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mercredi 25 mai 2011

Le retour du roi de J.R.R Tolkien

Attention cette chronique contient des spoilers.

Et voila... J'ai achevé de lire la trilogie, et me voilà un peu dépitée d'avoir quitté le monde de Tolkien.Mais je lui dit à bientôt, quand dans quelques temps ma mémoire de poisson rouge aura oublié des détails et que je serais o-bli-gée, ô rage, ô désespoir, de tout relire.

Dans ce tome, nous reprenons l'histoire avec la chevauchée de Gandalf et de Pippin (boulet de l'histoire, source de problèmes en tout genre et pourtant ô combien attachant) vers Minas Tirith. Avec Pippin, nous découvrons un nouveau peuple, brièvement entraperçu auparavant, et une cité magnifique, que dirige un intendant, depuis que les rois du Gondor ont sombré dans l'oubli. Denethor, intendant en titre, père de Faramir et du défunt Boromir est un homme dépassé par les événements, se raccrochant à un orgueil démesuré quant à sa tache, et dédaignant de reconnaître au fils qu'il lui reste, les qualités qui sont les siennes. Détestable donc.
La bataille va commencer, et au seuil de cela, c'est une mort assurée qu'attendent Pippin et Gandalf. Les feux d'alerte ont pourtant été allumés avant leur arrivée, mais nul signe des hommes du Rohan...
En parallèle nous suivons les rohirrims qui se préparent à l'ultime bataille, et Aragorn et ses amis qui semblent prendre un drôle de chemin, qui mène vers un ancien serment bafoué.
Frodon et Sam eux, continuent leur mission capitale.

Ce dernier tome est le point culminant de l'aventure et il fourmille de détails que j'adore. L'histoire d'amour entre Eowyn et Faramir, les moments de bravoure de Pippin ou de Merry, le doute qui plane jusqu'au bout, le courage de ses hommes dont la quête semble pourtant vouée à l'échec, et l'écriture de Tolkien, encore et toujours, si foisonnante, qui nous emmène en terre du Milieu et nous fait visiter tous les lieux décrits. Que j'eusse aimé voir fleurir l'arbre blanc et assister au couronnement d'Aragorn ! Replanter des arbres avec Sam, dans une Comté dévastée. Assister à la rencontre d'Eowyn et de Faramir, au départ de Bilbo et Frodon pour les havres gris...

Mais c'est la fin, alors je vous laisse avec une petite vidéo, qui contient un passage qui n'est certes pas présent dans le livre (a moins que mes yeux ne soient abusés par quelque sortilège copyright Legolas, dans un des films -Je suis une fan des adaptations, j'avoue), mais qui me donne envie d'aller combattre avec eux à chaque fois que je le voie.


jeudi 19 mai 2011

Les deux tours de J.R.R Tolkien


Dans ce deuxième tome, nous ne retrouvons pas tout de suite Frodon et Sam, mais nous commençons par suivre Aragorn, Legolas et Gimli, qui après la mort de Boromir, se lancent à la recherche de Merry et Pippin, prisonniers des Orques. 

Les choses se mettent en place petit à petit , avec l’apparition de nouvelles intrigues, de nouveaux personnages et de nouveaux lieux. Les rohirrims font leur apparition, et à travers eux, on sent l’amour que devait porter Tolkien aux chevaux. On découvre également dans la mystérieuse forêt de Fangorn, le peuple oublié des Ents, les bergers des arbres, et Sylvebarbe, maître de Fangorn. Merry et Pippin trouve à ses côtés un peu de repos alors que la guerre commence et tandis qu’Aragorn, Legolas et Gimli retrouvent un vieil ami et combattent.

Apparaît aussi, discrètement, l’un de mes personnages préférés de cette saga. Eowyn, sœur d’Eomer et nièce de Théoden, roi du Rohan et des rohirrims. La pâle Eowyn, vierge guerrière qui aura son rôle à jouer avant la fin de l’histoire. 

