Cela faisait longtemps que je voulais participer à l'exercice organisé par Olivia Billington, le fameux "des mots, une histoire".
A chaque fois, j'oubliais, mais cette fois ci, j'ai réparé mon erreur.
Cette semaine, il fallait donc concocter un petit texte comprenant ces mots : récidive – tonitruant – isolement – convention – fraise des bois – pilaire – été – pélerine – lézarde – attirance – bulletin – sorbet aux poires – frémissement – perdition – frousse – contrepoint
Je vous parlerais donc d'une femme en vacances. Qui pourrait très bien être un de mes personnages, avant que certaines choses lui arrivent.
Les matins d’été, vêtue d’une pélerine à pois blancs sur fond rouge, elle s’en allait marcher dans les sentiers d’une forêt comme il en existe tant. Le frémissement du vent sur les feuilles était pareil à une berceuse à ses oreilles. La quiétude des lieux, le tonitruant silence qu’habitait cette cathédrale de verdure, lui procuraient l’isolement dont elle avait besoin. Elle était solitaire, elle l’avait toujours été. Alors, quand venait le moment où la plupart allait se jeter dans des lieux de perdition où le divertissement, le sexe et l’argent coulaient à flots, elle, elle louait une petite maison à la pierre pleine de lézardes, envahie par la mousse et le lierre, quelque part dans une campagne perdue, où personne n’irait la déranger. C’était son contrepoint aux conventions.
Ce matin-là elle cueillit des fraises des bois, en essayant de se calmer de la frousse qu’elle avait eu en écoutant le bulletin météo. On y parlait de récidive de la canicule, de chaleurs incandescentes. Cette perspective avait fait dresser tout son système pilaire. Elle qui avait une forte attirance pour le mauvais temps et les orages, elle n’aurait pas supporté que ses vacances soient gâchées par un trop plein de soleil.
Son ventre gargouilla. Ce midi, elle s’accorderait un peu de sorbet aux poires en lisant un bon livre. C’était une journée qui s’y prêtait.