranger est le diable. Mais à partir de là tout va s'accélérer et se mêler dans une joyeuse sarabande. Internement, morts, disparitions, femmes se baladant nues, magie, apparitions, diableries...
(et le récit d'une partie de la vie de Ponce Pilate, en filigrane)
Je ne dévoilerais pas plus de l'intrigue, parce que je pense qu'il faut lire le livre avant tout !
Ce que je retiens en tout cas, c'est l'apparition fort tardive des deux personnages évoqués dans le titre. Je trouve ça intéressant et assez peu commun. Les disparitions en pagaille me semblent être le reflet de la russie soviétique où beaucoup de gens disparaissait ainsi. Il y a quelques reprises des clichés véhiculés sur le diable, un chat noir, les seules personnes traitant avec lui devenant des sorcières .
Finalement, le personnage du diable semble le plus fidèle à lui même dans cette russie où les personnages ont des comportements assez étranges et ridicules.
Première incursion dans la littérature russe réussie donc.
La suite au prochain numéro.
lundi 12 octobre 2009
Hamlet, de William Shakespeare
Publié en 1603, et écrit par l'un des plus grands auteurs anglais, William Shakespeare. Même s'il y a parfois quelques doutes quand à Shakespeare, d'aucuns disant qu'on doit ses oeuvres à Francis Bacon, il reste un auteur marquant dans le monde entier. Qui ne connait pas la célèbre phrase "to be or not to be, that is the question?".
Sans parler des nombreux tableaux inspirés de ses oeuvres.
En voici deux, l'un de Thomas Lawrence, représentant une personne jouant Hamlet, et l'autre de John Everett Millais, représentant Ophélie.


Pour ce qui est de la pièce en elle même, Hamlet prince de Danemark, est l'une de ces oeuvres qu'on ne referme pas une fois qu'on en a entamé la lecture. C'est surtout quand Hamlet parle que j'ai ressenti cette chose imperceptible qu'on ressent quand on lit quelque chose de supérieur. La fluidité des mots, la richesse du vocabulaire et des phrases, la poésie qui s'en dégage, et l'entêtement de ce fils, qui comme pris d'une folie vengeresse perd tout pour aller au bout de sa vengeance.
Le personnage que je préfère est Ophélie, elle a quelque chose d'infiniment romantique et poétique. Elle est discrète, apparaît très peu, et elle paraît être la seule à être sensée dans ce royaume de Danemark. Les autres personnages paraîssent engoncés dans leurs rôles et dans leur vie. Le roi assassin est pris au piège, la reine paraît plus subir que vivre les événements, et la cour est suspendue au bon vouloir du roi.
Que dire du final, où tout le monde meurt ! Comme si dans la vengeance il n'y avait d'autre possibilité que la fin de tous !
Je termine en vous recommandant, évidemment, chaudement la lecture de cette oeuvre, si ce n'est pas déjà fait :)
Sans parler des nombreux tableaux inspirés de ses oeuvres.
En voici deux, l'un de Thomas Lawrence, représentant une personne jouant Hamlet, et l'autre de John Everett Millais, représentant Ophélie.


Pour ce qui est de la pièce en elle même, Hamlet prince de Danemark, est l'une de ces oeuvres qu'on ne referme pas une fois qu'on en a entamé la lecture. C'est surtout quand Hamlet parle que j'ai ressenti cette chose imperceptible qu'on ressent quand on lit quelque chose de supérieur. La fluidité des mots, la richesse du vocabulaire et des phrases, la poésie qui s'en dégage, et l'entêtement de ce fils, qui comme pris d'une folie vengeresse perd tout pour aller au bout de sa vengeance.
Le personnage que je préfère est Ophélie, elle a quelque chose d'infiniment romantique et poétique. Elle est discrète, apparaît très peu, et elle paraît être la seule à être sensée dans ce royaume de Danemark. Les autres personnages paraîssent engoncés dans leurs rôles et dans leur vie. Le roi assassin est pris au piège, la reine paraît plus subir que vivre les événements, et la cour est suspendue au bon vouloir du roi.
Que dire du final, où tout le monde meurt ! Comme si dans la vengeance il n'y avait d'autre possibilité que la fin de tous !
Je termine en vous recommandant, évidemment, chaudement la lecture de cette oeuvre, si ce n'est pas déjà fait :)
mardi 29 septembre 2009
La dame en blanc (2 ème livre sur 207)