C’est cette partie là du livre que je préfère, sans que je sache vraiment pourquoi , les errances de Frodon et de Sam ont toujours eu moins d’intérêt pour moi. Peut être parce que je préfère toujours les seconds rôles aux héros ? Ou parce qu’ils semblent aller vers une perte certaine, et que l’espoir est moins présent dans leurs aventures ? Néanmoins, on rencontre tout de même Faramir, capitaine du Gondor, et bien différent et plus sage que son frère, Boromir. Faramir à l’air aussi sage qu’un Gandalf, comme le dira Sam.

Il y a quelque chose d’indéfiniment mélancolique dans ce deuxième tome. Comme si, quand l’espoir n’est plus qu’une infime lueur dans les ténèbres, l’on devait se retourner sur le passé, et réfléchir à ce que l’on a perdu. Le temps des elfes qui s’achève doucement, les hommes qui pensent à leurs gloires passées, et l’ombre du Mordor qui grandit. Que restera t-il de la terre du Milieu quand les grandes batailles auront été menées ?
Ce tome est un chant sombre et pourtant beau, avec ces personnages entêtés qui devant une fin presque inévitable, font face et combattent.

Et un petit extrait tout de même, avant de vous quitter et de commencer la lecture du troisième tome :

« Où sont maintenant le cheval et le cavalier ? Où est le cor qui sonnait ?
Où sont le heaume et le haubert, et les brillants cheveux flottants ?
Où sont la main sur la corde de la harpe et le grand feu rougeoyant ?
Où sont le printemps et la moisson et le blé haut croissant ?
Ils ont passé comme la pluie sur les montagnes, comme un vent dans les prairies ;
Les jours sont descendus à l’ouest dans l’ombre derrière les collines.
Qui recueillera la fumée du bois mort brûlant,
Ou verra les années fugitives de la Mer revenant ?

dimanche 15 mai 2011

La communauté de l'anneau de J.R.R Tolkien.

Si l'on veut entrer dans le monde de Tolkien, il faut entrer par la petite porte, et commencer par Bilbo. Déjà, parce que ce livre est le prélude à ce qu'est la saga du seigneur des anneaux, mais aussi, parce qu'il est le plus simple à comprendre.

Ici, on entre dans quelque chose de plus difficile. Que l'on ne se trompe pas sur mes propos, j'ai adoré ce livre, comme je l'avais adoré il y a quelques années. Néanmoins, la lecture est difficile. Il y a des livres que l'on se doit de prendre, puis de poser, d'oublier un peu quelques heures, et de reprendre. Pour comparer ça à de la cuisine, ce livre doit lever, se reposer, être pris et repris. Un peu comme quand on confectionne des croissants. Un travail en plusieurs étapes.
Aussi, me suis-je souvent arrêtée dans ma lecture de ce tome. Pour respirer, pour prendre le temps d'assimiler un peu. Le style de Tolkien est dense, foisonnant, les descriptions sont précises et abondantes, les personnages nombreux, et parfois ils ne font leur apparition qu'une fraction de seconde, et repartent aussi vite qu'ils sont venus. Ce premier tome, est la base de l'histoire. Là où les fondations sont posées. On y retrouve les hobbits, et une explication de leurs coutumes, et ce cher Bilbo, qui va fêter son anniversaire, et prend un repos mérité, en disparaissant de sa chère Comté. Il laisse à Frodon, son héritier et neveu, un bien lourd fardeau. L'anneau unique, recherché par Sauron, le seigneur maléfique, qui a envoyé neuf spectres à sa poursuite. Mais dans cette folle aventure qui commence, Frodon n'est pas seul, et si l'espoir de réussite est infime, il est néanmoins présent.

Si l'aventure est bien plus sombre que celle de Bilbo, il y a quelques petites notes lumineuses dans ce premier volume. Les poèmes et les chants, nombreux, les descriptions de splendeurs elfiques, l'apparition de Tom Bombadil, et la sensation d'être au début d'une grande aventure.

