Dans un contexte social de la semaine passée, parce que parfois j'arrête de faire l'oursonne des cavernes et que je me force à voir des gens , j'ai été heurtée à un drôle de personnage.
Le genre de personne qui me fait, au premier abord, être interloquée, puis qui m'amuse, et enfin qui m'énerve prodigieusement.
J'appelle ça un "casé". Non pas parce qu'il était follement séduisant et qu'il était pris. Non (ni l'un ni l'autre!), mais parce qu'il s'était lui même enfermé dans une case, et qu'il s'y complaisait bizarrement.
Je vous explique un peu, parce que j'avoue être un peu floue dans mon discours pour le moment.
Ce monsieur X, appelons le ainsi, (je doute qu'il passe un jour sur ce blog, et auquel cas, tant pis !), nous expliquait à une amie chère et à moi, alors que nous devisions gaiement, aidées par un mojito et un cuba libre, de cinéma, qu'il n'aimait que les films "naturalistes", et tournés dans un format particulier de pellicule.
Ah? Ah! Mais euh? Fut ma réaction interne à l'énoncé de cet amour si restreint. (Oui, même dans les tréfonds de notre esprit, parfois les mots nous manquent...)
Je ne comprends pas.
Monsieur X, nous expliquait par exemple, qu'il avait lu (il est prof de français, quand on m'en avait parlé mon âme littéraire s'était exaltée à l'idée de discourir joyeusement avec lui...) Tolkien. Mais qu'il avait détesté l'adaptation par Peter Jackson, parce qu'il n'aimait pas les effets spéciaux qui n'étaient pas réalisés de manière traditionnelle et que ce n'était pas le bon format de pellicule qui avait été utilisé. Et là, s'en était trop pour moi. (en plus je suis fan de Tolkien ET de Peter Jackson)
Je n'ai rien contre les aficionados d'un certain genre de cinéma, que ce soit horreur ou films d'art ou d'essai, tant qu'ils restent ouverts ! Quel drôle de jugement à l'emporte pièce de ne pas aimer un film parce qu'il n'est pas conforme à nos critères restrictifs et figés.
Quand j'ai rencontré mon fiancé, je n'aimais pas vraiment les films d'horreur. J'étais même plutôt fermée à ce genre que je trouvais (sans en avoir vu aucun, stupide chose que j'étais) trop violent. Maintenant, il m'arrive de me délecter d'un film de zombies, pour passer ensuite à une comédie romantique, puis à un drame, et j'en passe... Parce que j'essaie de ne pas avoir de préjugés.
Et c'est valable pour tous les domaines de la vie. Pourquoi se restreindre?
Chaque rencontre peut nous enrichir et nous faire évoluer vers autre chose. Échanger, s'ouvrir, découvrir, dépasser ses limites, se surprendre soi même, voilà qui fait de la vie quelque chose d'intéressant. Alors bien sûr qu'il faut accepter les préférences des autres, j'avais d'ailleurs il y a peu une discussion avec une amie là dessus, à qui son père disait d'arrêter de lire toujours le même style de roman, (la fantasy typée médiévale) et nous étions d'accord sur le fait que si elle en avait envie, c'était tant mieux pour elle, et qu'elle pourrait essayer autre chose plus tard. Mais voilà, elle n'est pas fermée. Et c'est là toute la nuance. On peut ne pas aimer quelque chose, mais encore faut-il avoir essayé auparavant, pour ne pas juger sans connaître. On peut préférer Almodovar à Guillermo del Toro, mais on est pas obligé de cracher sur l'un si on préfère l'autre, et on peut même aimer les deux.
Passer d'Orgueils et Préjugés à Zombie Land, puis par une adaptation d'Agatha Christie, regarder un Hitchcock, pleurer devant un Ghibli, rire devant une comédie...
Ne pas se restreindre, ne pas s'enchaîner soi même, ne pas se fixer de limite dans la découverte intellectuelle. Ça devrait presque être une règle de vie ! Parfois je me morigène quand j'ai tendance à énoncer un jugement tout fait sur quelque chose, et j'essaye de juger en connaissance de cause, de ne pas aimer oui, mais en ayant vu/lu/écouté avant de rendre la sentence finale.
Don't judge a book by his cover.
Certes, écrire tout ça c'est peut être un peu enfoncer des portes ouvertes et jouer les Don Quichotte... Mais bon, on ne se refait pas ! Je suis une éternelle idéaliste.
(
si vous avez lu mon pavé, sachez que je vous voue désormais un respect sans borne! Promis, le prochain article sera à peu près exempt d'élucubrations.)