Roman écrit par Wilkie Collins et publié en 1860. L'auteur est un contemporain de Charles Dickens qui paraît-il jalousait ses talents d'écrivain.
Ses romans étaient généralement des romans dits à sensation, précurseurs en quelque sorte de notre bon vieux thriller d'aujourd'hui.
La Dame en blanc est donc un roman à sensation. Ce qui frappe au premier abord est la structure même du roman. Il n'y a pas un narrateur, mais plusieurs ! En effet, le livre se présente comme un témoignage qui se veut le plus fidèle d'événements extraordinaires qui se sont produits, et donc dans ce soucis de coller à la réalité, ce sont les acteurs les plus proches des événements qui les racontent.
Au début de l'histoire le héros est le jeune Walter Hartright, professeur de dessin, qui se voit proposer une place à la campagne par le biais d'un ami fantasque à lui, un italien (aux traits très exagérés et presques clichés, mais peut être est-ce l'époque qui veut ça). La veille de son départ, après avoir fait ses adieux à sa mère et à sa soeur, il s'apprête à passer une dernière nuit à son domicile londonien quand il fait une étrange rencontre. Une dame vêtue tout de blanc, surgie de nulle part lui demande le chemin pour Londres. C'est là donc le début d'un mystère. (j'aime le côté dame blanche de cette apparition, même si je ne sais si les anglais ont cette légende commune avec nous?) Après l'avoir secourue, il fait le voyage jusqu'à son nouveau lieu de travail, chez Monsieur Fairlie, et à pour tâche de s'occuper d'enseigner le dessin à deux demoiselles, Mlle Laura Fairlie, la pupille de Monsieur Fairlie, et sa demi-soeur Marian Halcombe. Laura est étrangement le sosie de la dame en blanc, si ce n'est un air un peu différent.
Après avoir conté son aventure de la nuit précédent à Marian, au tempérament vif et hors du commun, le jeune professeur s'installe peu à peu dans une routine agréable, et finit par s'éprendre de la jolie Laura. Mais Laura est fiancée (évidemment), et ayant promis à son père (sur son lit de mort, bien sûr, nous sommes au 19ème siècle) d'épouser Sir Percival Gyde, notre héros doit la mort dans l'âme tenter de lutter contre son amour.
Laura reçoit une lettre d'une inconnue la suppliant de ne pas se marier avec Sir Gyde, car elle court un grand malheur.
Je ne raconterais toujours pas la suite du roman, ni les grands détails, et vous laisse vous faire une opinion.
Mais je recommande chaudement la lecture de ce livre. On croit vraiment assister à un procès avec les témoins qui racontent tout à tour leur version de l'histoire. Les méchants sont diaboliques et retords, les gentils admirables mais parfois faibles, à part Marian (qui a un physique ingrat, mais un tempérament de feu), et on lit d'une traite le gros pavé qu'est ce bouquin.
lundi 28 septembre 2009
Persuasion de Jane Austen (lecture 1 des 207)
J'ai dévoré ce livre (j'ai lu en cuisinant, en mangeant, bref je n'ai pas quitté le livre une fois commencé).
J'aime chez Jane Austen cette capacité à créer une atmosphère et à nous faire nous identifier à ses héroïnes. Anne est une femme en tout point admirable, un peu orgueilleuse parfois, mais juste ce qu'il faut, chaleureuse, aimante, peu regardante sur les défauts d'un entourage peuplé de gens plus égoïstes les uns que les autres. Son père est un archétype du noble imbu de sa personne, satisfait des restes d'une beauté qu'il croit intemporelle et qui ne vit que pour son titre et son rang. Sa soeur aînée Elisabeth est en tout point égale à son père qui n'a d'yeux que pour elle. Quand à Mary, sa cadette, la seule à être mariée, elle est hypocondriaque et centrée sur sa personne.
La seule personne favorable à Anne est Lady Russel, une veuve qui était autrefois l'amie proche de la mère défunte des trois sœurs. Elle même est régie par les convenances de la société et a parfois des jugements dictés seulement par les apparences.
Ajoutez à ce tableau premier des dettes importantes pour la famille qui les contraignent à louer leur château.
Et comme chez Jane Austen, l'amour est toujours dans les parages, l'amiral Croft, locataire du château a pour femme la soeur du Capitaine Wenworth, ancien fiancé d'Anne qui a du abandonner ses projets de mariage avec lui à cause du refus de son père et de ses proches.
Je n'en dirais pas plus sur l'intrigue, j'aimerais mieux que mon article donne envie de la découvrir.
On a encore une fois dans ce livre une galerie de personnages très bien dépeints, aux caractères bien souvent exécrables, chez Austen il y a toujours quelques uns de ces personnages qu'on aimerait avoir un destin tragique tant ils sont horribles.
Un très bon moment donc, comme à chaque fois avec cet auteur.
J'aime chez Jane Austen cette capacité à créer une atmosphère et à nous faire nous identifier à ses héroïnes. Anne est une femme en tout point admirable, un peu orgueilleuse parfois, mais juste ce qu'il faut, chaleureuse, aimante, peu regardante sur les défauts d'un entourage peuplé de gens plus égoïstes les uns que les autres. Son père est un archétype du noble imbu de sa personne, satisfait des restes d'une beauté qu'il croit intemporelle et qui ne vit que pour son titre et son rang. Sa soeur aînée Elisabeth est en tout point égale à son père qui n'a d'yeux que pour elle. Quand à Mary, sa cadette, la seule à être mariée, elle est hypocondriaque et centrée sur sa personne.
La seule personne favorable à Anne est Lady Russel, une veuve qui était autrefois l'amie proche de la mère défunte des trois sœurs. Elle même est régie par les convenances de la société et a parfois des jugements dictés seulement par les apparences.
Ajoutez à ce tableau premier des dettes importantes pour la famille qui les contraignent à louer leur château.
Et comme chez Jane Austen, l'amour est toujours dans les parages, l'amiral Croft, locataire du château a pour femme la soeur du Capitaine Wenworth, ancien fiancé d'Anne qui a du abandonner ses projets de mariage avec lui à cause du refus de son père et de ses proches.
Je n'en dirais pas plus sur l'intrigue, j'aimerais mieux que mon article donne envie de la découvrir.
On a encore une fois dans ce livre une galerie de personnages très bien dépeints, aux caractères bien souvent exécrables, chez Austen il y a toujours quelques uns de ces personnages qu'on aimerait avoir un destin tragique tant ils sont horribles.
Un très bon moment donc, comme à chaque fois avec cet auteur.
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