Certains vous diront que Tolkien n'a fait que reprendre certaines légendes nordiques, d'autres que son style est lourd et ennuyeux. Ce n'est pas ce que j'en retiens. S'il reprend des thèmes déjà existants, Tolkien les transcende, leur donne leurs armes de noblesse, les fait vibrer et resplendir, tout autour de ses langues qu'il a créé pendant toute une vie. Il est peintre, conteur et magicien des mots. Alors, certes, la lecture n'est pas facile, mais parfois, pour lire, il faut s'armer d'une patience qui sera récompensée à sa juste valeur, quand on posera le tome fini, les yeux pleins d'étoiles, et que l'on ne rêvera que d'une chose, de partir là bas, dans la terre du milieu, et de participer à une grande aventure.

Et je vous laisse avec la légende de Tinuviel, contée par Aragorn. ( Grand Pas, le rôdeur, l'héritier d'Isildur, mon petit préféré !)

Les feuilles étaient longues, l'herbe était verte,
Les ombelles de ciguë hautes et belles.
Et dans la clairière se voyait une lumière
D'étoiles dans l'ombre scintillant.
Là, dansait Tinuviel
Sur la musique d'un pipeau invisible,
Et la lumière des étoiles était dans ses cheveux,
Et dans ses vêtements miroitants.

Là, vint Beren des montagnes froides
Et, perdu, il erra sous les feuilles,
Et où roulait la Rivière des Elfes
Il marchait seul et affligé.
Il regarda au travers des feuilles de ciguë
Et vit, étonné, des fleurs d'or
Sur la mante et les manches de la vierge,
Et ses cheveux comme une ombre suivant.

L'enchantement ranima ses pieds las,
Sur les collines condamnés à errer ;
Il poussa en avant, fort et leste,
Voulant atteindre les rayons de lune étincelants.
Par le lacis des bois du Pays des Elfes
Elle s'enfuit, légère, sur ses pieds dansants
Et le laissa, solitaire, errer encore,
Dans la forêt silencieuse écoutant.

Il entendit là souvent le son flottant
De pieds aussi légers que la feuille de tilleul,
Ou la musique sourdre sous terre,
Dans les creux cachés trillant.
A présent flétries gisaient les feuilles de ciguë,
Et une à une avec un soupir
Tombaient, susurrantes, les feuilles de hêtre
Dans le bois hivernal agitées.

Il la cherchait toujours, errant au loin
Où les feuilles des années formaient un tapis épais,
A la lumière de la lune et au rayonnement des étoiles
Dans les cieux glacés frissonnant.
La mante de la vierge miroitait sous la lune
Comme sur un sommet élevé et lointain
Elle dansait, et à ses pieds était étendue
Une brume d'argent frémissant.

Quand l'hiver fut passé, elle revint,
Et son chant libéra le soudain printemps,
Comme l'alouette qui s'élève et la pluie qui tombe
Et l'eau fondante qui murmure.
Il vit les fleurs elfiques jaillir
A ses pieds, et de nouveau réconforté
Il brûla de danser et de chanter auprès d'elle
Sur l'herbe paisible.

De nouveau, elle s'enfuit, mais vivement il vint.
Tinuviel ! Tinuviel !
Il l'appela par son nom elfique,
Et alors elle s'arrêta, écoutant.
Un moment elle se tint là,
Et sa voix exerça un charme sur elle :
Beren vint, et le destin tomba sur Tinuviel
Qui dans ses bras s'abandonna, scintillante.

Comme Beren regardait dans les yeux de la vierge
Parmi les ombres de ses cheveux,
Il vit là scintiller comme en un miroir
La lumière tremblante des étoiles aux cieux.
La belle Tinuviel,
L'immortelle vierge à la sagesse elfique,
Sur lui répandit ses cheveux ombreux
Et l'enserra de ses bras semblables à l'argent miroitant

Longue fut la route que le destin leur traça,
Par-dessus les montagnes rocheuses, froides et grises,
Par des salles de fer et des portes obscures,
Et des forêts de nuit sans lendemain.
Les mers séparatrices entre eux s'étendirent,
Et pourtant enfin ils se retrouvèrent une fois de plus
Et, il y a longtemps, ils disparurent
Dans la forêt, chantant sans tristesse.

jeudi 5 mai 2011

Bilbo le Hobbit de J.R.R Tolkien



Vous savez sans doute, si vous lisez de temps à autre mes élucubrations, que j'aime à relire des livres. Retrouver des bribes de souvenirs, se réapproprier une histoire.

Ici, je redécouvre un livre cher à mon coeur, offert par mon grand père paternel quand j'avais une dizaine d'années, peut être un peu moins. Mes grands parents ont contribué à faire de moi la lectrice que je suis aujourd'hui. A chaque vacances que j'allais y passer, je prenais le bus avec ma grand mère pour aller en ville, et nous nous arrêtions dans la même librairie. Je repartais toujours avec au moins un livre, et les yeux brillants.
Celui-ci fait donc exception, puisque c'est mon grand père qui fut à l'origine de l'achat, et il n'en est que plus précieux.

Je n'avais pas lu Bilbo depuis fort longtemps, l'avais-je relu au moment où je lus la trilogie du seigneur des anneaux? Je n'en suis même pas sûre. Aussi, avais-je beaucoup oublié de l'histoire, si ce n'est la rencontre Bilbo/ Gollum.

La traduction est plaisante, on ne parle pas de Bilbo Sacquet, mais bien de Bilbo Baggins, selon le nom originel. Il n'y a rien qui m'agace plus que la traduction des noms. Je préfère beaucoup un traducteur qui va faire une note de texte en expliquant le jeu de mots ou la référence, si elle existe, qui se rattache au nom du personnage, plutôt que la liberté prise de changer carrément les noms. Bref, parenthèse close !

On découvre donc Bilbo, un "hobbit". L'auteur explique qui sont les hobbits, et campe le caractère de Bilbo, qui est un hobbit des plus respectables, si ce n'est qu'il a hérité de sa mère, une fâcheuse tendance à pouvoir se révéler aventureux.
Entre en scène Gandalf, un magicien qui va entraîner contre son gré, le pauvre Bilbo, à s'engager comme voleur pour le compte d'une troupe de nains. Ils partent à l'aventure pour récupérer un trésor, gardé par un dragon ! Rien que ça !

Il y a quelque chose de très classique dans ce livre. Quand je dis classique, je pense à quelque chose qui renvoie aux légendes, aux archétypes fondamentaux qui les constituent. Les petites choses intangibles qui ajoutées les unes aux autres font d'une histoire un mythe. (Je citerais Galadriel dans le prologue de la communauté de l'anneau History became Legend. Legend became myth.)
Aussi l'on trouve un sentier qu'il faut à tout prix suivre, dans une forêt sombre et inquiétante, de l'eau qu'il ne faut surtout pas boire, des épées mystérieuses, des trolls qui se changent en pierre, des gobelins et des loups, des araignées à taille humaine, des elfes , parfois pas très coopératifs, des tonneaux qui servent de navire, et bien d'autres choses merveilleuses.

Si notre pauvre Bilbo passe par des moments bien sombres, le ton est souvent léger, humoristique, et l'auteur ne ménage pas son héros. Il le fait paraître parfois un peu ridicule, et en un sens, c'est un peu une quête initiatique que réalise Bilbo en partant à l'aventure avec les nains. Il en ressort plus grand, plus sage, et plus à même d'apprécier ce qui fait son quotidien.

Tolkien est un merveilleux conteur. En entrecoupant son récit de chansons, en mêlant à la trame principale mille petites anecdotes, aventures secondaires, personnages hauts en couleur et toujours un peu mystérieux, il arrive à capter notre attention et nous tenir dans ses filets jusqu'à la dernière page.

Et du coup, je pense que je vais direct continuer avec la trilogie du seigneur des anneaux, parce que j'ai envie de rester en terre du milieu !